Réunification: l’État écarte la démocratie et choisit le rapport de force

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Déc 222018
 

Jacqueline Gouraud

L’État a dit non. Il n’y aura pas de référendum sur la réunification de la Bretagne. Jacqueline Gourault, la ministre de la Cohésion des territoires, a répondu au sénateur écologiste Ronan Dantec et elle ferme la porte à cette option défendue par les élus départementaux de Loire-Atlantique.
Mais le déni de démocratie avait déjà été planifié par Philippe Grosvalet, Président du CD du 44, puisque dans cette enceinte- là, et contrairement au vœu voté par cette assemblée en 2001, on ne voulait pas donner la parole au peuple du département. Et ce malgré la pétition des 100 000. Option pourtant clairement définie dans la loi Notre, loi de la République Française.

Mais, en République Française, ses serviteurs se soucient de leur parole, de leurs vœux et de ses lois comme d’une guigne. Ce qui compte c’est qu’il n’y ait pas d’opposition au pouvoir central parisien et à ses relais locaux (corps préfectoraux, hauts-fonctionnaires divers et variés, élus zélés pétris de la religion de l’Une et de l’Indivisibilité, et surtout adeptes de l’immobilisme sanctifié).
Et voilà d’ailleurs que montent au créneau les maires de Rennes et Nantes, jacobines pur sucre, Nathalie Appéré et Johanna Rolland, pour se demander ingénument pourquoi il serait besoin de réunifier puisque les villes coopèrent déjà. Ah, vraiment ? Merci Mesdames, mais quid alors d’une liaison ferroviaire digne de ce nom entre les deux villes par exemple ? Il faudra attendre le XXIIème siècle sans doute…
Ces gens-là ne réfléchissent pas, ne comparent pas. Ils ne connaissent pas l’Histoire de l’Europe, se contentant du roman national étriqué et révisionniste français : une Histoire inventée par Paris et qui leur fait dire « ne touchons à rien tant que ça tient à peu près…. ». Et tant qu’ils reçoivent leurs émoluments.

Ils n’ont pas appris qu’ultra centralisme et démocratie font rarement bon ménage quand, par exemple, au sortir du franquisme, la toute puissante Madrid a dû rendre une partie du pouvoir aux régions, quand l’Italie, après une dictature féroce et centrée sur Rome a, après avoir plébiscité la seconde République le 2 juin 1946, mis en place là aussi un pouvoir de nature fédérale. Et se souviennent-ils qu’avant de devenir fédérale, l’Allemagne avait centralisé le pouvoir à Berlin, dans un régime de sinistre mémoire, après que la République de Weimar avait elle aussi donné plus de pouvoir à ses territoires.

Conseil départemental de Loire Atlantique

Oh, voici le point Godwin passé : on entend déjà les cris d’orfraie de ces fiers jacobins, pétris de « valeurs républicaines ». Eux, anti-démocrates ? Vous n’y pensez pas tout de même ! Eh bien si ! Preuve en est encore faite avec le refus d’organiser ce référendum en 44, sans compter ces 30 élus du Conseil Départemental qui ont voté contre la réunification, sans consulter le peuple donc.
Mais parlons-en des valeurs républicaines, dans ce régime où des condamnés en cols blancs peuvent encore siéger dans des assemblées ou des mairies, tels Balkany ici, ou Dassault là, qui siégeait encore au Conseil Départemental de l’Essonne (encore une belle preuve de probité de ce type d’assemblée) avant sa mort et alors qu’il venait d’être lourdement condamné pour évasion fiscale. Citons encore les Cahuzac et les Guéant, eux aussi pris la main profondément enfouie dans le sac d’argent public, bien qu’ils occupaient les plus hautes fonctions dans cette République Française, et qui n’iront jamais en prison… Sans parler de ceux qui mettront des décennies à être inquiétés, dans des dossiers pourtant sulfureux tels le financement d’une campagne présidentielle par un dictateur nord-Africain, ou encore l’attentat de Karachi. La justice française est en effet patiente et clémente avec les membres de la noblesse d’État, mais beaucoup plus dure avec le citoyen de base. Dans ce pays, il est clair que, face au juge, il vaut mieux être col blanc que gilet jaune.

