Vive la démocratie ! Vive la bretagne !

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Mai 172019
 

Ce que le Conseil général de Loire-Atlantique inflige à Bretagne Réunie, et donc à tous les signataires de la pétition demandant un référendum dans le département de Loire-Atlantique, est un déni de démocratie particulièrement grave. En refusant de porter le débat sur la réunification devant le peuple comme la loi l’y autorisait, il y a quelques mois, et en faisant maintenant barrage à l’envoi de la pétition vers Paris, Monsieur Grosvalet et son équipe agissent ni plus ni moins comme des factieux.

Philippe Grosvalet

Au moment où la révolte des Gilets Jaunes a montré que cette démocratie représentative avait un énorme problème de crédibilité dans l’Hexagone, s’y prendrait-on autrement si l’on voulait mettre de l’huile sur le feu ? Nul doute que les décisionnaires parisiens ne sont pas étrangers à l’attitude lamentable de Monsieur Grosvalet et de ses affidés. Mais les Bretons vont-ils continuer longtemps à encaisser ces affronts sans réagir ? Dans un premier temps, il faudra au moins sanctionner cette classe politique, qui reste sourde à toutes les revendications bretonnes, lors de toutes les élections à venir. Mais la réponse à ce mépris et à ce déni de démocratie devra aller crescendo. Il en va de l’avenir de la Bretagne, et de l’idée de démocratie.

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

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Elections européennes 2019

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Mai 132019
 

La participation et le soutien de Breizh Europa à la liste constituée par le PFE lors des élections européennes du 26 mai 2019.

Elections europénnes Breizh Europa

Photo Michel Thierry

Breizh Europa a choisi d’intégrer la liste du Parti Fédéraliste Européen pour les prochaines élections. Notre Mouvement est à la fois un parti autonomiste breton et fédéraliste européen et c’est à ce titre que le projet du PFE mérite à nos yeux d’être défendu. Le credo européen et décentralisateur du PFE est compatible avec nos idées et sa tête de liste, Yves Gernigon, incarne parfaitement le projet. Celui-ci met en avant la règle de subsidiarité qui nous est chère et qui permettra aux territoires de mieux se prendre en mains au sein d’une Europe fédérale. Le Parti Breton a fait le même choix que celui de Breizh Europa et participe à la liste « Pour une Europe qui protège ses citoyens ». Nous avons quatre candidats BE qui défendent ce projet, Karol Dolu dans le département 35, Gaël Giraud dans le 44, Éric Leost dans le 29 et moi-même pour le 22.

Une conférence de presse se tiendra à Rennes au Club de la presse le mercredi 15 mai à 14h30. Elle réunira une partie des candidats, venez nombreux !

Caroline Ollivro,

Porte-parole de Breizh Europa

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La Bretagne a gagné la coupe de France

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Avr 292019
 
Stade rennais Breizh Europa

Photo maville.com

C’est devant une forêt de drapeaux bretons, brandis par des supporters enflammés, esplanade du Champ de Mars, que les joueurs rennais ont présenté leur trophée dimanche dans l’actuelle capitale bretonne. Au-delà de la satisfaction naturelle pour tous les supporters du Stade Rennais, après 48 ans d’attente d’un nouveau trophée, que nous apprend cette scène ?

Que des habitants de Rennes, et de toute la Bretagne, brandissent naturellement un drapeau qui n’a rien d’officiel, un drapeau qui flotte sur certaines mairies de cinq départements, mais seulement au bon vouloir des édiles. Un drapeau qui ne sera pas rendu obligatoire dans les écoles bretonnes à la rentrée prochaine, au contraire du drapeau tricolore, qui reproduit, comme beaucoup semblent l’avoir oublié, les couleurs bleu et rouge de la ville de Paris. Ces couleurs perdantes samedi soir. D’ailleurs, personne ne brandissait le drapeau aux couleurs de Paris dimanche sur la place du Champ de Mars, à Rennes. Une place rebaptisée, un an avant la coupe gagnée en 1971, Esplanade Général de Gaulle.

Ainsi, comme les joueurs rennais l’ont fait après avoir été menés deux à zéro, par une équipe parisienne dopée aux capitaux qataris, les Bretons résistent, même après avoir subi deux siècles de jacobinisme castrateur.

