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600 maires : y-avait-il un breton dans la salle ?

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Avr 042019
 

600 maires (900 selon les publications les plus patriotiques) ont écouté le Président de la République Française Emmanuel Macron s’exprimer à Saint-Brieuc hier, avant de lui poser des questions.

Photo Sputniknews

Le président a promis d’une nouvelle étape de la décentralisation, et évoqué le besoin de redéfinir le projet national et européen. C’est dit. Mais sans donner beaucoup de détails, ni préciser aucune piste. Il était cependant en terrain conquis. Conquis parce que l’assemblée, dans laquelle tout le monde s’était ceint de l’écharpe tricolore de rigueur, croit très fort aux valeurs républicaines hexagonales. Très bien. Et puis les questions sont venues de quelques-uns de ces édiles qui ont exprimé le fait qu’ils en avaient soupé des règlements tatillons, d’autres ont demandé qu’on leur fasse plus confiance, enfin les plus hardis ont plaidé pour que la région soit à même de tenter des expérimentations. Quel courage !

Enfin tout le monde est reparti content, conquis, après une Marseillaise reprise à pleine voix par le sulfureux Ferrand, qui était là aussi bien sûr.
On a donc assisté à une démonstration de force de l’esprit républicain français chez les maires de Bretagne. Ils respectent les institutions, mettent leur écharpe pour accueillir le président descendu de Paris exprès pour les voir, un président qui va repartir ensuite jusqu’à Rennes en convoi ultra protégé alors que tous les ponts enjambant la RN 12 sont sous contrôle la gendarmerie.
Ils croient très fort aux valeurs républicaines ces maires de Bretagne, mais connaissent-ils les valeurs démocratiques ? Ont-ils osé évoquer le référendum refusé en Loire-Atlantique malgré les 105 000 signatures d’habitants le réclamant au sujet de la réunification ? Non. Une demande de démocratie étouffée d’ailleurs par un certain Grosvalet, lui aussi prompt à porter l’écharpe tricolore.

Savent-ils ces maires, que dans les régions maritimes comparables à la Bretagne, le pouvoir local est considérablement plus puissant qu’en France, et que dans ces régions ou pays comparables, entre autres différences, le développement des énergies renouvelables, hydroliennes, éolien, méthanisation est incommensurablement plus développé que dans la région qu’ils contribuent à administrer ? Savent-ils que, dans ces régions, une partie importante du fruit des impôts ne repart pas vers le pouvoir central mais est gérée à même la région ? Quand eux continuent à mendier des subsides auprès de ce pouvoir hypertrophié.

Savent-ils que les valeurs républicaines, desquelles ils se réclament, ont forgé un pays où, entre autres multiples avanies, un certain Bernard Tapie peut braquer 400 millions à l’État avec l’aide d’un président de ladite république, de juges tout aussi républicains et d’une future présidente du FMI ?

Tentent-ils de nous faire croire, ces maires, qu’ils vont faire progresser la Bretagne et permettre à ses habitants de vivre mieux, dans ce cadre-là ?
600 maires : y-avait-il un Breton dans la salle ?

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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L’une des plus belles voix de Bretagne disparaît

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Mar 172019
 

C’est avec tristesse et émotion que les Conseillers de Breizh Europa réunis hier à Locminé ont appris le décès du chanteur bretonnant Yann-Fañch Kemener. Le Mouvement salue à la fois l’immense talent de l’artiste, sa voix aux accents magnifiquement telluriques ainsi que son incroyable travail de collecteur de contes, de chants. L’homme s’en est allé trop tôt alors même qu’il s’engageait avec courage dans la promotion de son dernier disque. Sa voix magnifiait la langue bretonne qu’il contribuait à faire vivre avec intensité et simplicité. Elle nous emmenait en Argoat respirer la terre et jusqu’en Penn-ar-bed humer l’écume des vagues. L’écouter, c’était assurément frissonner. On pouvait avoir jusqu’au sentiment de toucher à l’origine de son être, du monde, comme lors de l’écoute de son album bouleversant « Enez Euza ». En écoutant Kemener chanter, tout homme -qu’il soit Breton ou non- saisissait le sens de la phrase de Saint-Pol Roux « Bretagne est univers ».