On nous rebat donc les oreilles avec les valeurs républicaines, mais elles sont ainsi piétinées tous les jours par ceux-là même qui sont supposés les protéger. Car au fond cette République n’est qu’un leurre, un État plutôt qu’une nation. Cette soi-disant nation française n’est de fait qu’une construction intellectuelle, un fantasme entretenu par une noblesse d’État qui se reproduit en circuit fermé, depuis deux siècles et qui a pour siège Paris. Une oligarchie qui sait donner des gages sonnants et trébuchants à ses affidés dans les grandes métropoles, les provinces, les territoires… Pourtant, à force de bien nourrir le premier cercle : hauts-fonctionnaires, Préfets et autres arrivistes politiciens, à force d’incohérences, de projets mal ficelés et de dénis démocratiques, les caisses sont bientôt vides… Que va-t-il advenir ?

Alexandre Jardin

Même à Paris, quelques esprits critiques (ils sont si rares qu’il faut les citer) s’inquiètent : ainsi Alexandre Jardin, la semaine dernière dans Le Point , annonce, à propos du système jacobin : « Comment penser une seconde que ce système marche encore ? Ce système ne marche plus. Connaissez-vous des profs satisfaits ? Des médecins satisfaits ? Cette grogne n’est pas l’expression d’une humeur ; les gens ont bien compris que le système avait tout asphyxié. Ils voient bien que nos voisins européens sont prospères, qu’ils n’ont pas autant de chômage, autant d’échecs scolaires… En vérité, l’État jacobin se meurt, il y aura d’autres convulsions violentes… Macron a nommé des mini-Colbert à tous les étages. Il faut passer la main aux territoires, rapprocher les prises de décision de ceux qui les subissent. Mais la technocratie déteste faire confiance. Aujourd’hui, l’État bloque les initiatives à peu près partout. » Quand Michel Onfray prétend lui que si les citoyens de cette république votent de moins en moins, c’est parce que tous les candidats, de l’extrême gauche à l’extrême droite, appartiennent au même parti : le parti jacobin. Ils ne connaissent pas l’Europe, les 30 nonistes du CG 44, mais lisent-ils au moins ?

On en doute, parce que, comme la plupart des élus de la République Française, ils n’ont pas non plus retenu que les pays soudés par leur histoire et leur culture réelle, réussissent bien mieux que les ensembles frappés du sceau de la technocratie comme la France. Ainsi Danemark, Suède, Pays-Bas, Irlande, Autriche ou Finlande ont un PIB nominal par habitant supérieur à celui de la France : un chiffre qui indique bien mieux la santé réelle économique d’un pays et la bonne répartition de ses richesses que l’abstrait PIB global, qui ne tient pas compte des conditions de vie réelle des habitants. Ces « petits pays » réussissent également beaucoup mieux, comme le souligne Alexandre Jardin, en termes de résultats scolaires ou d’accès au soin, sans parler de liberté de la presse ou de lutte contre la corruption, quand la fameuse République des Droits de l’Homme ne cesse de dégringoler dans tous les classements.
Savent-ils, ces trente glorieux élus du CD 44, qui ont voté contre la réunification et qui parlent de taille critique des régions, sans connaître là non plus la réalité européenne, que la Bretagne réunifiée a une superficie supérieure à celle de la Belgique, et comparable à celle du Danemark continental. Supérieure ou proche de celle de nombreux états constitutifs de l’Union Européenne. Ils n’en savent rien, ou peut-être est-ce cela qui les inquiète ?
Oui, cela les inquiète de savoir qu’une Bretagne réunifiée pourrait faire jouer en son sein des solidarités naturelles qu’un pays comme la France ne connaît pas. Et ce ne sont pas les braillements, vite éteints, des supporters de telle ou telle équipe, bigarrés le temps d’un soir, qui y changeront quelque chose. Car il faut aller au fond des choses, et ne plus s’inscrire uniquement dans le temps des quatre chaînes d’info en continu, dont les analyses et reportages sont tous déversés de Paris. Il faut se souvenir que la Bretagne a 1500 ans d’Histoire derrière elle, qu’elle compte aujourd’hui des pionniers dans de nombreux domaines, de belles réussites, des possibilités immenses mais inexploitées quant aux énergies renouvelables et une diaspora soudée et dynamique. Elle a donc un bel avenir si on lui lâche un peu la bride.

