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La Bretagne endeuillée

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Jan 122019
 
Patrick Malrieu Breizh Europa

Photo Ronan Larvor

Il est toujours très triste et brutal d’apprendre une disparition et ça l’est encore davantage lorsqu’il s’agit d’un militant tel que Patrick Malrieu. Celui-ci a passé une grande partie de sa vie à donner de son temps et de son énergie à la Bretagne, sa culture, son territoire. Toutes nos pensées vont à ses proches et bien au-delà, car c’est beaucoup de Bretons qui sont aujourd’hui endeuillés.
Cet homme à responsabilités- fondateur de Dastum, Président du Conseil Culturel de Bretagne, puis de l’Institut Culturel- n’en était pas moins un homme de terrain, toujours à l’écoute.
Nous ne pouvons nous empêcher aujourd’hui d’avoir également une pensée pour tous ceux qui, comme Patrick Malrieu, ont tant fait pour la Bretagne et notamment cette réunification qu’ils n’auront pas connue. Et cela rajoute à notre peine ! Patrick Malrieu, tout comme Joseph Martray, Yvonnig Gicquel, Bernard Le Nail et beaucoup d’autres, vous allez manquer à la Bretagne. Lorsque le pays connaîtra des jours meilleurs, nous nous souviendrons d’autant mieux de vous.

Kenavo !

Caroline Ollivro

Porte-parole de Breizh Europa

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Réunification: l’État écarte la démocratie et choisit le rapport de force

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Déc 222018
 

Jacqueline Gouraud

L’État a dit non. Il n’y aura pas de référendum sur la réunification de la Bretagne. Jacqueline Gourault, la ministre de la Cohésion des territoires, a répondu au sénateur écologiste Ronan Dantec et elle ferme la porte à cette option défendue par les élus départementaux de Loire-Atlantique.
Mais le déni de démocratie avait déjà été planifié par Philippe Grosvalet, Président du CD du 44, puisque dans cette enceinte- là, et contrairement au vœu voté par cette assemblée en 2001, on ne voulait pas donner la parole au peuple du département. Et ce malgré la pétition des 100 000. Option pourtant clairement définie dans la loi Notre, loi de la République Française.

Mais, en République Française, ses serviteurs se soucient de leur parole, de leurs vœux et de ses lois comme d’une guigne. Ce qui compte c’est qu’il n’y ait pas d’opposition au pouvoir central parisien et à ses relais locaux (corps préfectoraux, hauts-fonctionnaires divers et variés, élus zélés pétris de la religion de l’Une et de l’Indivisibilité, et surtout adeptes de l’immobilisme sanctifié).
Et voilà d’ailleurs que montent au créneau les maires de Rennes et Nantes, jacobines pur sucre, Nathalie Appéré et Johanna Rolland, pour se demander ingénument pourquoi il serait besoin de réunifier puisque les villes coopèrent déjà. Ah, vraiment ? Merci Mesdames, mais quid alors d’une liaison ferroviaire digne de ce nom entre les deux villes par exemple ? Il faudra attendre le XXIIème siècle sans doute…
Ces gens-là ne réfléchissent pas, ne comparent pas. Ils ne connaissent pas l’Histoire de l’Europe, se contentant du roman national étriqué et révisionniste français : une Histoire inventée par Paris et qui leur fait dire « ne touchons à rien tant que ça tient à peu près…. ». Et tant qu’ils reçoivent leurs émoluments.

Ils n’ont pas appris qu’ultra centralisme et démocratie font rarement bon ménage quand, par exemple, au sortir du franquisme, la toute puissante Madrid a dû rendre une partie du pouvoir aux régions, quand l’Italie, après une dictature féroce et centrée sur Rome a, après avoir plébiscité la seconde République le 2 juin 1946, mis en place là aussi un pouvoir de nature fédérale. Et se souviennent-ils qu’avant de devenir fédérale, l’Allemagne avait centralisé le pouvoir à Berlin, dans un régime de sinistre mémoire, après que la République de Weimar avait elle aussi donné plus de pouvoir à ses territoires.