Caroline Ollivro,

Porte-parole de Breizh Europa

 

 

Hommage à Yann-Fañch Kemener

Décédé le 16 mars 2019, à l’âge de 61 ans
Yann-Fañch était, sans surprise, un grand admirateur d’Armand Robin, cet intellectuel inclassable, brillant et polyglotte, né comme lui dans une famille très pauvre du Centre-Bretagne.
Armand Robin a écrit : « Ce Rostrenen prétend qu’il est mon pays natal, mieux, qu’il est sans conteste possible le seul endroit où toujours je fus, où toujours je suis, où toujours je serai, vif ou mort ». Le Rostrenen de Yann-Fañch s’appelait Sainte Tréphine. C’est là qu’il a vu le jour. C’est là qu’il a été totalement imprégné dès sa plus tendre enfance par le CHANT, ce mode de tradition orale absolument incontournable en Bretagne.

Le chant est non seulement une tradition, mais aussi et surtout un moyen de transmission. Il transmet de génération en génération, depuis des temps immémoriaux, le souvenir d’événements parfois très anciens au sein d’une population de paysans pauvres et illettrés.
Yann-Fañch a eu le grand mérite de remettre au goût du jour et de redonner ses lettres de noblesse aux gwerzioù, ces complaintes composées de couplets dont le nombre pouvait atteindre la centaine. Lors des veillées d’autrefois, tous les voisins venaient écouter les chanteurs chevronnés faire démonstration de leur art à une époque où la télévision, la radio et Internet n’existaient pas.
Encore de nos jours, on compose des gwerzioù pour exprimer les préoccupations quotidiennes comme le remembrement, la désertification des campagnes ou les résistances contre les directives du gouvernement français. Et bien sûr, on s’en régale lors de soirées communautaires.
Yann-Fañch a fait un énorme travail de collectage auprès des anciens et est devenu « un passeur de mémoire ». Son recueil « Carnets de Route » aux éditions Skol Vreizh (avec les CD accompagnant) en est la principale concrétisation.
En parallèle, il a également adoré donner du « plaisir à danser » lors des festoù-noz, ces fêtes de nuit, à la foule des danseurs grâce à la pratique du Kan-ha-Diskan, cet art si particulier de chant et déchant en couple, avec tuilage. Lors de ces réunions nocturnes, une véritable osmose se produit entre danseurs et chanteurs dans un va-et-vient d’énergie qui conduit à une transe collective.
Par ailleurs, Yann-Fañch a toujours su que sa passion du chant remontait à sa prime enfance bercée par la voix de sa maman. En conséquence il a signé « Dibedibedañchaou », un recueil de chants et contes pour enfants édité par Dastum, l’organisme de collectage et sauvegarde du patrimoine sonore et iconographique breton.
En plus d’être un chanteur incomparable doté d’une voix d’une grande pureté, Yann-Fañch était aussi un homme pourvu d’une extrême sensibilité alliée à une véritable gentillesse.
Il aimait profondément les gens et a fait montre de cet amour jusqu’à ses derniers instants puisque le 20 février, très affaibli par la maladie qui l’a emporté, il présentait en fauteuil roulant le tout dernier de ses CD, un recueil de poèmes chantés : « Roudennoù ».
En 1996, en introduction à ses « Carnets de route », Yann-Fañch souhaitait Bon Voyage « à toutes celles et à tous ceux qui me prêtent leurs yeux pour lire, leurs oreilles pour entendre et leur cœur pour comprendre ».
Même si son départ nous plonge dans une profonde tristesse et un grand désarroi, nous lui souhaitons à notre tour et du fond du cœur un Bon Voyage pour rejoindre le Paradis des Chanteurs.

