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Breizh Europa soutient les prisonniers politiques catalans

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Fév 132019
 

Aujourd’hui, s’ouvre à Madrid un procès que l’on croirait dater d’un autre temps. Malheureusement, c’est bien en ce mois de février 2019 que vont être jugés des représentants politiques élus et des responsables associatifs catalans, pour avoir voulu organiser un référendum. L’Histoire, la plus sombre, frappe à notre porte, et on se souviendra entre autres que la république catalane a été une première fois proclamée en 1934. Une jeune république qui fut matée dans le sang par l’armée espagnole, deux ans avant la guerre civile. Puis Franco, une fois au pouvoir, demanda aux Allemands, en 1940, d’arrêter le président de cette république éphémère, Llius Companys, qui s’était réfugié en Bretagne. Il fut fusillé à son retour.

Madrid Breizh Europa

Affiche du Cercle culturel catalan du Quebec

Aujourd’hui, le pire se rapproche, et des citoyens européens risquent de lourdes peines de prison pour avoir voulu organiser ce référendum en Catalogne, en ayant procédé de manière pacifique, sous les coups de matraque médiatisés de la Guardia Civil. Un référendum qui s’inscrivait pourtant dans le cadre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, un des fondements de la Charte des Nations Unies.

Pendant ce temps-là, en France, la plupart des média prennent le parti du déni de démocratie. Des média qui suivent ainsi le pouvoir dominant, un pouvoir qui les nourrit il est vrai de subventions généreuses.

Des média qui n’avaient, en leur temps, pas protesté contre la sécession du Kosovo de la Serbie, obtenue par les bombardements français et américains sur Belgrade en 1999. Deux poids, deux mesures ?

Triste jour en tous les cas, quand des personnes sont jugées pour avoir voulu défendre l’idée de démocratie. Triste jour car quelque soit la manière, à l’avenir, dont chaque peuple européen décidera de s’administrer, notre véritable, pays, notre chance, reste cette Europe, à ce jour imparfaitement construite. Une Europe qui doit se consolider en respectant chacune des communautés qui la compose.

Liberté pour les prisonniers politiques catalans !

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

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Financement des écoles Diwan: encore un effort !

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Fév 082019
 

Des députés de La République en Marche (LREM) vont proposer à l’Assemblée nationale que les écoles Diwan puissent bénéficier du forfait scolaire de toutes les communes d’origine de leurs élèves, et plus seulement de celui donné par la seule commune-siège.

Ecoles Diwan Breizh Europa

Carte des écoles Diwan

Ceci constitue une revendication historique du réseau Diwan, certaines écoles menant des campagnes systématiques de demande du forfait scolaire auprès de toutes les communes de résidence de leurs élèves. Campagnes la plupart du temps sans résultat, laissant les écoles Diwan dans l’insécurité financière chronique. Pourtant elles assurent le service public de l’enseignement du breton, car personne n’ignore que, sans Diwan, aucun enseignement en breton n’existerait à ce jour en Bretagne.

Breizh Europa félicite les députés à l’origine de cette proposition. Reste bien sûr à attendre le résultat final, car nous avons l’habitude devoir que bien des propositions de députés, mus par de bonnes intentions, finissent “lost in translation” dans les arcanes du pouvoir parisien.
L’occasion est offerte de suggérer une consolidation supplémentaire des écoles Diwan: confier aux nouvelles intercommunalités (les EPCI) la compétence de l’enseignement du breton, qui pourront alors contractualiser avec leur(s) école(s) Diwan pour les pérenniser sur les plan financier et foncier.
Cette étape enclencherait une responsabilisation des collectivités (certaines renâclent) et des administrations (là, c’est plus général) sur le plan de la formation des maîtres, de la visibilité du breton dans l’espace public et dans les médias.

Ces propositions font partie du Projet Enseignement-Education élaboré par Breizh Europa et visibles sur notre site.

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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Qu’attendre du grand débat national ?

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Jan 192019
 

Voilà donc que commence en grandes pompes le « grand débat national », annoncé par une lettre aux français envoyée par le Président, et poursuivi dans diverses villes moyennes, bouclées à double tour par la police, pour accueillir ce même Président. Des déploiements policiers dignes d’une visite de Trump au Mexique…

Grand débat national Breizh Europa

Photo Orange Actu

La première question qui se pose alors est de savoir si le président de la République se sent vraiment chez lui en parcourant cette France, dite « des territoires ». La deuxième interrogation porte sur la valeur « démocratique » d’un débat lancé de cette manière à la fois sécuritaire et incantatoire, quand le président se promet d’aligner autant de performances « physiques et intellectuelles » devant des parterres de maires ceints d’écharpes voyantes et tous adorateurs de l’Une et Indivisible République. Autant d’édiles porteurs d’interrogations et de grandes inquiétudes, mais tous prêts finalement à saluer les one man show d’un Emmanuel Macron si à l’aise devant des publics tirés, un Président dopé par l’envie d’éviter, à tout prix, la dissolution de l’assemblée.