Conseil départemental de Loire Atlantique

Oh, voici le point Godwin passé : on entend déjà les cris d’orfraie de ces fiers jacobins, pétris de « valeurs républicaines ». Eux, anti-démocrates ? Vous n’y pensez pas tout de même ! Eh bien si ! Preuve en est encore faite avec le refus d’organiser ce référendum en 44, sans compter ces 30 élus du Conseil Départemental qui ont voté contre la réunification, sans consulter le peuple donc.
Mais parlons-en des valeurs républicaines, dans ce régime où des condamnés en cols blancs peuvent encore siéger dans des assemblées ou des mairies, tels Balkany ici, ou Dassault là, qui siégeait encore au Conseil Départemental de l’Essonne (encore une belle preuve de probité de ce type d’assemblée) avant sa mort et alors qu’il venait d’être lourdement condamné pour évasion fiscale. Citons encore les Cahuzac et les Guéant, eux aussi pris la main profondément enfouie dans le sac d’argent public, bien qu’ils occupaient les plus hautes fonctions dans cette République Française, et qui n’iront jamais en prison… Sans parler de ceux qui mettront des décennies à être inquiétés, dans des dossiers pourtant sulfureux tels le financement d’une campagne présidentielle par un dictateur nord-Africain, ou encore l’attentat de Karachi. La justice française est en effet patiente et clémente avec les membres de la noblesse d’État, mais beaucoup plus dure avec le citoyen de base. Dans ce pays, il est clair que, face au juge, il vaut mieux être col blanc que gilet jaune.

On nous rebat donc les oreilles avec les valeurs républicaines, mais elles sont ainsi piétinées tous les jours par ceux-là même qui sont supposés les protéger. Car au fond cette République n’est qu’un leurre, un État plutôt qu’une nation. Cette soi-disant nation française n’est de fait qu’une construction intellectuelle, un fantasme entretenu par une noblesse d’État qui se reproduit en circuit fermé, depuis deux siècles et qui a pour siège Paris. Une oligarchie qui sait donner des gages sonnants et trébuchants à ses affidés dans les grandes métropoles, les provinces, les territoires… Pourtant, à force de bien nourrir le premier cercle : hauts-fonctionnaires, Préfets et autres arrivistes politiciens, à force d’incohérences, de projets mal ficelés et de dénis démocratiques, les caisses sont bientôt vides… Que va-t-il advenir ?

Alexandre Jardin

Même à Paris, quelques esprits critiques (ils sont si rares qu’il faut les citer) s’inquiètent : ainsi Alexandre Jardin, la semaine dernière dans Le Point , annonce, à propos du système jacobin : « Comment penser une seconde que ce système marche encore ? Ce système ne marche plus. Connaissez-vous des profs satisfaits ? Des médecins satisfaits ? Cette grogne n’est pas l’expression d’une humeur ; les gens ont bien compris que le système avait tout asphyxié. Ils voient bien que nos voisins européens sont prospères, qu’ils n’ont pas autant de chômage, autant d’échecs scolaires… En vérité, l’État jacobin se meurt, il y aura d’autres convulsions violentes… Macron a nommé des mini-Colbert à tous les étages. Il faut passer la main aux territoires, rapprocher les prises de décision de ceux qui les subissent. Mais la technocratie déteste faire confiance. Aujourd’hui, l’État bloque les initiatives à peu près partout. » Quand Michel Onfray prétend lui que si les citoyens de cette république votent de moins en moins, c’est parce que tous les candidats, de l’extrême gauche à l’extrême droite, appartiennent au même parti : le parti jacobin. Ils ne connaissent pas l’Europe, les 30 nonistes du CG 44, mais lisent-ils au moins ?