Marie-Laure Callec

Conseillère Breizh Europa

Kenavo Yann-Fañch

Diaes eo asantiñ e vefe aet diouzhomp ken abred an hini en deus dudiet ha fromet ac’hanomp e-pad ouzhpenn daou-ugent vloaz gant ur vouezh eus ar c’haerañ.
Hag eñ her da zastumerien kanaouennoù pobl an XIX ved kantved ha da ganerien ha kanerezed pobl diwezhañ darempredet gantañ en e yaouankiz, en deus gouestlet e vuhez da dreuzkas al lodenn-se eus hor glad.
En ur choaz un hent disheñvel krenn deus hini an arzourien all e penn azginivelezh sonerezh Breizh er bloavezhioù 70, o krediñ kanañ a capella, eo deut a-benn da vrudañ ha da lakaat splann d’an holl braventez ha pinvidigezh un arz poblek sellet outañ betek-henn evel re zister, didalvoud ha tonket da steuziañ gant ar vrezhonegerien a-vihanik diwezhañ.
Kounet e vo gant a re o devo darempredet anezhañ pe selaouet anezhañ war al leurenn, er festoù-noz pe bet kentelioù digantañ evel un den jentil-tre, uvel, kizidik ha troet d’ar re all.
Ra vo skañv douar Breizh evidout

Hervé Masson,

ezel Kuzul Breizh Europa

 

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Fiasco breton autour du Brexit : comment s’en étonner ?

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Fév 262019
 

Ainsi la Bretagne est la grande laissée pour compte de la mise en place de nouvelles routes maritimes suite au Brexit. Les ports bretons étaient pourtant les escales continentales les plus proches de l’Irlande, mais comment s’étonner finalement d’une annonce aussi catastrophique pour notre économie locale ?

Comment s’étonner quand on regarde l’histoire maritime de la Bretagne, et l’Histoire tout court, ce qu’il convient de faire régulièrement pour bien comprendre ce qui se passe aujourd’hui, quand on réalise que depuis l’annexion de la Bretagne, Paris n’a eu de cesse de nous écarter des routes maritimes marchandes.
Ainsi, avant l’annexion, dans la Bretagne ducale, l’historien Jean-Christophe Cassard rappelle que : « la mer est bien redevenue leur chose tant par les emplois de marins qu’elle procure que par les profits multiples qu’elle génère dans le duché. Nombreux sont aussi les intermédiaires intéressés de près ou de loin à l’armement maritime en ces années. Tout cet argent gagné au large ne retourne pas à la mer, mais s’investit dans des placements en terres ou des constructions au goût du jour : une partie de la parure monumentale de la région, si appréciée aujourd’hui par les touristes, vient de là… »

Port bretons Breizh Europa

Port de Nantes au XVIIIème siècle

Plus tard, et jusqu’à la révolution, et malgré le colbertisme qui décide essentiellement des intérêts financiers de l’Hexagone en fonction des besoins de Paris, malgré surtout la militarisation des ports bretons par Vauban, entre autres, on évoque encore, sur le site de la Région Bretagne, un âge d’or maritime breton : « Du XVle au XVllle siècle, le lin et le chanvre sont cultivés en Bretagne pour leurs fibres utilisées principalement dans la fabrication de toiles. Leur transformation et leur commerce génèrent une activité économique intense. La Bretagne est alors l’une des premières provinces toilières françaises. Les toiles de chanvre qu’elle produit équipent une grande partie des marines européennes, ses toiles de lin sont exportées vers l’étranger. Cette activité toilière a des conséquences importantes sur le plan économique, démographique et artistique. »

Après la révolution, et l’hyper centralisation qui va en découler, la Bretagne perd cette fois toute maîtrise de son activité maritime. L’activité militaire, avec la proximité de l’Angleterre, va en effet devenir prioritaire, et le seul commerce au long cours sera celui effectué avec les colonies.
La Bretagne, dès lors gouvernée totalement depuis Paris, va surtout rater la marche de la révolution industrielle, car cet abandon des objectifs maritimes commerciaux en Bretagne de la part du gouvernement va entraîner des lacunes irréparables dans les transports intérieurs bretons et dans les connexions de notre péninsule avec le reste de l’Europe. En effet, le trafic commercial devenant limité dans les ports bretons, il n’y a pas eu de développement du fret ferroviaire au cours du siècle dernier en Bretagne. Mais ce phénomène rejoint une autre caractéristique française, à savoir un retard criant dans le ferroutage dans tout l’Hexagone en comparaison de ses voisins européens.