Conseil régional de Bretagne

Mais surtout, puisqu’ils ont, ces 30-là, cette manière de voir les choses qui est si différente de celle que nous ressentons nous, dans toute la Bretagne historique et la diaspora, et puisqu’ils empêchent les Bretonnes et les Bretons de s’exprimer sur un sujet fondamental pour l’avenir de la Bretagne : que faut-il faire ?
Les députés et sénateurs bretons pro réunification, le Conseil Régional de Bretagne et son énième vœu pro réunification, vœu qui vient d’être émis également par le CD 29, vont-ils se prendre la main et trouver suffisamment de collègues pour les suivre (Corses, Alsaciens, Basques, Vendéens, Catalans, Savoyards, Normands, Flamands…), et imaginer, enfin, rendre le pouvoir aux territoires ? Et permettre aux habitants de ces « territoires » de décider du contour de leur région ? Auront-ils la force d’un CELIB en son temps pour se faire entendre ? Un CELIB auquel on doit entre autres choses des routes gratuites en Bretagne administrative. Ah oui, parce qu’en République Française, contrairement, là encore, à la majorité des pays européens, les autoroutes sont payantes pour le citoyen, car elles ont été offertes par les dirigeants à d’autres membres de la noblesse d’État. De grands entrepreneurs qui ont fréquenté les mêmes écoles que ces dirigeants politiques, qui ont prêté un avion ou un bateau à l’occasion de vacances à nos “princes républicains”, ou encore qui passent le soir donner des conseils au Palais. Entre nobles d’État, il faut bien s’entraider…

On doute cependant que nos élus pro réunification auront ce courage, certains d’entre eux rêvant secrètement de rejoindre les cénacles parisiens un jour ou l’autre, tel François de Rugy, ré-unificateur sur les territoires et amnésique et pleutre une fois dans la place forte. Alors on se désespère. Et puis on se souvient que la République a baissé pavillon devant des bonnets rouges remontés au moment de la si approximative et mal ficelée écotaxe, que cette même république est revenue en arrière face aux gilets jaunes, après que ceux-ci s’en soient pris à des emblèmes « nationaux » et aient surtout osé s’approcher du Palais.
Face à une pseudo démocratie qui ne comprend que le rapport de force, parfois violent, faudra-t-il casser quelque chose pour être entendus au sujet de cette réunification ? Peut-être que les 30 vassaux du 44 ont une idée sur la question. On attend leurs suggestions, et on les assure que, nous non plus, nous ne lâcherons rien.

Hervé Devallan

Responsable Breizh Europa  Île-de-France

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Des mesures politiques fortes pour sauver les centres-villes

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Mar 112018
 

Centres-villes Breizh EuropaSi « les 60 projets bretons pour réinventer les centres des bourgs et des villes » pilotés par la Région Bretagne semblent être une bonne idée dont nous pourrons juger de la portée d’ici quatre ou cinq ans apparemment, il nous semble qu’il faudrait ajouter des mesures politiques fortes pour enrayer le déclin de certains centres-villes.

En effet, si ces projets proposent une approche plus conviviale des centres urbains, soutiennent des démarches concrètes dans le domaine de la création artistique et la transmission des savoirs (comme à Mellionnec par exemple) ou mettent en valeur un patrimoine, gage d’une plus grande visibilité touristique dans la lignée de la formidable épopée des Petites Cités de Caractère, ils ne seront sans doute pas suffisants à grande échelle (c’est-à-dire sur toute la région) pour sauver durablement tous les centres-villes. Car les échanges commerciaux, dans ces périmètres à redynamiser, resteront le passage obligé vers une revitalisation pérenne des quartiers centraux.

Il faut également noter que si cette désaffectation des centres des villes et leur corollaire, c’est-à-dire la disparition des commerces de proximité, ont des explications intimement liées aux nouveaux modes de consommation, il ne faut pas oublier l’extraordinaire exode rural et surtout l’exode vers d’autres régions qu’a subis la Bretagne après la première guerre mondiale. Celui-ci n’a jamais été totalement corrigé, et il a fallu attendre 1968 pour que le flux redevienne positif entre départs de la région et arrivées. Cela signifie que la désindustrialisation de la Bretagne et le recul de l’agriculture, pendant des décennies, ont aussi joué leur rôle dans la désertification de certains bourgs et petites villes.

