L’une des plus belles voix de Bretagne disparaît

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Mar 172019
 

C’est avec tristesse et émotion que les Conseillers de Breizh Europa réunis hier à Locminé ont appris le décès du chanteur bretonnant Yann-Fañch Kemener. Le Mouvement salue à la fois l’immense talent de l’artiste, sa voix aux accents magnifiquement telluriques ainsi que son incroyable travail de collecteur de contes, de chants. L’homme s’en est allé trop tôt alors même qu’il s’engageait avec courage dans la promotion de son dernier disque. Sa voix magnifiait la langue bretonne qu’il contribuait à faire vivre avec intensité et simplicité. Elle nous emmenait en Argoat respirer la terre et jusqu’en Penn-ar-bed humer l’écume des vagues. L’écouter, c’était assurément frissonner. On pouvait avoir jusqu’au sentiment de toucher à l’origine de son être, du monde, comme lors de l’écoute de son album bouleversant « Enez Euza ». En écoutant Kemener chanter, tout homme -qu’il soit Breton ou non- saisissait le sens de la phrase de Saint-Pol Roux « Bretagne est univers ».

Caroline Ollivro,

Porte-parole de Breizh Europa

 

 

Hommage à Yann-Fañch Kemener

Décédé le 16 mars 2019, à l’âge de 61 ans
Yann-Fañch était, sans surprise, un grand admirateur d’Armand Robin, cet intellectuel inclassable, brillant et polyglotte, né comme lui dans une famille très pauvre du Centre-Bretagne.
Armand Robin a écrit : « Ce Rostrenen prétend qu’il est mon pays natal, mieux, qu’il est sans conteste possible le seul endroit où toujours je fus, où toujours je suis, où toujours je serai, vif ou mort ». Le Rostrenen de Yann-Fañch s’appelait Sainte Tréphine. C’est là qu’il a vu le jour. C’est là qu’il a été totalement imprégné dès sa plus tendre enfance par le CHANT, ce mode de tradition orale absolument incontournable en Bretagne.

Le chant est non seulement une tradition, mais aussi et surtout un moyen de transmission. Il transmet de génération en génération, depuis des temps immémoriaux, le souvenir d’événements parfois très anciens au sein d’une population de paysans pauvres et illettrés.
Yann-Fañch a eu le grand mérite de remettre au goût du jour et de redonner ses lettres de noblesse aux gwerzioù, ces complaintes composées de couplets dont le nombre pouvait atteindre la centaine. Lors des veillées d’autrefois, tous les voisins venaient écouter les chanteurs chevronnés faire démonstration de leur art à une époque où la télévision, la radio et Internet n’existaient pas.
Encore de nos jours, on compose des gwerzioù pour exprimer les préoccupations quotidiennes comme le remembrement, la désertification des campagnes ou les résistances contre les directives du gouvernement français. Et bien sûr, on s’en régale lors de soirées communautaires.
Yann-Fañch a fait un énorme travail de collectage auprès des anciens et est devenu « un passeur de mémoire ». Son recueil « Carnets de Route » aux éditions Skol Vreizh (avec les CD accompagnant) en est la principale concrétisation.
En parallèle, il a également adoré donner du « plaisir à danser » lors des festoù-noz, ces fêtes de nuit, à la foule des danseurs grâce à la pratique du Kan-ha-Diskan, cet art si particulier de chant et déchant en couple, avec tuilage. Lors de ces réunions nocturnes, une véritable osmose se produit entre danseurs et chanteurs dans un va-et-vient d’énergie qui conduit à une transe collective.
Par ailleurs, Yann-Fañch a toujours su que sa passion du chant remontait à sa prime enfance bercée par la voix de sa maman. En conséquence il a signé « Dibedibedañchaou », un recueil de chants et contes pour enfants édité par Dastum, l’organisme de collectage et sauvegarde du patrimoine sonore et iconographique breton.
En plus d’être un chanteur incomparable doté d’une voix d’une grande pureté, Yann-Fañch était aussi un homme pourvu d’une extrême sensibilité alliée à une véritable gentillesse.
Il aimait profondément les gens et a fait montre de cet amour jusqu’à ses derniers instants puisque le 20 février, très affaibli par la maladie qui l’a emporté, il présentait en fauteuil roulant le tout dernier de ses CD, un recueil de poèmes chantés : « Roudennoù ».
En 1996, en introduction à ses « Carnets de route », Yann-Fañch souhaitait Bon Voyage « à toutes celles et à tous ceux qui me prêtent leurs yeux pour lire, leurs oreilles pour entendre et leur cœur pour comprendre ».
Même si son départ nous plonge dans une profonde tristesse et un grand désarroi, nous lui souhaitons à notre tour et du fond du cœur un Bon Voyage pour rejoindre le Paradis des Chanteurs.