En parallèle à ce succès annoncé d’un tour de France bien mieux contrôlé que ne l’est la grande boucle, les média officiels ont la permission soudain d’évoquer les violences policières -et nous ne minimisons pas les violences que les forces de l’ordre ont subies, violences que nous condamnons- visant quelques dizaines de gilets jaunes et passants éborgnés, parfois amputés, ou matraqués plus qu’il ne faudrait. Après des semaines de silence, les chaînes publiques et privées relatent enfin l’insupportable, l’inexplicable, mais d’aucuns tempèrent assez vite et voilà même que des experts sur écran nous expliquent que c’était ça ou des dizaines de policiers lynchés. Personne ne moufte trop devant ces théories un rien surréalistes, ainsi les serviteurs de l’autoproclamée république des Droits de l’Homme admettent que la stratégie de la police française est guidée par une sorte de loi du talion immanente, et ces experts de conclure que ces tirs mortifères sont avant tout dissuasifs.

Grand débat national Breizh EuropaPersonne ne rit dans les chaumières devant tant d’absurdité, mais voilà que le défenseur des droits de l’homme invite désormais à interdire certaines de ces armes le temps des manifestations. Un Jacques Toubon qu’on a connu plus sécuritaire et punchy dans un autre siècle, mais dont la parole ne porte plus aussi loin depuis qu’on a appris qu’il émargeait à 30 000 € par mois.
Une autre de ses collègues haut fonctionnaires, Chantal Jouano, directrice du CNDP (Commissions Nationale du Débat Public), avait elleGrand débat national Breizh Europa décidé de faire l’impasse sur ce débat, après que le peuple, jaloux sûrement, a appris qu’elle émargeait à 17 000 € par mois, à la tête d’un de ces organismes dont la République raffole, et don l’utilité reste mystérieuse. Il a fallu tout de même les réactions d’un grand nombre de citoyens pour que «là-haut» on comprenne le sens du mot « indécence ».
Pour que la vaste arnaque que révèle cet organigramme républicain doré sur tranche ne saute pas trop aux yeux, une autre ligne de défense, plus idéologique, avait été mise en place. Cette opération, ayant débuté sur les plateaux télé dès les premiers jours de la jacquerie, était menée par des dizaines de politiques et de journalistes, et même des experts en criminalité, qui posèrent un premier verdict sur les gilets jaunes : « ces gens-là », comme disait Brel, ces porteurs de gilets, à défaut de valises, ces encombrants de ronds points aux propos confus, ces ignorants des corps intermédiaires, ne sont rien moins que des ennemis de la démocratie représentative. Pire encore : ils n’aiment pas la République.
Les conclusions de ces sages, spécialistes également en bonnes tables parisiennes, se sont affinée au moment où commence le grand déballage national, ainsi livrent-ils leurs conclusions définitives sur le mouvement qui a mis le pays sans dessus dessous. Ils ont maintenant le recul nécessaire, ont étudié les algorithmes de Facebook qui ont permis à la mayonnaise de prendre, et ont repéré les mots d’ordre subliminaux. Leur verdict est sans appel : les gilets jaunes sont d’extrême-droite.

Comment nous, observateurs non avertis, installés dans une province périphérique, pouvons-nous nous y retrouver ? Quand des manifestants estampillés d’extrême droite sont blessés, souvent gravement, par des policiers qui eux défendraient la république et par la même la démocratie.
N’assiste-t-on pas, impuissants, à une terrifiante perte de sens au cœur même de la République ? N’apercevons-nous pas, là au loin, la fin d’un monde bien moins prometteuse que notre fier Penn-ar-bed ? Faut-il se préparer à reconstruire, mais sur quelles bases ? À combattre, à fuir ?
Vu d’ici en tout cas, de Bretagne, où les gilets jaunes portent souvent haut le drapeau noir et blanc, sans que les journalistes ne commentent cette originalité et où, en dehors de Nantes, il y a eu pour l’instant un peu moins de blessés ou de casse qu’ailleurs, on se souvient d’abord que république et démocratie ne font pas toujours bon ménage, dans le monde et dans l’Histoire, et qu’une explication de texte sur le sens de ces mots serait évidemment nécessaire. Galvauder les mots « république » et « démocratie », les user à tout va devient tout bonnement insupportable. Surtout quand on sait, qu’en l’absence de proportionnelle, et avec l’abstention record qui règne dans l’Hexagone, le soi-disant raz-de-marée LREM à l’assemblée n’a été porté que par 20% de la population en âge de voter.