On en doute, parce que, comme la plupart des élus de la République Française, ils n’ont pas non plus retenu que les pays soudés par leur histoire et leur culture réelle, réussissent bien mieux que les ensembles frappés du sceau de la technocratie comme la France. Ainsi Danemark, Suède, Pays-Bas, Irlande, Autriche ou Finlande ont un PIB nominal par habitant supérieur à celui de la France : un chiffre qui indique bien mieux la santé réelle économique d’un pays et la bonne répartition de ses richesses que l’abstrait PIB global, qui ne tient pas compte des conditions de vie réelle des habitants. Ces « petits pays » réussissent également beaucoup mieux, comme le souligne Alexandre Jardin, en termes de résultats scolaires ou d’accès au soin, sans parler de liberté de la presse ou de lutte contre la corruption, quand la fameuse République des Droits de l’Homme ne cesse de dégringoler dans tous les classements.
Savent-ils, ces trente glorieux élus du CD 44, qui ont voté contre la réunification et qui parlent de taille critique des régions, sans connaître là non plus la réalité européenne, que la Bretagne réunifiée a une superficie supérieure à celle de la Belgique, et comparable à celle du Danemark continental. Supérieure ou proche de celle de nombreux états constitutifs de l’Union Européenne. Ils n’en savent rien, ou peut-être est-ce cela qui les inquiète ?
Oui, cela les inquiète de savoir qu’une Bretagne réunifiée pourrait faire jouer en son sein des solidarités naturelles qu’un pays comme la France ne connaît pas. Et ce ne sont pas les braillements, vite éteints, des supporters de telle ou telle équipe, bigarrés le temps d’un soir, qui y changeront quelque chose. Car il faut aller au fond des choses, et ne plus s’inscrire uniquement dans le temps des quatre chaînes d’info en continu, dont les analyses et reportages sont tous déversés de Paris. Il faut se souvenir que la Bretagne a 1500 ans d’Histoire derrière elle, qu’elle compte aujourd’hui des pionniers dans de nombreux domaines, de belles réussites, des possibilités immenses mais inexploitées quant aux énergies renouvelables et une diaspora soudée et dynamique. Elle a donc un bel avenir si on lui lâche un peu la bride.

Conseil régional de Bretagne

Mais surtout, puisqu’ils ont, ces 30-là, cette manière de voir les choses qui est si différente de celle que nous ressentons nous, dans toute la Bretagne historique et la diaspora, et puisqu’ils empêchent les Bretonnes et les Bretons de s’exprimer sur un sujet fondamental pour l’avenir de la Bretagne : que faut-il faire ?
Les députés et sénateurs bretons pro réunification, le Conseil Régional de Bretagne et son énième vœu pro réunification, vœu qui vient d’être émis également par le CD 29, vont-ils se prendre la main et trouver suffisamment de collègues pour les suivre (Corses, Alsaciens, Basques, Vendéens, Catalans, Savoyards, Normands, Flamands…), et imaginer, enfin, rendre le pouvoir aux territoires ? Et permettre aux habitants de ces « territoires » de décider du contour de leur région ? Auront-ils la force d’un CELIB en son temps pour se faire entendre ? Un CELIB auquel on doit entre autres choses des routes gratuites en Bretagne administrative. Ah oui, parce qu’en République Française, contrairement, là encore, à la majorité des pays européens, les autoroutes sont payantes pour le citoyen, car elles ont été offertes par les dirigeants à d’autres membres de la noblesse d’État. De grands entrepreneurs qui ont fréquenté les mêmes écoles que ces dirigeants politiques, qui ont prêté un avion ou un bateau à l’occasion de vacances à nos “princes républicains”, ou encore qui passent le soir donner des conseils au Palais. Entre nobles d’État, il faut bien s’entraider…

On doute cependant que nos élus pro réunification auront ce courage, certains d’entre eux rêvant secrètement de rejoindre les cénacles parisiens un jour ou l’autre, tel François de Rugy, ré-unificateur sur les territoires et amnésique et pleutre une fois dans la place forte. Alors on se désespère. Et puis on se souvient que la République a baissé pavillon devant des bonnets rouges remontés au moment de la si approximative et mal ficelée écotaxe, que cette même république est revenue en arrière face aux gilets jaunes, après que ceux-ci s’en soient pris à des emblèmes « nationaux » et aient surtout osé s’approcher du Palais.
Face à une pseudo démocratie qui ne comprend que le rapport de force, parfois violent, faudra-t-il casser quelque chose pour être entendus au sujet de cette réunification ? Peut-être que les 30 vassaux du 44 ont une idée sur la question. On attend leurs suggestions, et on les assure que, nous non plus, nous ne lâcherons rien.