Marie-Laure Callec

Conseillère Breizh Europa

Kenavo Yann-Fañch

Diaes eo asantiñ e vefe aet diouzhomp ken abred an hini en deus dudiet ha fromet ac’hanomp e-pad ouzhpenn daou-ugent vloaz gant ur vouezh eus ar c’haerañ.
Hag eñ her da zastumerien kanaouennoù pobl an XIX ved kantved ha da ganerien ha kanerezed pobl diwezhañ darempredet gantañ en e yaouankiz, en deus gouestlet e vuhez da dreuzkas al lodenn-se eus hor glad.
En ur choaz un hent disheñvel krenn deus hini an arzourien all e penn azginivelezh sonerezh Breizh er bloavezhioù 70, o krediñ kanañ a capella, eo deut a-benn da vrudañ ha da lakaat splann d’an holl braventez ha pinvidigezh un arz poblek sellet outañ betek-henn evel re zister, didalvoud ha tonket da steuziañ gant ar vrezhonegerien a-vihanik diwezhañ.
Kounet e vo gant a re o devo darempredet anezhañ pe selaouet anezhañ war al leurenn, er festoù-noz pe bet kentelioù digantañ evel un den jentil-tre, uvel, kizidik ha troet d’ar re all.
Ra vo skañv douar Breizh evidout

Hervé Masson,

ezel Kuzul Breizh Europa

 

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Fiasco breton autour du Brexit : comment s’en étonner ?

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Fév 262019
 

Ainsi la Bretagne est la grande laissée pour compte de la mise en place de nouvelles routes maritimes suite au Brexit. Les ports bretons étaient pourtant les escales continentales les plus proches de l’Irlande, mais comment s’étonner finalement d’une annonce aussi catastrophique pour notre économie locale ?

Comment s’étonner quand on regarde l’histoire maritime de la Bretagne, et l’Histoire tout court, ce qu’il convient de faire régulièrement pour bien comprendre ce qui se passe aujourd’hui, quand on réalise que depuis l’annexion de la Bretagne, Paris n’a eu de cesse de nous écarter des routes maritimes marchandes.
Ainsi, avant l’annexion, dans la Bretagne ducale, l’historien Jean-Christophe Cassard rappelle que : « la mer est bien redevenue leur chose tant par les emplois de marins qu’elle procure que par les profits multiples qu’elle génère dans le duché. Nombreux sont aussi les intermédiaires intéressés de près ou de loin à l’armement maritime en ces années. Tout cet argent gagné au large ne retourne pas à la mer, mais s’investit dans des placements en terres ou des constructions au goût du jour : une partie de la parure monumentale de la région, si appréciée aujourd’hui par les touristes, vient de là… »

Port bretons Breizh Europa

Port de Nantes au XVIIIème siècle

Plus tard, et jusqu’à la révolution, et malgré le colbertisme qui décide essentiellement des intérêts financiers de l’Hexagone en fonction des besoins de Paris, malgré surtout la militarisation des ports bretons par Vauban, entre autres, on évoque encore, sur le site de la Région Bretagne, un âge d’or maritime breton : « Du XVle au XVllle siècle, le lin et le chanvre sont cultivés en Bretagne pour leurs fibres utilisées principalement dans la fabrication de toiles. Leur transformation et leur commerce génèrent une activité économique intense. La Bretagne est alors l’une des premières provinces toilières françaises. Les toiles de chanvre qu’elle produit équipent une grande partie des marines européennes, ses toiles de lin sont exportées vers l’étranger. Cette activité toilière a des conséquences importantes sur le plan économique, démographique et artistique. »

Après la révolution, et l’hyper centralisation qui va en découler, la Bretagne perd cette fois toute maîtrise de son activité maritime. L’activité militaire, avec la proximité de l’Angleterre, va en effet devenir prioritaire, et le seul commerce au long cours sera celui effectué avec les colonies.
La Bretagne, dès lors gouvernée totalement depuis Paris, va surtout rater la marche de la révolution industrielle, car cet abandon des objectifs maritimes commerciaux en Bretagne de la part du gouvernement va entraîner des lacunes irréparables dans les transports intérieurs bretons et dans les connexions de notre péninsule avec le reste de l’Europe. En effet, le trafic commercial devenant limité dans les ports bretons, il n’y a pas eu de développement du fret ferroviaire au cours du siècle dernier en Bretagne. Mais ce phénomène rejoint une autre caractéristique française, à savoir un retard criant dans le ferroutage dans tout l’Hexagone en comparaison de ses voisins européens.