Modifications des modes de consommation

Néanmoins, c’est l’arrivée des grands centres commerciaux – dont les premiers installés en Bretagne remontent à la fin des années 1960 – qui a profondément modifié les modes de consommation de nos concitoyens et impacté lourdement la vie des bourgs et des centres – villes. Ces grands centres commerciaux copiant le modèle des centres commerciaux américains dits « régionaux », qui furent les premiers à allier boutiques et centres de loisirs.

Mais ce phénomène de déplacement des enseignes vers des centres commerciaux situés à la périphérie des moyennes et grandes villes bretonnes tient, autant que le vain espoir de payer moins cher tout en consommant plus, beaucoup au mode de déplacement que ces surfaces commerciales favorisent, c’est-à-dire le véhicule individuel.

En effet, ces centres commerciaux ont pu s’étendre et prospérer en grande partie parce qu’ils ont donné une place centrale à la voiture. Le consommateur bénéficie ainsi de places de parkings innombrables et gratuites, avantage décisif par rapport aux centres – villes d’où on a essayé en parallèle de « chasser » les véhicules polluants. On notera d’ailleurs que la France est le premier pays d’Europe pour le ravitaillement en carburant dans les stations des GMS (grandes et moyennes surfaces). C’est dire si le lien entre consommation de masse et utilisation de la voiture est devenu fondamental.

Centres-villes Breizh EuropaIl serait bien sûr illusoire et incohérent de penser à faire revenir en nombre les véhicules utilisant les énergies fossiles dans nos cités bretonnes, mais il faut comprendre que la desserte massive par des voitures particulières des centres commerciaux péri urbains, voire situés en pleine campagne (Cap Malo entre Rennes et Saint-Malo par exemple), n’est pas non plus une solution viable.

Rééquilibre entre commerces périphériques et commerces de proximité

Breizh Europa souhaite que le pouvoir politique prenne des mesures afin de maîtriser l’usage de transports individuels vers les centres commerciaux, pour des raisons de santé publique, mais aussi pour rééquilibrer la donne entre commerces périphériques et commerces de proximité.

Une première solution serait d’instituer une taxe à la place de parking pour les grandes surfaces et centres commerciaux. Ces places ont en effet le plus souvent été gagnées sur des terres agricoles ou des zones artisanales et plutôt que de taxer les grandes surfaces uniquement sur leur surface de vente (c’est le cas de la Tascom, cet impôt français aussi appelé taxe sur les surfaces commerciales), il conviendrait d’instituer en plus cette taxe sur la surface des parkings des grands centres commerciaux. Ce qui responsabiliserait ces structures quant à leur participation à la pollution ambiante et les inciterait à prendre les mesures qui s’imposent, comme s’installer en priorité sur des zones accessibles par transports en commun, ou à être en pointe sur l’installation des bornes de rechargement électrique, etc.

Si l’irrigation de ces centres commerciaux par les transports en commun progresse, en retour, le transport des marchandises vers les domiciles des consommateurs pourra se faire par le biais d’entreprises utilisant des véhicules électriques, comme nous l’avons déjà évoqué dans un communiqué précédent. La taxe sur les surfaces de parkings étant reversée directement aux villes qui abritent lesdits centres commerciaux, l’argent pouvant être réinvesti au cœur de ces communes.

Infléchir le pouvoir de la grande distribution

Mais il y a d’autres manières pour le législateur d’infléchir le pouvoir de la grande distribution et ses effets pernicieux pour l’urbanisme et l’environnement : en changeant par exemple la législation sur la vente de certains produits psychotropes tel l’alcool.

Centres-villes Breizh EuropaTous les alcools titrant plus de 8° pourraient en effet être interdits des rayons des grandes surfaces et supérettes, et réservés à des boutiques spécialisées, comme cela se pratique en Suède (pour tous les alcools, dans les magasins d’Etat ou systembolaget), ou aux USA dans les liquor stores. Cela limiterait les possibilités de vente des grandes surfaces à la bière et au cidre, et cela impacterait donc peu les producteurs locaux pour ce qui est de la Bretagne. Les alcools titrant entre 9° et 20 ° pouvant être l’apanage des cavistes situés en centre – ville quand les alcools plus titrés seraient vendus directement par des magasins gérés par l’État. Magasins qui seraient bien sûr interdits d’accès aux mineurs.