Grand débat national Breizh EuropaPuis une analogie vient à l’esprit : cette république-là est née, en son temps, de la révolte d’un peuple qui avait faim et ne supportait plus les privilèges d’une minorité, la noblesse et le clergé d’avant 1789. Cette république-là a été enfantée dans la douleur quand les leaders de ce peuple en colère se raccourcissaient en série, avant que leurs armées n’aillent massacrer les opposants aux idées nouvelles, à Nantes et ailleurs.
Une grande différence apparaît cependant entre gilets jaunes et sans-culottes puisque ces derniers étaient conduits par une bourgeoisie en mal de privilèges, alors qu’aujourd’hui la grande bourgeoisie dirige pleinement la République, ayant au passage investi les palais et domaines des nobles.

Soyons-en sûrs, cette caste tricolorisée fera tout pour empêcher les gilets jaunes, les bonnets rouges, les petites mains et les sans-dents, et leurs sympathisants, de remettre le système en question.
Car ce grand débat national est au fond l’épilogue de 1789/1792 (la fin réelle de la monarchie et la naissance de la république en septembre). Un moment où l’on réalise enfin, à chaud, que cette France née autrefois dans la violence, n’est pas une véritable nation, mais plutôt le plus petit dénominateur commun d’intérêts particuliers particulièrement bien préservés, et bien organisés.

Et s’il fallait vraiment tout reprendre à zéro ?

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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La Bretagne endeuillée

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Jan 122019
 
Patrick Malrieu Breizh Europa

Photo Ronan Larvor

Il est toujours très triste et brutal d’apprendre une disparition et ça l’est encore davantage lorsqu’il s’agit d’un militant tel que Patrick Malrieu. Celui-ci a passé une grande partie de sa vie à donner de son temps et de son énergie à la Bretagne, sa culture, son territoire. Toutes nos pensées vont à ses proches et bien au-delà, car c’est beaucoup de Bretons qui sont aujourd’hui endeuillés.
Cet homme à responsabilités- fondateur de Dastum, Président du Conseil Culturel de Bretagne, puis de l’Institut Culturel- n’en était pas moins un homme de terrain, toujours à l’écoute.
Nous ne pouvons nous empêcher aujourd’hui d’avoir également une pensée pour tous ceux qui, comme Patrick Malrieu, ont tant fait pour la Bretagne et notamment cette réunification qu’ils n’auront pas connue. Et cela rajoute à notre peine ! Patrick Malrieu, tout comme Joseph Martray, Yvonnig Gicquel, Bernard Le Nail et beaucoup d’autres, vous allez manquer à la Bretagne. Lorsque le pays connaîtra des jours meilleurs, nous nous souviendrons d’autant mieux de vous.

Kenavo !

Caroline Ollivro

Porte-parole de Breizh Europa

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Réunification: l’État écarte la démocratie et choisit le rapport de force

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Déc 222018
 

Jacqueline Gouraud

L’État a dit non. Il n’y aura pas de référendum sur la réunification de la Bretagne. Jacqueline Gourault, la ministre de la Cohésion des territoires, a répondu au sénateur écologiste Ronan Dantec et elle ferme la porte à cette option défendue par les élus départementaux de Loire-Atlantique.
Mais le déni de démocratie avait déjà été planifié par Philippe Grosvalet, Président du CD du 44, puisque dans cette enceinte- là, et contrairement au vœu voté par cette assemblée en 2001, on ne voulait pas donner la parole au peuple du département. Et ce malgré la pétition des 100 000. Option pourtant clairement définie dans la loi Notre, loi de la République Française.