Ports bretons Breizh EuropaAinsi, si l’on observe les trois grands axes de fret ferroviaire qui traversent l’Hexagone (sur les neuf au total qui irriguent l’Europe, les autres concernant principalement l’Italie, l’Allemagne, l’Europe Centrale, les Pays Scandinaves et la Pologne), on remarquera que la Bretagne reste cruellement à l’écart, à l’exception de Nantes-Saint-Nazaire (connexion efficiente depuis peu d’années). On notera en parallèle, à l’opposé, qu’un pays comme le Portugal, lui aussi périphérique, et pourtant bien plus éloigné de la Mégalopole Européenne que la Bretagne, a connecté tous ses grands ports au réseau de fret ferroviaire européen, à savoir les ports de Porto-Leixoes, Lisbonne et également Sines (le port de Sines est un port artificiel dont l’édification a commencé dans les années 1970 et qui est un aujourd’hui la porte d’accès principale du Portugal pour les conteneurs, le gaz naturel, le pétrole et ses dérivés). On remarquera également, dans ce réseau européen dédié au fret ferroviaire, que l’axe atlantique et l’axe bar freight corridor (méditerranéen) desservent la plupart des grands ports espagnols : Algesiras, Almeria, Valence, Alicante, Tarragone et Barcelone, et Bilbao.

Quand, pendant ce temps, sous gouvernance de la France, la Bretagne est restée définitivement à l’écart de ces axes de fret ferroviaire européen, en dehors du port de Nantes-Saint-Nazaire donc (quand le port du Havre est lui parfaitement connecté), et ce malgré la position idéalement avancée dans la mer de notre péninsule (la Northern Range, une des routes maritimes les plus importantes au monde passe à quelques encablures de la pointe Bretagne) et des sites maritimes idéaux. Malgré tous ses atouts donc, la Bretagne ne possède aucun port de marchandise d’importance européenne, ni connexion suffisante au réseau ferré européen… Rappelons pour mémoire que la Bretagne n’a pas réussi non plus à accueillir un chantier de déconstruction maritime.

Ports bretons Breizh Europa

Démantèlement du porte-avions Clémenceau

Car cette incurie de l’État français quant à l’équipement des ports bretons a été cruellement mise en lumière lors de l’épopée tragi-comique qui a précédé le démontage du porte-avion Clémenceau en 2009. Après une première phase de démolition à Toulon en 2004/2005, qui a donné lieu à une énorme escroquerie et des mises en examen en cascade, le bateau a été remorqué de Toulon à l’Inde, où il a été refusé à cause de la quantité astronomique d’amiante qu’il contenait. Le bateau a fini par revenir à Brest en 2008, là où il avait été construit, et dans l’attente d’une solution pour sa démolition. Le périple ayant déjà coûté une fortune au contribuable français, les autorités politiques centrales mais aussi brestoises, ont commencé à évoquer la création d’un chantier de déconstruction à la pointe bretonne, mais le projet d’importance est resté, comme souvent en Bretagne, lettre morte. Le Clémenceau s’est donc fait remorquer à nouveau pour aller se faire déconstruire par la société Able Ship Recycling sur la rivière Tees, en Grande-Bretagne, pays de la Royal Navy, des vainqueurs de Trafalgar, et des destructeurs du cuirassé Bretagne à Mers el-Kebir en 1940…
Au-delà du ridicule entourant toute l’opération et du grinçant clin d’œil historique, cet épisode illustre bien que cette république est incapable de veiller aux intérêts maritimes bretons.