La mesure aura tout d’abord des avantages en termes de protection des mineurs avec une vente plus raisonnée des alcools forts, responsables de la plupart des comas éthyliques chez les jeunes. Mais surtout, ces boutiques, celles vendant des spiritueux et les cavistes, auraient obligation de s’installer dans un périmètre défini, au cœur des villes et des bourgs. Nul doute que cela aiderait sensiblement à la revivification des centres – villes, tout en permettant un meilleur contrôle de la vente de ces produits, loin d’être aussi anodins que leur présence en masse dans les rayons des grandes surfaces laisse supposer.

D’autres mesures pourraient être prises pour interdire l’ouverture de pharmacies dans les allées commerçantes des grandes surfaces et privilégier les pharmacies de centre -ville. Ce qui serait bon pour l’activité des centres villes, mais permettrait aussi de retirer aux médicaments l’image de produits de grande consommation qu’ils ne devraient pas être.

Harmonisation des relations entre centres commerciaux et centres-villes

Il est clair que les législateurs doivent prendre des décisions de ce type pour atténuer puis éradiquer la sinistrose commerciale et spatiale des cœurs de villes, car il s’agit, pour le bien-être de tous, d’une nécessaire et urgente recomposition des territoires. Car harmoniser les relations entre centres commerciaux et centres-villes, leur trouver une complémentarité par certaines mesures évoquées ici doit permettre de contrer une tendance actuelle des plus absurdes, qui consiste à construire des lotissements autour des centres commerciaux, des sortes de villes hors-sol dédiées à la consommation de masse, gagnées sur les espaces naturels et où la voiture reste reine. Pour ce qui est de communes rurales, c’est autour d’un véritable « pacte rural » (que nous détaillerons plus avant dans notre projet) que doivent s’organiser les activités commerciales de demain et le maintien des services publics dans les bourgs.

Ainsi c’est seulement au prix de mesures drastiques (mais déjà appliquées dans des pays tout à fait démocratiques), que l’on pourra favoriser de meilleures manières de consommer et instituer des rapports de complémentarité entre les différentes zones commerciales, tout en gardant des centres-villes et des bourgs actifs.

Vincent Fraval

Breizh Europa

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En 2018, la Bretagne ne pourra compter que sur ses véritables amis

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Jan 092018
 

 

Mignoned ker, chères amies, chers amis,

L’année 2018 commence et certains semblent penser, dans le mouvement breton en général, qu’elle pourrait être décisive en bien des points pour l’avenir de notre Bretagne. On cite l’exemple catalan ici, écossais là, on se réjouit bien évidemment de ce qui se passe en Corse. Mais la Bretagne n’est pas une île comme la Corse, ce pays qui a défendu sa singularité et son identité longtemps par la violence, ce qui a compté, et qui a réussi par la suite à unir ses forces autonomistes et indépendantistes derrière des leaders de grande qualité. La Bretagne n’a jamais obtenu non plus ce qu’on a concédé à l’Ecosse ou la Catalogne, ici grâce à la dévolution mise en place par Tony Blair, là depuis le retour à la démocratie en Espagne et la constitution de 1978.

En effet, la Bretagne, même si elle s’est battue ces dernières décennies pour refuser le nucléaire, préserver sa langue, son patrimoine écologique et historique ou encore pour dire non à une écotaxe injuste, n’a jamais fait front, depuis très très longtemps, pour revendiquer une quelconque émancipation. On se souviendra cependant que ses responsables politiques ont parlé d’une seule voix au moment du CELIB, quand il s’agissait de compenser un retard en équipements routiers et autres, ce qui était très important, mais il n’était pas là question d’une quelconque évolution fédéraliste.

D’ailleurs, même si l’idée d’une réappropriation à l’échelle locale d’un certain nombre de prérogatives a progressé ces derniers temps parmi les bretons, qu’ils soient de souche ou d’adoption, le souhait d’une Bretagne ne serait-ce qu’un peu plus autonome est sans doute partagé par peu de ses habitants.

Il y a à cela plusieurs raisons, mais elles découlent toutes du fait que le rouleau compresseur politico-culturel mis en place par la République il y a un peu plus de deux siècles a parfaitement rempli sa besogne. On ne reviendra pas ici sur tous les aspects de cette débretonnisation, mais il est clair que nous ne sommes pas plus aujourd’hui de 5 à 10% de la population globale de la péninsule à avoir profondément envie d’une autre Bretagne. A avoir résisté à la pensée unique dictée depuis Paris.