Mais, en République Française, ses serviteurs se soucient de leur parole, de leurs vœux et de ses lois comme d’une guigne. Ce qui compte c’est qu’il n’y ait pas d’opposition au pouvoir central parisien et à ses relais locaux (corps préfectoraux, hauts-fonctionnaires divers et variés, élus zélés pétris de la religion de l’Une et de l’Indivisibilité, et surtout adeptes de l’immobilisme sanctifié).
Et voilà d’ailleurs que montent au créneau les maires de Rennes et Nantes, jacobines pur sucre, Nathalie Appéré et Johanna Rolland, pour se demander ingénument pourquoi il serait besoin de réunifier puisque les villes coopèrent déjà. Ah, vraiment ? Merci Mesdames, mais quid alors d’une liaison ferroviaire digne de ce nom entre les deux villes par exemple ? Il faudra attendre le XXIIème siècle sans doute…
Ces gens-là ne réfléchissent pas, ne comparent pas. Ils ne connaissent pas l’Histoire de l’Europe, se contentant du roman national étriqué et révisionniste français : une Histoire inventée par Paris et qui leur fait dire « ne touchons à rien tant que ça tient à peu près…. ». Et tant qu’ils reçoivent leurs émoluments.

Ils n’ont pas appris qu’ultra centralisme et démocratie font rarement bon ménage quand, par exemple, au sortir du franquisme, la toute puissante Madrid a dû rendre une partie du pouvoir aux régions, quand l’Italie, après une dictature féroce et centrée sur Rome a, après avoir plébiscité la seconde République le 2 juin 1946, mis en place là aussi un pouvoir de nature fédérale. Et se souviennent-ils qu’avant de devenir fédérale, l’Allemagne avait centralisé le pouvoir à Berlin, dans un régime de sinistre mémoire, après que la République de Weimar avait elle aussi donné plus de pouvoir à ses territoires.

Conseil départemental de Loire Atlantique

Oh, voici le point Godwin passé : on entend déjà les cris d’orfraie de ces fiers jacobins, pétris de « valeurs républicaines ». Eux, anti-démocrates ? Vous n’y pensez pas tout de même ! Eh bien si ! Preuve en est encore faite avec le refus d’organiser ce référendum en 44, sans compter ces 30 élus du Conseil Départemental qui ont voté contre la réunification, sans consulter le peuple donc.
Mais parlons-en des valeurs républicaines, dans ce régime où des condamnés en cols blancs peuvent encore siéger dans des assemblées ou des mairies, tels Balkany ici, ou Dassault là, qui siégeait encore au Conseil Départemental de l’Essonne (encore une belle preuve de probité de ce type d’assemblée) avant sa mort et alors qu’il venait d’être lourdement condamné pour évasion fiscale. Citons encore les Cahuzac et les Guéant, eux aussi pris la main profondément enfouie dans le sac d’argent public, bien qu’ils occupaient les plus hautes fonctions dans cette République Française, et qui n’iront jamais en prison… Sans parler de ceux qui mettront des décennies à être inquiétés, dans des dossiers pourtant sulfureux tels le financement d’une campagne présidentielle par un dictateur nord-Africain, ou encore l’attentat de Karachi. La justice française est en effet patiente et clémente avec les membres de la noblesse d’État, mais beaucoup plus dure avec le citoyen de base. Dans ce pays, il est clair que, face au juge, il vaut mieux être col blanc que gilet jaune.

On nous rebat donc les oreilles avec les valeurs républicaines, mais elles sont ainsi piétinées tous les jours par ceux-là même qui sont supposés les protéger. Car au fond cette République n’est qu’un leurre, un État plutôt qu’une nation. Cette soi-disant nation française n’est de fait qu’une construction intellectuelle, un fantasme entretenu par une noblesse d’État qui se reproduit en circuit fermé, depuis deux siècles et qui a pour siège Paris. Une oligarchie qui sait donner des gages sonnants et trébuchants à ses affidés dans les grandes métropoles, les provinces, les territoires… Pourtant, à force de bien nourrir le premier cercle : hauts-fonctionnaires, Préfets et autres arrivistes politiciens, à force d’incohérences, de projets mal ficelés et de dénis démocratiques, les caisses sont bientôt vides… Que va-t-il advenir ?