Comment alors s’étonner de ce qui vient de se passer avec le fiasco breton sur le Brexit ? Et qu’ont pu faire les ministres bretons, dont certains poids lourds, les députés, les maires des grandes villes portuaires bretonnes, et surtout le président de Région ? Rien. Parce que Paris a décidé il y a bien longtemps que ses intérêts ne coïncidaient pas avec les intérêts du développement de la Bretagne. Ainsi tous nos élus, aussi capés soient-ils, sont totalement démunis face à un état de fait qui remonte à des politiques françaises anciennes, quand la seule solution valable serait de connecter les ports bretons au réseau ferré européen ; un investissement qui s’annonce colossal et que la France est bien incapable de faire. Elle n’en a jamais eu envie de toutes les manières.

Ports bretons Breizh Europa

 

Quid erat demonstratum ! Si on veut que la Bretagne ait un jour une chance de se développer intelligemment, en tenant compte de ses propres atouts, il ne faut plus laisser Paris décider pour nous. Il nous faut également renvoyer à ses chères études une classe politique bretonne inféodée à Paris, impuissante de fait, et qui n’a jamais pu ou voulu relever les défis d’importance pour notre pays.

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

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Breizh Europa soutient les prisonniers politiques catalans

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Fév 132019
 

Aujourd’hui, s’ouvre à Madrid un procès que l’on croirait dater d’un autre temps. Malheureusement, c’est bien en ce mois de février 2019 que vont être jugés des représentants politiques élus et des responsables associatifs catalans, pour avoir voulu organiser un référendum. L’Histoire, la plus sombre, frappe à notre porte, et on se souviendra entre autres que la république catalane a été une première fois proclamée en 1934. Une jeune république qui fut matée dans le sang par l’armée espagnole, deux ans avant la guerre civile. Puis Franco, une fois au pouvoir, demanda aux Allemands, en 1940, d’arrêter le président de cette république éphémère, Llius Companys, qui s’était réfugié en Bretagne. Il fut fusillé à son retour.

Madrid Breizh Europa

Affiche du Cercle culturel catalan du Quebec

Aujourd’hui, le pire se rapproche, et des citoyens européens risquent de lourdes peines de prison pour avoir voulu organiser ce référendum en Catalogne, en ayant procédé de manière pacifique, sous les coups de matraque médiatisés de la Guardia Civil. Un référendum qui s’inscrivait pourtant dans le cadre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, un des fondements de la Charte des Nations Unies.

Pendant ce temps-là, en France, la plupart des média prennent le parti du déni de démocratie. Des média qui suivent ainsi le pouvoir dominant, un pouvoir qui les nourrit il est vrai de subventions généreuses.

Des média qui n’avaient, en leur temps, pas protesté contre la sécession du Kosovo de la Serbie, obtenue par les bombardements français et américains sur Belgrade en 1999. Deux poids, deux mesures ?

Triste jour en tous les cas, quand des personnes sont jugées pour avoir voulu défendre l’idée de démocratie. Triste jour car quelque soit la manière, à l’avenir, dont chaque peuple européen décidera de s’administrer, notre véritable, pays, notre chance, reste cette Europe, à ce jour imparfaitement construite. Une Europe qui doit se consolider en respectant chacune des communautés qui la compose.

Liberté pour les prisonniers politiques catalans !

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

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Financement des écoles Diwan: encore un effort !

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Fév 082019
 

Des députés de La République en Marche (LREM) vont proposer à l’Assemblée nationale que les écoles Diwan puissent bénéficier du forfait scolaire de toutes les communes d’origine de leurs élèves, et plus seulement de celui donné par la seule commune-siège.

Ecoles Diwan Breizh Europa

Carte des écoles Diwan

Ceci constitue une revendication historique du réseau Diwan, certaines écoles menant des campagnes systématiques de demande du forfait scolaire auprès de toutes les communes de résidence de leurs élèves. Campagnes la plupart du temps sans résultat, laissant les écoles Diwan dans l’insécurité financière chronique. Pourtant elles assurent le service public de l’enseignement du breton, car personne n’ignore que, sans Diwan, aucun enseignement en breton n’existerait à ce jour en Bretagne.