L’autonomie est en route

Alors, plutôt que d’imaginer que la « fièvre séparatiste », qui fait tant fantasmer les rédactions parisiennes justement, va gagner notre pays d’une manière presque naturelle en provenance d’une Europe en ébullition, il nous faut encore et toujours réfléchir à la manière de faire bouger les choses chez nous, avec nos moyens. Ce qui n’empêchera pas bien sûr certains de ces exemples européens de nous donner du courage, de nous aider à convaincre.

Ainsi, en cette année 2018, comme pendant celles qui suivront, il nous faudra continuer d’avancer pas à pas, en soutenant toutes les initiatives qui donnent voix à l’Histoire de Bretagne, grande oubliée des manuels scolaires officiels, mais aussi en apprenant nous-même mieux cette histoire et en la communiquant autour de nous.

Pour la langue bretonne, il faut également soutenir tous les efforts des filières bilingues ici et là. Ainsi qu’apprendre cette langue pour celles et ceux qui ne la maîtrisent pas encore, et lutter pour qu’elle obtienne un statut officiel, même si la réponse abrupte et saugrenue qui vient d’être faite à la Corse par le pouvoir central sur ce sujet montre que là aussi rien ne sera facile.

Quant aux media et à la main mise de Paris et de ses relais sur les différents canaux de diffusion, il faudra faire preuve de patience et de persévérance. Pour ce qui est des chaînes et stations hertziennes, qui nous abreuvent en provenance de l’Île-de-France la plupart du temps, et qui sont constitutifs de ce rouleau compresseur unificateur et appauvrissant, il faut apprendre à « fermer le poste » de temps à autres. Au niveau des media écrits, deux mensuels culturels et locaux seulement sont proches de nos idées, soutenons-les. Même chose pour les sites internet qui se font l’écho de nos combats. Pour le reste, lisons donc des revues internationales ! Regardons et écoutons des télévisions et radios tout aussi internationales ! En plus du breton, apprenons l’anglais. Et créons à terme nos propres media !

Quant à la classe politique bretonne qui nous gouverne depuis des décennies, elle lutte, à quelques rares exceptions près, contre les intérêts bretons, et ne rêve en réalité que de strapontins à Paris.  Et cette caste pseudo-bretonne continue de nous présenter la république française (qui a donné le droit de vote aux femmes si tard, aboli la peine de mort parmi les dernières démocraties également, colonisé de manière si cruelle et stupide, oublié de décoloniser les DOM TOM, tenté de détruire toutes les autres langues de l’Hexagone hors le français) comme « la patrie des droits de l’homme ». De qui se moque-t-on ? En 2019, prochaines échéances électorales, votons pour les listes qui prennent vraiment la Bretagne en compte ou ne votons pas.

La réunification par la société civile, associative et entrepreneuriale

Pour ce qui est de la réunification, on s’est là encore moqué de nous. On a bien vu des responsables politiques « nationaux » monter à l’occasion sur des podiums lors de manifestations pour la réunification, mais ça, c’était avant… Maintenant qu’ils sont au pouvoir et influents, et qu’ils peuvent grimper sur des podiums plus prestigieux, plus rien… Circulez paisibles amis bretons, il n’y a plus rien à voir. De fait, la réunification, on nous ne la donnera jamais. Il faudra la faire à notre manière, en passant par la société civile, par les tissus associatifs et entrepreneuriaux. Ce qui n’empêche pas de soutenir la pétition pour un referendum qui a été mise en place au niveau du 44.

On sait tout cela, et on continue de militer, d’apprendre et transmettre, on continue d’essuyer le mépris de cette classe politique en place, et de la classe médiatique souvent. Pourtant, même si le chemin paraît âpre, difficile, fait de traitres pavés, il faut continuer de pousser le rocher, et imaginer Sisyphe heureux. Il faut continuer pour la Bretagne, pour nous, pour nos enfants. Et il y a quelques signes encourageants, ici, chez nous ! Nous les évoquerons sur la feuille de route 2018 que nous allons nous fixer dans les semaines à venir pour Breizh Europa.