Hervé Devallan

Responsable Breizh Europa  Île-de-France

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La réunification de la Bretagne dans le fatras hexagonal

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Déc 182018
 

Lundi 17 décembre, le Conseil départemental de Loire-Atlantique a voté contre le rattachement à la région Bretagne mais pour l’organisation d’un référendum. Le premier vote contredit le vœu départemental de 2001, et le second avait été tranquillement dévoilé vendredi dernier, quand Monsieur Grosvalet avait rendu public son appel au secours au président de la République.

Outre que le premier vote nous renseigne sur la valeur des vœux des assemblées, valeur égale donc à zéro, cela révèle qu’aucune procédure n’est définie dans la loi quand se pose la question d’un changement de région. C’est assez ironique dans un pays qui croule sous les lois, les décrets et les règlements et où, par ailleurs, une majorité de maires avoue ne plus savoir gérer une commune dans la légalité ! Ainsi devant ce fatras, on fait appel au grand Sachem perché en haut de la pyramide. Embouteillage assuré au Secrétariat général de l’Elysée !

Revenons-en à notre sujet: la réunification est une volonté démocratique bretonne que l’appareil politique français empêche en permanence. Depuis lundi, nos si éclairés dirigeants cherchent à savoir qui doit décider, mais surtout quand et comment on va s’y prendre pour noyer le poisson.
Alors, qui va décider ? Les assemblées territoriales ? Le président de la république ? L’assemblée nationale ? Les habitants ? Lesquels ? Ceux de la Loire-Atlantique seuls ? Ceux de la région Bretagne ? Ceux des Pays de la Loire ? Dans quel ordre ? Selon quelle modalités ? Après la consultation sur Notre-Dame des Landes, c’est compliqué, il faut se mettre un instant à la place des élus socialistes … Le quand et le comment, c’est avant ou après mars 2019 ? Date légale pour quoi ? Saisie de la question, ou de son règlement ? Ils l’ignorent, ils n’avaient pas prévu ça, M. Grosvalet avouant aujourd’hui que cette loi est inapplicable. On aurait apprécié autant de clairvoyance en 2014. Ça devient vraiment difficile de leur faire confiance, seul Ouest-France y croit encore.

Au delà du fiasco juridique, le scénario qui s’écrit amènerait à organiser une consultation sur l’ensemble des 2 régions, Bretagne et Pays de la Loire. D’abord, la question posée pourrait être tordue à souhait : voulez-vous que la Loire-Atlantique rejoigne la région Bretagne ou ne préférez-vous pas finalement la fusion des 2 régions dans un Grand Ouest (peuplé de ouistitis) ?
Ensuite, il faudrait consulter les habitants de la Mayenne, de la Sarthe, du Maine-et-Loire et de la Vendée, car le départ de la Loire-Atlantique impacterait leur quotidien. C’est vrai mais, à ce compte-là, comme il est probable que ces 4 départements rejoindraient la région Centre ou la région Aquitaine, pourquoi se limiter ? Interrogeons tout le monde, des Pyrénées-Atlantiques au Loiret !

Photo Bretagne Info

Demander aux 4 autres départements la permission que la Loire-Atlantique rejoigne la région Bretagne, c’est comme demander la permission à son conjoint de divorcer de lui. Ça n’a aucun sens, si ce n’est de continuer dans les inepties qui nous ont glorieusement conduit là.

105 000 électeurs de Loire-Atlantique veulent un référendum pour choisi leur avenir, c’est clair et net, les élus vont-ils comprendre que le temps des entourloupes est terminé, surtout par les temps qui courent ?

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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Appel à manifester samedi à Rennes pour la réunification

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Déc 042018
 

Le très grand succès de la pétition déposée au Conseil Départemental du 44 pose énormément de questions, et les réponses sont dans les mains de ce fidèle serviteur de l’État central qu’est Philippe Grosvalet.