Breizh Europa félicite les députés à l’origine de cette proposition. Reste bien sûr à attendre le résultat final, car nous avons l’habitude devoir que bien des propositions de députés, mus par de bonnes intentions, finissent “lost in translation” dans les arcanes du pouvoir parisien.
L’occasion est offerte de suggérer une consolidation supplémentaire des écoles Diwan: confier aux nouvelles intercommunalités (les EPCI) la compétence de l’enseignement du breton, qui pourront alors contractualiser avec leur(s) école(s) Diwan pour les pérenniser sur les plan financier et foncier.
Cette étape enclencherait une responsabilisation des collectivités (certaines renâclent) et des administrations (là, c’est plus général) sur le plan de la formation des maîtres, de la visibilité du breton dans l’espace public et dans les médias.

Ces propositions font partie du Projet Enseignement-Education élaboré par Breizh Europa et visibles sur notre site.

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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Qu’attendre du grand débat national ?

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Jan 192019
 

Voilà donc que commence en grandes pompes le « grand débat national », annoncé par une lettre aux français envoyée par le Président, et poursuivi dans diverses villes moyennes, bouclées à double tour par la police, pour accueillir ce même Président. Des déploiements policiers dignes d’une visite de Trump au Mexique…

Grand débat national Breizh Europa

Photo Orange Actu

La première question qui se pose alors est de savoir si le président de la République se sent vraiment chez lui en parcourant cette France, dite « des territoires ». La deuxième interrogation porte sur la valeur « démocratique » d’un débat lancé de cette manière à la fois sécuritaire et incantatoire, quand le président se promet d’aligner autant de performances « physiques et intellectuelles » devant des parterres de maires ceints d’écharpes voyantes et tous adorateurs de l’Une et Indivisible République. Autant d’édiles porteurs d’interrogations et de grandes inquiétudes, mais tous prêts finalement à saluer les one man show d’un Emmanuel Macron si à l’aise devant des publics tirés, un Président dopé par l’envie d’éviter, à tout prix, la dissolution de l’assemblée.

En parallèle à ce succès annoncé d’un tour de France bien mieux contrôlé que ne l’est la grande boucle, les média officiels ont la permission soudain d’évoquer les violences policières -et nous ne minimisons pas les violences que les forces de l’ordre ont subies, violences que nous condamnons- visant quelques dizaines de gilets jaunes et passants éborgnés, parfois amputés, ou matraqués plus qu’il ne faudrait. Après des semaines de silence, les chaînes publiques et privées relatent enfin l’insupportable, l’inexplicable, mais d’aucuns tempèrent assez vite et voilà même que des experts sur écran nous expliquent que c’était ça ou des dizaines de policiers lynchés. Personne ne moufte trop devant ces théories un rien surréalistes, ainsi les serviteurs de l’autoproclamée république des Droits de l’Homme admettent que la stratégie de la police française est guidée par une sorte de loi du talion immanente, et ces experts de conclure que ces tirs mortifères sont avant tout dissuasifs.