Alexandre Jardin

Même à Paris, quelques esprits critiques (ils sont si rares qu’il faut les citer) s’inquiètent : ainsi Alexandre Jardin, la semaine dernière dans Le Point , annonce, à propos du système jacobin : « Comment penser une seconde que ce système marche encore ? Ce système ne marche plus. Connaissez-vous des profs satisfaits ? Des médecins satisfaits ? Cette grogne n’est pas l’expression d’une humeur ; les gens ont bien compris que le système avait tout asphyxié. Ils voient bien que nos voisins européens sont prospères, qu’ils n’ont pas autant de chômage, autant d’échecs scolaires… En vérité, l’État jacobin se meurt, il y aura d’autres convulsions violentes… Macron a nommé des mini-Colbert à tous les étages. Il faut passer la main aux territoires, rapprocher les prises de décision de ceux qui les subissent. Mais la technocratie déteste faire confiance. Aujourd’hui, l’État bloque les initiatives à peu près partout. » Quand Michel Onfray prétend lui que si les citoyens de cette république votent de moins en moins, c’est parce que tous les candidats, de l’extrême gauche à l’extrême droite, appartiennent au même parti : le parti jacobin. Ils ne connaissent pas l’Europe, les 30 nonistes du CG 44, mais lisent-ils au moins ?

On en doute, parce que, comme la plupart des élus de la République Française, ils n’ont pas non plus retenu que les pays soudés par leur histoire et leur culture réelle, réussissent bien mieux que les ensembles frappés du sceau de la technocratie comme la France. Ainsi Danemark, Suède, Pays-Bas, Irlande, Autriche ou Finlande ont un PIB nominal par habitant supérieur à celui de la France : un chiffre qui indique bien mieux la santé réelle économique d’un pays et la bonne répartition de ses richesses que l’abstrait PIB global, qui ne tient pas compte des conditions de vie réelle des habitants. Ces « petits pays » réussissent également beaucoup mieux, comme le souligne Alexandre Jardin, en termes de résultats scolaires ou d’accès au soin, sans parler de liberté de la presse ou de lutte contre la corruption, quand la fameuse République des Droits de l’Homme ne cesse de dégringoler dans tous les classements.
Savent-ils, ces trente glorieux élus du CD 44, qui ont voté contre la réunification et qui parlent de taille critique des régions, sans connaître là non plus la réalité européenne, que la Bretagne réunifiée a une superficie supérieure à celle de la Belgique, et comparable à celle du Danemark continental. Supérieure ou proche de celle de nombreux états constitutifs de l’Union Européenne. Ils n’en savent rien, ou peut-être est-ce cela qui les inquiète ?
Oui, cela les inquiète de savoir qu’une Bretagne réunifiée pourrait faire jouer en son sein des solidarités naturelles qu’un pays comme la France ne connaît pas. Et ce ne sont pas les braillements, vite éteints, des supporters de telle ou telle équipe, bigarrés le temps d’un soir, qui y changeront quelque chose. Car il faut aller au fond des choses, et ne plus s’inscrire uniquement dans le temps des quatre chaînes d’info en continu, dont les analyses et reportages sont tous déversés de Paris. Il faut se souvenir que la Bretagne a 1500 ans d’Histoire derrière elle, qu’elle compte aujourd’hui des pionniers dans de nombreux domaines, de belles réussites, des possibilités immenses mais inexploitées quant aux énergies renouvelables et une diaspora soudée et dynamique. Elle a donc un bel avenir si on lui lâche un peu la bride.

Conseil régional de Bretagne

Mais surtout, puisqu’ils ont, ces 30-là, cette manière de voir les choses qui est si différente de celle que nous ressentons nous, dans toute la Bretagne historique et la diaspora, et puisqu’ils empêchent les Bretonnes et les Bretons de s’exprimer sur un sujet fondamental pour l’avenir de la Bretagne : que faut-il faire ?
Les députés et sénateurs bretons pro réunification, le Conseil Régional de Bretagne et son énième vœu pro réunification, vœu qui vient d’être émis également par le CD 29, vont-ils se prendre la main et trouver suffisamment de collègues pour les suivre (Corses, Alsaciens, Basques, Vendéens, Catalans, Savoyards, Normands, Flamands…), et imaginer, enfin, rendre le pouvoir aux territoires ? Et permettre aux habitants de ces « territoires » de décider du contour de leur région ? Auront-ils la force d’un CELIB en son temps pour se faire entendre ? Un CELIB auquel on doit entre autres choses des routes gratuites en Bretagne administrative. Ah oui, parce qu’en République Française, contrairement, là encore, à la majorité des pays européens, les autoroutes sont payantes pour le citoyen, car elles ont été offertes par les dirigeants à d’autres membres de la noblesse d’État. De grands entrepreneurs qui ont fréquenté les mêmes écoles que ces dirigeants politiques, qui ont prêté un avion ou un bateau à l’occasion de vacances à nos “princes républicains”, ou encore qui passent le soir donner des conseils au Palais. Entre nobles d’État, il faut bien s’entraider…