Et Madame Apperé, jacobino-socialiste emblématique, pourra de nouveau, autant de fois qu’elle le veut, réaliser l’exploit, au contraire de Julien Stéphan ou François Pinault, d’oublier le mot Bretagne lorsqu’elle commente longuement la victoire sur France Info : rien n’y fera. Les Bretons, comme les joueurs du Stade Rennais, démontreront que leurs valeurs ont pour nom : solidarité, persévérance, fidélité. Et aucun discours officiel, quel qu’en soit la portée révisionniste, l’arrogance et le mépris pour ces valeurs bretonnes, n’y changera jamais rien : c’est la Bretagne qui a gagné samedi soir, et qui l’a confirmé dimanche.

Breizh da Viken !

Vincent Fraval

Secrétaire général de Breizh Europa

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600 maires : y-avait-il un breton dans la salle ?

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Avr 042019
 

600 maires (900 selon les publications les plus patriotiques) ont écouté le Président de la République Française Emmanuel Macron s’exprimer à Saint-Brieuc hier, avant de lui poser des questions.

Photo Sputniknews

Le président a promis d’une nouvelle étape de la décentralisation, et évoqué le besoin de redéfinir le projet national et européen. C’est dit. Mais sans donner beaucoup de détails, ni préciser aucune piste. Il était cependant en terrain conquis. Conquis parce que l’assemblée, dans laquelle tout le monde s’était ceint de l’écharpe tricolore de rigueur, croit très fort aux valeurs républicaines hexagonales. Très bien. Et puis les questions sont venues de quelques-uns de ces édiles qui ont exprimé le fait qu’ils en avaient soupé des règlements tatillons, d’autres ont demandé qu’on leur fasse plus confiance, enfin les plus hardis ont plaidé pour que la région soit à même de tenter des expérimentations. Quel courage !

Enfin tout le monde est reparti content, conquis, après une Marseillaise reprise à pleine voix par le sulfureux Ferrand, qui était là aussi bien sûr.
On a donc assisté à une démonstration de force de l’esprit républicain français chez les maires de Bretagne. Ils respectent les institutions, mettent leur écharpe pour accueillir le président descendu de Paris exprès pour les voir, un président qui va repartir ensuite jusqu’à Rennes en convoi ultra protégé alors que tous les ponts enjambant la RN 12 sont sous contrôle la gendarmerie.
Ils croient très fort aux valeurs républicaines ces maires de Bretagne, mais connaissent-ils les valeurs démocratiques ? Ont-ils osé évoquer le référendum refusé en Loire-Atlantique malgré les 105 000 signatures d’habitants le réclamant au sujet de la réunification ? Non. Une demande de démocratie étouffée d’ailleurs par un certain Grosvalet, lui aussi prompt à porter l’écharpe tricolore.

Savent-ils ces maires, que dans les régions maritimes comparables à la Bretagne, le pouvoir local est considérablement plus puissant qu’en France, et que dans ces régions ou pays comparables, entre autres différences, le développement des énergies renouvelables, hydroliennes, éolien, méthanisation est incommensurablement plus développé que dans la région qu’ils contribuent à administrer ? Savent-ils que, dans ces régions, une partie importante du fruit des impôts ne repart pas vers le pouvoir central mais est gérée à même la région ? Quand eux continuent à mendier des subsides auprès de ce pouvoir hypertrophié.

Savent-ils que les valeurs républicaines, desquelles ils se réclament, ont forgé un pays où, entre autres multiples avanies, un certain Bernard Tapie peut braquer 400 millions à l’État avec l’aide d’un président de ladite république, de juges tout aussi républicains et d’une future présidente du FMI ?

Tentent-ils de nous faire croire, ces maires, qu’ils vont faire progresser la Bretagne et permettre à ses habitants de vivre mieux, dans ce cadre-là ?
600 maires : y-avait-il un Breton dans la salle ?

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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L’une des plus belles voix de Bretagne disparaît

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Mar 172019
 

C’est avec tristesse et émotion que les Conseillers de Breizh Europa réunis hier à Locminé ont appris le décès du chanteur bretonnant Yann-Fañch Kemener. Le Mouvement salue à la fois l’immense talent de l’artiste, sa voix aux accents magnifiquement telluriques ainsi que son incroyable travail de collecteur de contes, de chants. L’homme s’en est allé trop tôt alors même qu’il s’engageait avec courage dans la promotion de son dernier disque. Sa voix magnifiait la langue bretonne qu’il contribuait à faire vivre avec intensité et simplicité. Elle nous emmenait en Argoat respirer la terre et jusqu’en Penn-ar-bed humer l’écume des vagues. L’écouter, c’était assurément frissonner. On pouvait avoir jusqu’au sentiment de toucher à l’origine de son être, du monde, comme lors de l’écoute de son album bouleversant « Enez Euza ». En écoutant Kemener chanter, tout homme -qu’il soit Breton ou non- saisissait le sens de la phrase de Saint-Pol Roux « Bretagne est univers ».