 

 

Les questions sont les suivantes :

la République Française est-elle une véritable démocratie ?

Y-a-t-il une volonté affirmée, en « haut-lieu », que la Bretagne ne se réunifie jamais ?

Le pouvoir central va-t-il continuer à mépriser les envies légitimes des territoires de mieux prendre leur destin en main, comme ils peuvent déjà le faire dans les démocraties européennes ?

Cette noblesse d’État qui nous dirige a-t-elle d’autres aspirations que le maintien de ses privilèges ?

Attendons de voir les réponses apportées par les Conseillers Départementaux du 44, car le combat sur le plan administratif n’est sûrement pas terminé. Mais l’association Bretagne Réunie a du répondant et de l’expérience, il faudra donc la soutenir au maximum dans les mois à venir.

Mais n’attendons pas pour manifester samedi à Rennes pour la réunification, car le combat pour cette juste cause devra se mener sur tous les fronts.

Frank Darcel

Président de Breizh Europa                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

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Moins d’État et plus de libertés, en Bretagne et ailleurs !

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Déc 032018
 

Après 3 semaines de manifestations et deux jours d’émeutes, on se demande comment les choses vont désormais évoluer en France, si Emmanuel Macron va pouvoir remettre le pays sur les bons rails, et nous éviter un scénario populiste en 2022. Sera-t-il capable de libérer le pays de son problème, c’est-à-dire de cet Etat confiscatoire, attentatoire aux libertés, et de moins en moins performant ? Sera-t-il enfin capable de faire converger la France avec l’Allemagne plutôt qu’avec l’Italie ? Capable d’être l’interlocuteur sérieux que les Allemands attendent pour faire avancer l’Europe, au-delà des beaux discours ?

Manifestations Breizh Europa

18 mois plus tard et 30% du quinquennat passés, les choses sont vraiment mal engagées. Le président Macron a bien réussi quelques réformes mais la plus importante d’entre elles, la réforme de l’État -c’est à dire sa place, sa taille, ses missions -n’a même pas été engagée. L’Etat n’échappe plus seulement aux citoyens, il échappe aux élus. L’État français géré par ses énarques, bien que dépensant 56% des richesses produites dans le pays (record d’Europe, 13% de plus que l’Allemagne) vit à crédit depuis le 8 novembre. Poursuivant sa course folle, il a besoin de toujours plus de financements sans offrir de contreparties correctes. C’est une spoliation, une arnaque qui saute désormais aux yeux de 80% des Français. Même appauvris, ils ne sont pas bêtes, ils entendent les comparaisons internationales qui placent leur pays au fond des classements dans (presque) tous les domaines.

manifestations Breizh Europa

Photo Bretagne actuelle

2019 sera encore plus difficile, Emmanuel Macron le sait, il est dans l’obligation de matraquer encore plus les classes moyennes et populaires (les autres parvenant à y échapper) pour garder la confiance des marchés qui lui prêtent de quoi boucler ses fins de mois. C’est là qu’arrive le mensonge fiscal écologique, qui est un prétexte à taxer encore avant d’être opportunément une culpabilisation morale. Bercy connait la vérité: la consommation de carburants en France en baisse  engendre une baisse des recettes fiscales. Donc pour maintenir le même niveau, il faut augmenter les taxes. CQFD.

Le gouvernement se moque de l’écologie comme de l’an quarante, car seuls 20% de la prochaine taxe y seront consacrés. L’an dernier il annonçait la fermeture de lignes ferroviaires, maintenant, il veut offrir une compensation pour certains automobilistes (encore du diesel, encore des dépenses, encore des formulaires…). Last but not least, en pleine promotion de la voiture électrique, il annonce + 4% sur les factures d’électricité au 1er février ! Écœuré, Hulot a démissionné le 28 août.