On doute cependant que nos élus pro réunification auront ce courage, certains d’entre eux rêvant secrètement de rejoindre les cénacles parisiens un jour ou l’autre, tel François de Rugy, ré-unificateur sur les territoires et amnésique et pleutre une fois dans la place forte. Alors on se désespère. Et puis on se souvient que la République a baissé pavillon devant des bonnets rouges remontés au moment de la si approximative et mal ficelée écotaxe, que cette même république est revenue en arrière face aux gilets jaunes, après que ceux-ci s’en soient pris à des emblèmes « nationaux » et aient surtout osé s’approcher du Palais.
Face à une pseudo démocratie qui ne comprend que le rapport de force, parfois violent, faudra-t-il casser quelque chose pour être entendus au sujet de cette réunification ? Peut-être que les 30 vassaux du 44 ont une idée sur la question. On attend leurs suggestions, et on les assure que, nous non plus, nous ne lâcherons rien.

Hervé Devallan

Responsable Breizh Europa  Île-de-France

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La réunification de la Bretagne dans le fatras hexagonal

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Déc 182018
 

Lundi 17 décembre, le Conseil départemental de Loire-Atlantique a voté contre le rattachement à la région Bretagne mais pour l’organisation d’un référendum. Le premier vote contredit le vœu départemental de 2001, et le second avait été tranquillement dévoilé vendredi dernier, quand Monsieur Grosvalet avait rendu public son appel au secours au président de la République.

Outre que le premier vote nous renseigne sur la valeur des vœux des assemblées, valeur égale donc à zéro, cela révèle qu’aucune procédure n’est définie dans la loi quand se pose la question d’un changement de région. C’est assez ironique dans un pays qui croule sous les lois, les décrets et les règlements et où, par ailleurs, une majorité de maires avoue ne plus savoir gérer une commune dans la légalité ! Ainsi devant ce fatras, on fait appel au grand Sachem perché en haut de la pyramide. Embouteillage assuré au Secrétariat général de l’Elysée !

Revenons-en à notre sujet: la réunification est une volonté démocratique bretonne que l’appareil politique français empêche en permanence. Depuis lundi, nos si éclairés dirigeants cherchent à savoir qui doit décider, mais surtout quand et comment on va s’y prendre pour noyer le poisson.
Alors, qui va décider ? Les assemblées territoriales ? Le président de la république ? L’assemblée nationale ? Les habitants ? Lesquels ? Ceux de la Loire-Atlantique seuls ? Ceux de la région Bretagne ? Ceux des Pays de la Loire ? Dans quel ordre ? Selon quelle modalités ? Après la consultation sur Notre-Dame des Landes, c’est compliqué, il faut se mettre un instant à la place des élus socialistes … Le quand et le comment, c’est avant ou après mars 2019 ? Date légale pour quoi ? Saisie de la question, ou de son règlement ? Ils l’ignorent, ils n’avaient pas prévu ça, M. Grosvalet avouant aujourd’hui que cette loi est inapplicable. On aurait apprécié autant de clairvoyance en 2014. Ça devient vraiment difficile de leur faire confiance, seul Ouest-France y croit encore.

Au delà du fiasco juridique, le scénario qui s’écrit amènerait à organiser une consultation sur l’ensemble des 2 régions, Bretagne et Pays de la Loire. D’abord, la question posée pourrait être tordue à souhait : voulez-vous que la Loire-Atlantique rejoigne la région Bretagne ou ne préférez-vous pas finalement la fusion des 2 régions dans un Grand Ouest (peuplé de ouistitis) ?
Ensuite, il faudrait consulter les habitants de la Mayenne, de la Sarthe, du Maine-et-Loire et de la Vendée, car le départ de la Loire-Atlantique impacterait leur quotidien. C’est vrai mais, à ce compte-là, comme il est probable que ces 4 départements rejoindraient la région Centre ou la région Aquitaine, pourquoi se limiter ? Interrogeons tout le monde, des Pyrénées-Atlantiques au Loiret !

Photo Bretagne Info

Demander aux 4 autres départements la permission que la Loire-Atlantique rejoigne la région Bretagne, c’est comme demander la permission à son conjoint de divorcer de lui. Ça n’a aucun sens, si ce n’est de continuer dans les inepties qui nous ont glorieusement conduit là.

105 000 électeurs de Loire-Atlantique veulent un référendum pour choisi leur avenir, c’est clair et net, les élus vont-ils comprendre que le temps des entourloupes est terminé, surtout par les temps qui courent ?

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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