Caroline Ollivro,

Porte-parole de Breizh Europa

 

 

Hommage à Yann-Fañch Kemener

Décédé le 16 mars 2019, à l’âge de 61 ans
Yann-Fañch était, sans surprise, un grand admirateur d’Armand Robin, cet intellectuel inclassable, brillant et polyglotte, né comme lui dans une famille très pauvre du Centre-Bretagne.
Armand Robin a écrit : « Ce Rostrenen prétend qu’il est mon pays natal, mieux, qu’il est sans conteste possible le seul endroit où toujours je fus, où toujours je suis, où toujours je serai, vif ou mort ». Le Rostrenen de Yann-Fañch s’appelait Sainte Tréphine. C’est là qu’il a vu le jour. C’est là qu’il a été totalement imprégné dès sa plus tendre enfance par le CHANT, ce mode de tradition orale absolument incontournable en Bretagne.

Le chant est non seulement une tradition, mais aussi et surtout un moyen de transmission. Il transmet de génération en génération, depuis des temps immémoriaux, le souvenir d’événements parfois très anciens au sein d’une population de paysans pauvres et illettrés.
Yann-Fañch a eu le grand mérite de remettre au goût du jour et de redonner ses lettres de noblesse aux gwerzioù, ces complaintes composées de couplets dont le nombre pouvait atteindre la centaine. Lors des veillées d’autrefois, tous les voisins venaient écouter les chanteurs chevronnés faire démonstration de leur art à une époque où la télévision, la radio et Internet n’existaient pas.
Encore de nos jours, on compose des gwerzioù pour exprimer les préoccupations quotidiennes comme le remembrement, la désertification des campagnes ou les résistances contre les directives du gouvernement français. Et bien sûr, on s’en régale lors de soirées communautaires.
Yann-Fañch a fait un énorme travail de collectage auprès des anciens et est devenu « un passeur de mémoire ». Son recueil « Carnets de Route » aux éditions Skol Vreizh (avec les CD accompagnant) en est la principale concrétisation.
En parallèle, il a également adoré donner du « plaisir à danser » lors des festoù-noz, ces fêtes de nuit, à la foule des danseurs grâce à la pratique du Kan-ha-Diskan, cet art si particulier de chant et déchant en couple, avec tuilage. Lors de ces réunions nocturnes, une véritable osmose se produit entre danseurs et chanteurs dans un va-et-vient d’énergie qui conduit à une transe collective.
Par ailleurs, Yann-Fañch a toujours su que sa passion du chant remontait à sa prime enfance bercée par la voix de sa maman. En conséquence il a signé « Dibedibedañchaou », un recueil de chants et contes pour enfants édité par Dastum, l’organisme de collectage et sauvegarde du patrimoine sonore et iconographique breton.
En plus d’être un chanteur incomparable doté d’une voix d’une grande pureté, Yann-Fañch était aussi un homme pourvu d’une extrême sensibilité alliée à une véritable gentillesse.
Il aimait profondément les gens et a fait montre de cet amour jusqu’à ses derniers instants puisque le 20 février, très affaibli par la maladie qui l’a emporté, il présentait en fauteuil roulant le tout dernier de ses CD, un recueil de poèmes chantés : « Roudennoù ».
En 1996, en introduction à ses « Carnets de route », Yann-Fañch souhaitait Bon Voyage « à toutes celles et à tous ceux qui me prêtent leurs yeux pour lire, leurs oreilles pour entendre et leur cœur pour comprendre ».
Même si son départ nous plonge dans une profonde tristesse et un grand désarroi, nous lui souhaitons à notre tour et du fond du cœur un Bon Voyage pour rejoindre le Paradis des Chanteurs.