Ports bretons Breizh EuropaAinsi, si l’on observe les trois grands axes de fret ferroviaire qui traversent l’Hexagone (sur les neuf au total qui irriguent l’Europe, les autres concernant principalement l’Italie, l’Allemagne, l’Europe Centrale, les Pays Scandinaves et la Pologne), on remarquera que la Bretagne reste cruellement à l’écart, à l’exception de Nantes-Saint-Nazaire (connexion efficiente depuis peu d’années). On notera en parallèle, à l’opposé, qu’un pays comme le Portugal, lui aussi périphérique, et pourtant bien plus éloigné de la Mégalopole Européenne que la Bretagne, a connecté tous ses grands ports au réseau de fret ferroviaire européen, à savoir les ports de Porto-Leixoes, Lisbonne et également Sines (le port de Sines est un port artificiel dont l’édification a commencé dans les années 1970 et qui est un aujourd’hui la porte d’accès principale du Portugal pour les conteneurs, le gaz naturel, le pétrole et ses dérivés). On remarquera également, dans ce réseau européen dédié au fret ferroviaire, que l’axe atlantique et l’axe bar freight corridor (méditerranéen) desservent la plupart des grands ports espagnols : Algesiras, Almeria, Valence, Alicante, Tarragone et Barcelone, et Bilbao.

Quand, pendant ce temps, sous gouvernance de la France, la Bretagne est restée définitivement à l’écart de ces axes de fret ferroviaire européen, en dehors du port de Nantes-Saint-Nazaire donc (quand le port du Havre est lui parfaitement connecté), et ce malgré la position idéalement avancée dans la mer de notre péninsule (la Northern Range, une des routes maritimes les plus importantes au monde passe à quelques encablures de la pointe Bretagne) et des sites maritimes idéaux. Malgré tous ses atouts donc, la Bretagne ne possède aucun port de marchandise d’importance européenne, ni connexion suffisante au réseau ferré européen… Rappelons pour mémoire que la Bretagne n’a pas réussi non plus à accueillir un chantier de déconstruction maritime.

Ports bretons Breizh Europa

Démantèlement du porte-avions Clémenceau

Car cette incurie de l’État français quant à l’équipement des ports bretons a été cruellement mise en lumière lors de l’épopée tragi-comique qui a précédé le démontage du porte-avion Clémenceau en 2009. Après une première phase de démolition à Toulon en 2004/2005, qui a donné lieu à une énorme escroquerie et des mises en examen en cascade, le bateau a été remorqué de Toulon à l’Inde, où il a été refusé à cause de la quantité astronomique d’amiante qu’il contenait. Le bateau a fini par revenir à Brest en 2008, là où il avait été construit, et dans l’attente d’une solution pour sa démolition. Le périple ayant déjà coûté une fortune au contribuable français, les autorités politiques centrales mais aussi brestoises, ont commencé à évoquer la création d’un chantier de déconstruction à la pointe bretonne, mais le projet d’importance est resté, comme souvent en Bretagne, lettre morte. Le Clémenceau s’est donc fait remorquer à nouveau pour aller se faire déconstruire par la société Able Ship Recycling sur la rivière Tees, en Grande-Bretagne, pays de la Royal Navy, des vainqueurs de Trafalgar, et des destructeurs du cuirassé Bretagne à Mers el-Kebir en 1940…
Au-delà du ridicule entourant toute l’opération et du grinçant clin d’œil historique, cet épisode illustre bien que cette république est incapable de veiller aux intérêts maritimes bretons.

Comment alors s’étonner de ce qui vient de se passer avec le fiasco breton sur le Brexit ? Et qu’ont pu faire les ministres bretons, dont certains poids lourds, les députés, les maires des grandes villes portuaires bretonnes, et surtout le président de Région ? Rien. Parce que Paris a décidé il y a bien longtemps que ses intérêts ne coïncidaient pas avec les intérêts du développement de la Bretagne. Ainsi tous nos élus, aussi capés soient-ils, sont totalement démunis face à un état de fait qui remonte à des politiques françaises anciennes, quand la seule solution valable serait de connecter les ports bretons au réseau ferré européen ; un investissement qui s’annonce colossal et que la France est bien incapable de faire. Elle n’en a jamais eu envie de toutes les manières.