Grand débat national Breizh EuropaPersonne ne rit dans les chaumières devant tant d’absurdité, mais voilà que le défenseur des droits de l’homme invite désormais à interdire certaines de ces armes le temps des manifestations. Un Jacques Toubon qu’on a connu plus sécuritaire et punchy dans un autre siècle, mais dont la parole ne porte plus aussi loin depuis qu’on a appris qu’il émargeait à 30 000 € par mois.
Une autre de ses collègues haut fonctionnaires, Chantal Jouano, directrice du CNDP (Commissions Nationale du Débat Public), avait elleGrand débat national Breizh Europa décidé de faire l’impasse sur ce débat, après que le peuple, jaloux sûrement, a appris qu’elle émargeait à 17 000 € par mois, à la tête d’un de ces organismes dont la République raffole, et don l’utilité reste mystérieuse. Il a fallu tout de même les réactions d’un grand nombre de citoyens pour que «là-haut» on comprenne le sens du mot « indécence ».
Pour que la vaste arnaque que révèle cet organigramme républicain doré sur tranche ne saute pas trop aux yeux, une autre ligne de défense, plus idéologique, avait été mise en place. Cette opération, ayant débuté sur les plateaux télé dès les premiers jours de la jacquerie, était menée par des dizaines de politiques et de journalistes, et même des experts en criminalité, qui posèrent un premier verdict sur les gilets jaunes : « ces gens-là », comme disait Brel, ces porteurs de gilets, à défaut de valises, ces encombrants de ronds points aux propos confus, ces ignorants des corps intermédiaires, ne sont rien moins que des ennemis de la démocratie représentative. Pire encore : ils n’aiment pas la République.
Les conclusions de ces sages, spécialistes également en bonnes tables parisiennes, se sont affinée au moment où commence le grand déballage national, ainsi livrent-ils leurs conclusions définitives sur le mouvement qui a mis le pays sans dessus dessous. Ils ont maintenant le recul nécessaire, ont étudié les algorithmes de Facebook qui ont permis à la mayonnaise de prendre, et ont repéré les mots d’ordre subliminaux. Leur verdict est sans appel : les gilets jaunes sont d’extrême-droite.

Comment nous, observateurs non avertis, installés dans une province périphérique, pouvons-nous nous y retrouver ? Quand des manifestants estampillés d’extrême droite sont blessés, souvent gravement, par des policiers qui eux défendraient la république et par la même la démocratie.
N’assiste-t-on pas, impuissants, à une terrifiante perte de sens au cœur même de la République ? N’apercevons-nous pas, là au loin, la fin d’un monde bien moins prometteuse que notre fier Penn-ar-bed ? Faut-il se préparer à reconstruire, mais sur quelles bases ? À combattre, à fuir ?
Vu d’ici en tout cas, de Bretagne, où les gilets jaunes portent souvent haut le drapeau noir et blanc, sans que les journalistes ne commentent cette originalité et où, en dehors de Nantes, il y a eu pour l’instant un peu moins de blessés ou de casse qu’ailleurs, on se souvient d’abord que république et démocratie ne font pas toujours bon ménage, dans le monde et dans l’Histoire, et qu’une explication de texte sur le sens de ces mots serait évidemment nécessaire. Galvauder les mots « république » et « démocratie », les user à tout va devient tout bonnement insupportable. Surtout quand on sait, qu’en l’absence de proportionnelle, et avec l’abstention record qui règne dans l’Hexagone, le soi-disant raz-de-marée LREM à l’assemblée n’a été porté que par 20% de la population en âge de voter.

Grand débat national Breizh EuropaPuis une analogie vient à l’esprit : cette république-là est née, en son temps, de la révolte d’un peuple qui avait faim et ne supportait plus les privilèges d’une minorité, la noblesse et le clergé d’avant 1789. Cette république-là a été enfantée dans la douleur quand les leaders de ce peuple en colère se raccourcissaient en série, avant que leurs armées n’aillent massacrer les opposants aux idées nouvelles, à Nantes et ailleurs.
Une grande différence apparaît cependant entre gilets jaunes et sans-culottes puisque ces derniers étaient conduits par une bourgeoisie en mal de privilèges, alors qu’aujourd’hui la grande bourgeoisie dirige pleinement la République, ayant au passage investi les palais et domaines des nobles.

Soyons-en sûrs, cette caste tricolorisée fera tout pour empêcher les gilets jaunes, les bonnets rouges, les petites mains et les sans-dents, et leurs sympathisants, de remettre le système en question.
Car ce grand débat national est au fond l’épilogue de 1789/1792 (la fin réelle de la monarchie et la naissance de la république en septembre). Un moment où l’on réalise enfin, à chaud, que cette France née autrefois dans la violence, n’est pas une véritable nation, mais plutôt le plus petit dénominateur commun d’intérêts particuliers particulièrement bien préservés, et bien organisés.

Et s’il fallait vraiment tout reprendre à zéro ?

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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