Marie-Laure Callec

Conseillère Breizh Europa

Kenavo Yann-Fañch

Diaes eo asantiñ e vefe aet diouzhomp ken abred an hini en deus dudiet ha fromet ac’hanomp e-pad ouzhpenn daou-ugent vloaz gant ur vouezh eus ar c’haerañ.
Hag eñ her da zastumerien kanaouennoù pobl an XIX ved kantved ha da ganerien ha kanerezed pobl diwezhañ darempredet gantañ en e yaouankiz, en deus gouestlet e vuhez da dreuzkas al lodenn-se eus hor glad.
En ur choaz un hent disheñvel krenn deus hini an arzourien all e penn azginivelezh sonerezh Breizh er bloavezhioù 70, o krediñ kanañ a capella, eo deut a-benn da vrudañ ha da lakaat splann d’an holl braventez ha pinvidigezh un arz poblek sellet outañ betek-henn evel re zister, didalvoud ha tonket da steuziañ gant ar vrezhonegerien a-vihanik diwezhañ.
Kounet e vo gant a re o devo darempredet anezhañ pe selaouet anezhañ war al leurenn, er festoù-noz pe bet kentelioù digantañ evel un den jentil-tre, uvel, kizidik ha troet d’ar re all.
Ra vo skañv douar Breizh evidout

Hervé Masson,

ezel Kuzul Breizh Europa

 

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Fiasco breton autour du Brexit : comment s’en étonner ?

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Fév 262019
 

Ainsi la Bretagne est la grande laissée pour compte de la mise en place de nouvelles routes maritimes suite au Brexit. Les ports bretons étaient pourtant les escales continentales les plus proches de l’Irlande, mais comment s’étonner finalement d’une annonce aussi catastrophique pour notre économie locale ?

Comment s’étonner quand on regarde l’histoire maritime de la Bretagne, et l’Histoire tout court, ce qu’il convient de faire régulièrement pour bien comprendre ce qui se passe aujourd’hui, quand on réalise que depuis l’annexion de la Bretagne, Paris n’a eu de cesse de nous écarter des routes maritimes marchandes.
Ainsi, avant l’annexion, dans la Bretagne ducale, l’historien Jean-Christophe Cassard rappelle que : « la mer est bien redevenue leur chose tant par les emplois de marins qu’elle procure que par les profits multiples qu’elle génère dans le duché. Nombreux sont aussi les intermédiaires intéressés de près ou de loin à l’armement maritime en ces années. Tout cet argent gagné au large ne retourne pas à la mer, mais s’investit dans des placements en terres ou des constructions au goût du jour : une partie de la parure monumentale de la région, si appréciée aujourd’hui par les touristes, vient de là… »

Port bretons Breizh Europa

Port de Nantes au XVIIIème siècle

Plus tard, et jusqu’à la révolution, et malgré le colbertisme qui décide essentiellement des intérêts financiers de l’Hexagone en fonction des besoins de Paris, malgré surtout la militarisation des ports bretons par Vauban, entre autres, on évoque encore, sur le site de la Région Bretagne, un âge d’or maritime breton : « Du XVle au XVllle siècle, le lin et le chanvre sont cultivés en Bretagne pour leurs fibres utilisées principalement dans la fabrication de toiles. Leur transformation et leur commerce génèrent une activité économique intense. La Bretagne est alors l’une des premières provinces toilières françaises. Les toiles de chanvre qu’elle produit équipent une grande partie des marines européennes, ses toiles de lin sont exportées vers l’étranger. Cette activité toilière a des conséquences importantes sur le plan économique, démographique et artistique. »

Après la révolution, et l’hyper centralisation qui va en découler, la Bretagne perd cette fois toute maîtrise de son activité maritime. L’activité militaire, avec la proximité de l’Angleterre, va en effet devenir prioritaire, et le seul commerce au long cours sera celui effectué avec les colonies.
La Bretagne, dès lors gouvernée totalement depuis Paris, va surtout rater la marche de la révolution industrielle, car cet abandon des objectifs maritimes commerciaux en Bretagne de la part du gouvernement va entraîner des lacunes irréparables dans les transports intérieurs bretons et dans les connexions de notre péninsule avec le reste de l’Europe. En effet, le trafic commercial devenant limité dans les ports bretons, il n’y a pas eu de développement du fret ferroviaire au cours du siècle dernier en Bretagne. Mais ce phénomène rejoint une autre caractéristique française, à savoir un retard criant dans le ferroutage dans tout l’Hexagone en comparaison de ses voisins européens.