Ports bretons Breizh Europa

 

Quid erat demonstratum ! Si on veut que la Bretagne ait un jour une chance de se développer intelligemment, en tenant compte de ses propres atouts, il ne faut plus laisser Paris décider pour nous. Il nous faut également renvoyer à ses chères études une classe politique bretonne inféodée à Paris, impuissante de fait, et qui n’a jamais pu ou voulu relever les défis d’importance pour notre pays.

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

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Breizh Europa soutient les prisonniers politiques catalans

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Fév 132019
 

Aujourd’hui, s’ouvre à Madrid un procès que l’on croirait dater d’un autre temps. Malheureusement, c’est bien en ce mois de février 2019 que vont être jugés des représentants politiques élus et des responsables associatifs catalans, pour avoir voulu organiser un référendum. L’Histoire, la plus sombre, frappe à notre porte, et on se souviendra entre autres que la république catalane a été une première fois proclamée en 1934. Une jeune république qui fut matée dans le sang par l’armée espagnole, deux ans avant la guerre civile. Puis Franco, une fois au pouvoir, demanda aux Allemands, en 1940, d’arrêter le président de cette république éphémère, Llius Companys, qui s’était réfugié en Bretagne. Il fut fusillé à son retour.

Madrid Breizh Europa

Affiche du Cercle culturel catalan du Quebec

Aujourd’hui, le pire se rapproche, et des citoyens européens risquent de lourdes peines de prison pour avoir voulu organiser ce référendum en Catalogne, en ayant procédé de manière pacifique, sous les coups de matraque médiatisés de la Guardia Civil. Un référendum qui s’inscrivait pourtant dans le cadre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, un des fondements de la Charte des Nations Unies.

Pendant ce temps-là, en France, la plupart des média prennent le parti du déni de démocratie. Des média qui suivent ainsi le pouvoir dominant, un pouvoir qui les nourrit il est vrai de subventions généreuses.

Des média qui n’avaient, en leur temps, pas protesté contre la sécession du Kosovo de la Serbie, obtenue par les bombardements français et américains sur Belgrade en 1999. Deux poids, deux mesures ?

Triste jour en tous les cas, quand des personnes sont jugées pour avoir voulu défendre l’idée de démocratie. Triste jour car quelque soit la manière, à l’avenir, dont chaque peuple européen décidera de s’administrer, notre véritable, pays, notre chance, reste cette Europe, à ce jour imparfaitement construite. Une Europe qui doit se consolider en respectant chacune des communautés qui la compose.

Liberté pour les prisonniers politiques catalans !

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

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Financement des écoles Diwan: encore un effort !

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Fév 082019
 

Des députés de La République en Marche (LREM) vont proposer à l’Assemblée nationale que les écoles Diwan puissent bénéficier du forfait scolaire de toutes les communes d’origine de leurs élèves, et plus seulement de celui donné par la seule commune-siège.

Ecoles Diwan Breizh Europa

Carte des écoles Diwan

Ceci constitue une revendication historique du réseau Diwan, certaines écoles menant des campagnes systématiques de demande du forfait scolaire auprès de toutes les communes de résidence de leurs élèves. Campagnes la plupart du temps sans résultat, laissant les écoles Diwan dans l’insécurité financière chronique. Pourtant elles assurent le service public de l’enseignement du breton, car personne n’ignore que, sans Diwan, aucun enseignement en breton n’existerait à ce jour en Bretagne.

Breizh Europa félicite les députés à l’origine de cette proposition. Reste bien sûr à attendre le résultat final, car nous avons l’habitude devoir que bien des propositions de députés, mus par de bonnes intentions, finissent “lost in translation” dans les arcanes du pouvoir parisien.
L’occasion est offerte de suggérer une consolidation supplémentaire des écoles Diwan: confier aux nouvelles intercommunalités (les EPCI) la compétence de l’enseignement du breton, qui pourront alors contractualiser avec leur(s) école(s) Diwan pour les pérenniser sur les plan financier et foncier.
Cette étape enclencherait une responsabilisation des collectivités (certaines renâclent) et des administrations (là, c’est plus général) sur le plan de la formation des maîtres, de la visibilité du breton dans l’espace public et dans les médias.

Ces propositions font partie du Projet Enseignement-Education élaboré par Breizh Europa et visibles sur notre site.