Rappelons pour mémoire que le SNP écossais n’était pas à plus de 5% d’intentions de votes au début des années 1990. Il est aujourd’hui à plus de cinquante. Alors oui, même si les régions européennes en lutte pour leur émancipation ne nous viendront pas en aide directement, leur exemple peut nous aider. Mais c’est évidemment sur nous qu’il faut d’abord compter. Nous, militants bretons et amis sincères de la Bretagne, nous et aucune autre promesse.

Bonne année 2018 ! Bloavez mat d’an holl !

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

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L’Europe à la croisée des chemins

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Déc 262017
 

élections catalanes Breizh EuropaLes élections catalanes ont donc confirmé les précédentes, et les indépendantistes devraient à nouveau gouverner la Catalogne dans les semaines à venir. A quoi donc a bien pu servir tout cela ? Le premier ministre Rajoy a montré qu’il était un bien piètre politique, et Carles Puigedemont a lui démontré qu’il avait bien fait de s’exiler en Belgique, échappant ainsi à une incarcération certaine, et mettant la question catalane à l’ordre du jour européen.

Cependant, bien que le résultat de ces élections ne soit pas contestable, le gouvernement de Madrid refuse toujours de dialoguer, et Bruxelles, contraint par les Etats-Nations européens (Espagne et France en tête), rechigne à se saisir du problème.

L’impasse est totale, et la classe médiatique française prouve en parallèle qu’elle n’entend que la voix de son maître, l’État français. Ainsi les interviews d’anti indépendantistes sont toujours bien plus nombreuses que celles issues de l’autre camp sur les ondes hexagonales, et surtout, au supposé Pays des Droits de l’Homme, personne ne s’offusque que des représentants politiques soient emprisonnées en Espagne, à quelques encablures, pour des délits d’opinion.

Tout cela n’augure pas pour l’Europe d’une année 2018 très sereine. Pourtant de la publication de « Du bonheur d’être breton » par Gilles Martin-Chauffier au billet de la politologue Ulrique Guerot dans le Monde du 22/12, qui annonce la fin des Etats Nations, le camp des fédéralistes commence à donner de la voix. Et si l’Europe était arrivée au point de devoir faire de vrais choix ? Celui de choisir entre l’Europe des Régions et celle de Etats. Un choix qui est bien plus fondamental qu’il n’y paraît, parce qu’il revient à décider si cette Europe prendra enfin son envol ou pas.

Frank Darcel,

Président de Breizh Europa

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Une campagne atypique, un futur chef de l’Etat atypique ?

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Avr 252017
 

Présidentielle 2017 Breizh EuropaCette Présidentielle 2017 aura connu une étrange campagne, par ses affaires et par ses 11 candidats déraisonnables.

Déraisonnables en effet car si en dehors des propositions de réformettes habituelles inhérentes à l’idéologie de chacun des camps, ou les outrances de certains qui voudraient rendre l’Europe responsable de tous les problèmes de ce pays, aucun des candidats n’a eu un mot pour une réforme qui devient incontournable: une véritable décentralisation.

Décentralisation

Celle-ci permettra de relancer une économie française en perte de vitesse et de réconcilier nombre de citoyens non pas avec la politique, mais avec les politiques. Cette décentralisation qui est une façon de gouverner et de gérer avec justice les territoires est à l’œuvre depuis longtemps dans la plupart des pays européens. Ainsi le fédéralisme allemand est l’une des clés de la réussite économique du pays qui résiste bien mieux à la crise que ce que ne permet la gouvernance ankylosée française. Cette décentralisation impliquera de la proximité, beaucoup moins d’opacité. Et par là moins de gaspillages, d’erreurs dans des projets coûteux décidés de Paris, moins d’abstentionnisme, plus d’efficacité économique, plus de lien social et plus de démocratie. Cette nouvelle vision permettra également de réveiller les solidarités naturelles, d’étayer les projets d’une cohésion sociale bien plus solide à l’échelle de certaines régions que dans cet Hexagone indivisible et indistinct à la fois.