Les Gilets Jaunes sont le symbole de cette prise de conscience. Ce sont des citoyens qui demandent simplement à leurs élus où passe enfin ce « pognon de dingue » (1040 milliards d’euros), qu’ils voient partir sans vraiment revenir, et pourquoi la volonté populaire n’est jamais respectée, comme on le voir par ailleurs avec la conduite de Philippe Grosvalet face à la pétition de Bretagne Réunie. Les Gilets Jaunes disent STOP aux mensonges permanents et à la privation des libertés. Ils veulent redéfinir le pacte social: un État au service de la société, et non l’inverse.

Manifestations Breizh Europa

Photo RFI

Nous, autonomistes bretons, les soutenons dans la dénonciation de cette supercherie, et devons les convaincre avec un projet politique qui offre une perspective à la crise. Notre devoir est de leur expliquer qu’une bonne gestion publique passe par moins de pouvoirs à Paris et plus en Bretagne. Les Gilets Jaunes annoncent le début de la fin du système, à nous d’offrir une perspective démocratique, moderne et écologique, comme ailleurs en Europe. Une fenêtre de tir s’est ouverte à nous, elle va durer, à nous d’en profiter.

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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L’affaire du prénom du petit Fañch 

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Nov 232018
 

Voici donc l’affaire du prénom du petit Fañch relancée par le parquet, qui se pourvoit en cassation après la décision de la cour d’appel de Rennes de valider finalement le tilde, à la suite de mois de tergiversations juridiques.

Tilde Breizh Europa

Il faut avouer que pour la plupart des Bretons, c’est l’incompréhension la plus totale, surtout quand on sait, entre autres, que le secrétaire d’État à l’intérieur Laurent Nuñez tient lui beaucoup à son tilde et que sur Paris, cela ne dérange personne.
De deux choses l’une, soit cette relance du parquet est une plaisanterie, une sorte de défi potache lancé par des juges qui s’ennuient, ou alors certains ont décidé de détruire, jusqu’à l’obsession, toute trace de Bretagne dans nos contrées.

En tout cas, en fonction de la décision de la cour de cassation, l’affaire finira probablement devant des instances juridiques européennes. Tout ça pour un tilde ? Il est vraiment regrettable que sur Paris il n’y ait plus un Montesquieu en activité : imaginez les fulgurantes lettres persanes qu’il pourrait écrire !
Ainsi, pendant que des juges combattent vaillamment le tilde : les Balkany sont toujours en poste. L’affaire de l’attentat de Karachi de 2002 et des rétro-commissions vers Paris est toujours au point mort. Mais encore, contrairement aux gradés belges, l’armée française n’a jamais été entendue en ce qui concerne le génocide rwandais de 1994. Nicolas Bismuth Sarkozy, lui, n’a pas encore écopé de la moindre peine. Dominique de Villepin s’en est tiré avec les honneurs dans l’affaire Clearstream. Christine Lagarde, partie prenante dans l’affaire Tapie, règne au FMI. Alexandre Benalla a pu escamoter un coffre-fort avant perquisition.

Tilde Breizh Europa       Tilde Breizh Europa       Tilde Breizh Europa       Tilde Breizh Europa       Tilde Breizh Europa

Pendant ce temps, Carlos Ghosn a été mis au frais au Japon. Au Portugal, l’ex premier ministre José Socrates a fait 9 mois de prison ferme, et ses ennuis ne sont pas terminés. Dans certains pays du nord de l’Europe, on peut perdre sa fonction élective pour avoir fait le plein d’essence avec une carte bancaire non appropriée. Même Berlusconi a eu droit à un bracelet électronique en Italie. Rappelons que tous ces pays par ailleurs ont signé et ratifié la Charte des langues minoritaires, et acceptent donc tous les tildes possibles et imaginables. Cela laisse probablement plus de temps aux juges pour travailler sérieusement.

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La justice française est quant à elle classée par le CEPEJ*, en 2015 (et cela ne s’est pas amélioré depuis), au 37 ème rang sur 43 des justices européennes en termes de moyen et d’efficacité. Visiblement, ce n’est pas qu’une question de moyens financiers.

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

* CEPEJ : organisme de contrôle de justice européen

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