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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La Bretagne endeuillée

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Jan 122019
 
Patrick Malrieu Breizh Europa

Photo Ronan Larvor

Il est toujours très triste et brutal d’apprendre une disparition et ça l’est encore davantage lorsqu’il s’agit d’un militant tel que Patrick Malrieu. Celui-ci a passé une grande partie de sa vie à donner de son temps et de son énergie à la Bretagne, sa culture, son territoire. Toutes nos pensées vont à ses proches et bien au-delà, car c’est beaucoup de Bretons qui sont aujourd’hui endeuillés.
Cet homme à responsabilités- fondateur de Dastum, Président du Conseil Culturel de Bretagne, puis de l’Institut Culturel- n’en était pas moins un homme de terrain, toujours à l’écoute.
Nous ne pouvons nous empêcher aujourd’hui d’avoir également une pensée pour tous ceux qui, comme Patrick Malrieu, ont tant fait pour la Bretagne et notamment cette réunification qu’ils n’auront pas connue. Et cela rajoute à notre peine ! Patrick Malrieu, tout comme Joseph Martray, Yvonnig Gicquel, Bernard Le Nail et beaucoup d’autres, vous allez manquer à la Bretagne. Lorsque le pays connaîtra des jours meilleurs, nous nous souviendrons d’autant mieux de vous.

Kenavo !

Caroline Ollivro

Porte-parole de Breizh Europa

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La réunification de la Bretagne dans le fatras hexagonal

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Déc 182018
 

Lundi 17 décembre, le Conseil départemental de Loire-Atlantique a voté contre le rattachement à la région Bretagne mais pour l’organisation d’un référendum. Le premier vote contredit le vœu départemental de 2001, et le second avait été tranquillement dévoilé vendredi dernier, quand Monsieur Grosvalet avait rendu public son appel au secours au président de la République.

Outre que le premier vote nous renseigne sur la valeur des vœux des assemblées, valeur égale donc à zéro, cela révèle qu’aucune procédure n’est définie dans la loi quand se pose la question d’un changement de région. C’est assez ironique dans un pays qui croule sous les lois, les décrets et les règlements et où, par ailleurs, une majorité de maires avoue ne plus savoir gérer une commune dans la légalité ! Ainsi devant ce fatras, on fait appel au grand Sachem perché en haut de la pyramide. Embouteillage assuré au Secrétariat général de l’Elysée !

Revenons-en à notre sujet: la réunification est une volonté démocratique bretonne que l’appareil politique français empêche en permanence. Depuis lundi, nos si éclairés dirigeants cherchent à savoir qui doit décider, mais surtout quand et comment on va s’y prendre pour noyer le poisson.
Alors, qui va décider ? Les assemblées territoriales ? Le président de la république ? L’assemblée nationale ? Les habitants ? Lesquels ? Ceux de la Loire-Atlantique seuls ? Ceux de la région Bretagne ? Ceux des Pays de la Loire ? Dans quel ordre ? Selon quelle modalités ? Après la consultation sur Notre-Dame des Landes, c’est compliqué, il faut se mettre un instant à la place des élus socialistes … Le quand et le comment, c’est avant ou après mars 2019 ? Date légale pour quoi ? Saisie de la question, ou de son règlement ? Ils l’ignorent, ils n’avaient pas prévu ça, M. Grosvalet avouant aujourd’hui que cette loi est inapplicable. On aurait apprécié autant de clairvoyance en 2014. Ça devient vraiment difficile de leur faire confiance, seul Ouest-France y croit encore.

Au delà du fiasco juridique, le scénario qui s’écrit amènerait à organiser une consultation sur l’ensemble des 2 régions, Bretagne et Pays de la Loire. D’abord, la question posée pourrait être tordue à souhait : voulez-vous que la Loire-Atlantique rejoigne la région Bretagne ou ne préférez-vous pas finalement la fusion des 2 régions dans un Grand Ouest (peuplé de ouistitis) ?
Ensuite, il faudrait consulter les habitants de la Mayenne, de la Sarthe, du Maine-et-Loire et de la Vendée, car le départ de la Loire-Atlantique impacterait leur quotidien. C’est vrai mais, à ce compte-là, comme il est probable que ces 4 départements rejoindraient la région Centre ou la région Aquitaine, pourquoi se limiter ? Interrogeons tout le monde, des Pyrénées-Atlantiques au Loiret !

Photo Bretagne Info

Demander aux 4 autres départements la permission que la Loire-Atlantique rejoigne la région Bretagne, c’est comme demander la permission à son conjoint de divorcer de lui. Ça n’a aucun sens, si ce n’est de continuer dans les inepties qui nous ont glorieusement conduit là.

105 000 électeurs de Loire-Atlantique veulent un référendum pour choisi leur avenir, c’est clair et net, les élus vont-ils comprendre que le temps des entourloupes est terminé, surtout par les temps qui courent ?

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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