Ports bretons Breizh EuropaAinsi, si l’on observe les trois grands axes de fret ferroviaire qui traversent l’Hexagone (sur les neuf au total qui irriguent l’Europe, les autres concernant principalement l’Italie, l’Allemagne, l’Europe Centrale, les Pays Scandinaves et la Pologne), on remarquera que la Bretagne reste cruellement à l’écart, à l’exception de Nantes-Saint-Nazaire (connexion efficiente depuis peu d’années). On notera en parallèle, à l’opposé, qu’un pays comme le Portugal, lui aussi périphérique, et pourtant bien plus éloigné de la Mégalopole Européenne que la Bretagne, a connecté tous ses grands ports au réseau de fret ferroviaire européen, à savoir les ports de Porto-Leixoes, Lisbonne et également Sines (le port de Sines est un port artificiel dont l’édification a commencé dans les années 1970 et qui est un aujourd’hui la porte d’accès principale du Portugal pour les conteneurs, le gaz naturel, le pétrole et ses dérivés). On remarquera également, dans ce réseau européen dédié au fret ferroviaire, que l’axe atlantique et l’axe bar freight corridor (méditerranéen) desservent la plupart des grands ports espagnols : Algesiras, Almeria, Valence, Alicante, Tarragone et Barcelone, et Bilbao.

Quand, pendant ce temps, sous gouvernance de la France, la Bretagne est restée définitivement à l’écart de ces axes de fret ferroviaire européen, en dehors du port de Nantes-Saint-Nazaire donc (quand le port du Havre est lui parfaitement connecté), et ce malgré la position idéalement avancée dans la mer de notre péninsule (la Northern Range, une des routes maritimes les plus importantes au monde passe à quelques encablures de la pointe Bretagne) et des sites maritimes idéaux. Malgré tous ses atouts donc, la Bretagne ne possède aucun port de marchandise d’importance européenne, ni connexion suffisante au réseau ferré européen… Rappelons pour mémoire que la Bretagne n’a pas réussi non plus à accueillir un chantier de déconstruction maritime.

Ports bretons Breizh Europa

Démantèlement du porte-avions Clémenceau

Car cette incurie de l’État français quant à l’équipement des ports bretons a été cruellement mise en lumière lors de l’épopée tragi-comique qui a précédé le démontage du porte-avion Clémenceau en 2009. Après une première phase de démolition à Toulon en 2004/2005, qui a donné lieu à une énorme escroquerie et des mises en examen en cascade, le bateau a été remorqué de Toulon à l’Inde, où il a été refusé à cause de la quantité astronomique d’amiante qu’il contenait. Le bateau a fini par revenir à Brest en 2008, là où il avait été construit, et dans l’attente d’une solution pour sa démolition. Le périple ayant déjà coûté une fortune au contribuable français, les autorités politiques centrales mais aussi brestoises, ont commencé à évoquer la création d’un chantier de déconstruction à la pointe bretonne, mais le projet d’importance est resté, comme souvent en Bretagne, lettre morte. Le Clémenceau s’est donc fait remorquer à nouveau pour aller se faire déconstruire par la société Able Ship Recycling sur la rivière Tees, en Grande-Bretagne, pays de la Royal Navy, des vainqueurs de Trafalgar, et des destructeurs du cuirassé Bretagne à Mers el-Kebir en 1940…
Au-delà du ridicule entourant toute l’opération et du grinçant clin d’œil historique, cet épisode illustre bien que cette république est incapable de veiller aux intérêts maritimes bretons.

Comment alors s’étonner de ce qui vient de se passer avec le fiasco breton sur le Brexit ? Et qu’ont pu faire les ministres bretons, dont certains poids lourds, les députés, les maires des grandes villes portuaires bretonnes, et surtout le président de Région ? Rien. Parce que Paris a décidé il y a bien longtemps que ses intérêts ne coïncidaient pas avec les intérêts du développement de la Bretagne. Ainsi tous nos élus, aussi capés soient-ils, sont totalement démunis face à un état de fait qui remonte à des politiques françaises anciennes, quand la seule solution valable serait de connecter les ports bretons au réseau ferré européen ; un investissement qui s’annonce colossal et que la France est bien incapable de faire. Elle n’en a jamais eu envie de toutes les manières.

Ports bretons Breizh Europa

 

Quid erat demonstratum ! Si on veut que la Bretagne ait un jour une chance de se développer intelligemment, en tenant compte de ses propres atouts, il ne faut plus laisser Paris décider pour nous. Il nous faut également renvoyer à ses chères études une classe politique bretonne inféodée à Paris, impuissante de fait, et qui n’a jamais pu ou voulu relever les défis d’importance pour notre pays.

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

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