Projet décentralisateur

De nombreux candidats ont invoqué quasi religieusement le Président De Gaulle, qui-justement- avait lors d’un référendum en 1969 (référendum raté pour les raisons que l’on connaît) présenté aux Français son projet décentralisateur. Etrangement, aucun des candidats ne s’est emparé de ce projet gaulliste qui remonte à bientôt 50 ans, et réclamé pourtant par nombre d’élus régionaux. C’est à croire, d’une part, que les 11 n’ont jamais voyagé en Europe afin de s’inspirer de ce qui fonctionne bien ailleurs. Et, d’autre part, on peut se demander si ceux qui ont souhaité accéder à la fonction présidentielle ne sont pas intimement persuadés que la centralisation française est un mal nécessaire afin que la République n’implose pas… Nous affirmons ainsi pour notre part qu’il y a dans ce pays un problème fondamental d’identité et que le repli sur soi régulièrement invoqué par les jacobins à l’encontre des régionalistes n’est pas là où l’on croit, car le repli sur soi est bien celui des patriotes et nationalistes français. Ceux-là même qui sont si fiers de ne parler qu’une seule langue, et qui se contentent d’un roman historique national, si cher à François Fillon, mais pourtant truffé d’erreurs, d’anachronismes et de révisionnisme pour les Bretons, Corses, Alsaciens, Ultra Marins et bien d’autres.

Incarnation de la modernité ?

Bien entendu, nous ne pouvons nous satisfaire d’un Front National présent au second tour et il s’agit de combattre ce nationalisme français quand il est poussé à son paroxysme. Et si nous appelons à voter Emmanuel Macron nous resterons vigilants sur la suite des événements. Curieux de savoir si Monsieur Macron s’inscrit dans la continuité de ce que nous vivons depuis des décennies ou s’il incarnera la modernité à laquelle il prétend.
Il reste au leader d’En Marche deux semaines pour nous prouver qu’en plus d’avoir été un candidat atypique (au projet cependant relativement flou) il souhaite devenir un Président atypique, réellement réformateur, c’est-à-dire profondément décentralisateur.
Puisque les journalistes ne semblent pas relever un fait important- car la vie des régions ne les intéresse sans doute pas- nous faisons remarquer à Emmanuel Macron que c’est bien la Bretagne historique, c’est-à-dire à 5 départements, qui est la région qui a le plus voté pour lui. Nous lui saurions gré qu’il s’en souvienne.

Caroline Ollivro

Présidente de Breizh Europa

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Bretagne réussie, Bretagne réunie

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Fév 022017
 

caroline-ollivro-Bretagne-réunie-Breizh-Europa

Bloavezh mat de la part de tous les membres de Breizh Europa, mes meilleurs vœux à toutes et à tous. En ce début 2017, j’ai beaucoup tardé à souhaiter la bonne année car vouloir le meilleur pour les siens est nécessairement lié à la Bretagne. Or, je ne peux envisager le meilleur pour mes proches, pour les Bretons et les amis de notre pays en l’absence d’une Bretagne réunifiée et prospère. Mais si ce n’est de droit en 2017, notre Bretagne peut-elle exister de fait ?

Des régions fortes et autonomes pour l’apaisement social et une économie dynamique

La réunification est évidemment la condition incontournable d’une bonne dynamique économique retrouvée, comme l’est, aux yeux de Breizh Europa, la nécessaire responsabilisation des citoyens grâce à une autonomie régionale impulsée au quotidien par les Bretons eux-mêmes et non octroyée par Paris. Paris ne donnera rien car l’Etat français est devenu un géant aux pieds d’argile aux aguets, qui craint plus que de raison des régions fortes, pourtant gages d’un apaisement au sein d’une société française fracturée et socles solides d’une économie plus prometteuse. Nous l’affirmons car nous l’avons constaté en Europe, des régions autonomes dans leur gestion -c’est-à-dire avec un Parlement régional aux élus de proximité informés et clairement identifiés par la population, doté de larges prérogatives et destinataire amplement des subsides de l’imposition- sont plus efficaces, réactives aux problèmes ou aux opportunités sur les plans social et économique. Or, ces régions -là ne sont évoquées et défendues que dans un seul des programmes des candidats aux Présidentielles, celui de Christian Troadec. C’est la raison pour laquelle Breizh Europa soutient le candidat des régions et donc de la reprise économique. Le Mouvement espère que le maire de Carhaix va obtenir ses 500 signatures, malgré l’ostracisme répandu chez certains médias nationaux lorsqu’il ne s’agit pas d’un candidat ancré dans un appareil de parti à la française. Malgré aussi, on l’imagine, les pressions éventuelles (liées aux investitures pour les Législatives) auprès des soutiens potentiels du Breton.

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