Le projet de Breizh Europa, mouvement autonomiste breton

 

INTRODUCTION AU PROJET

Projet & charte Breizh EuropaAu-delà de notre charte qui présente nos valeurs et les axes idéologiques qui structureront nos actions, nos commentaires et nos analyses, nous travaillons depuis quelques mois sur des propositions programmatiques que nous appelons le Projet Breizh Europa. Des membres du Conseil et des adhérents ont donc planché sur les problématiques et prospectives concernant la gestion d’une future nouvelle entité que sera la Bretagne de demain.

Bretagne, Ecosse, Bavière, Catalogne, Flandres, tous unis pour une Europe fédérale

Une région d’Europe qui sera la plus autonome possible vis-à-vis de l’État français de manière à pouvoir jouer de ses atouts au maximum, une Bretagne qui prendra sa place dans une Europe fédérale, à la manière de l’Écosse, la Bavière, la Catalogne ou encore les Flandres parmi bien d’autres, et selon un statut qui est à définir précisément. Bien sûr, tant que cette Europe fédérale n’est pas encore sur les rails, chaque région se bat de son côté pour définir au mieux le statut qui lui convient auprès de son État de tutelle.

Cette Europe que nous connaissons actuellement, si elle n ‘est pas encore fédérale, est également loin d’avoir tissé avec ses citoyens les liens nécessaires. Il faut dire que les États-nations centralisateurs tels que la France ne font rien pour que cette Europe évolue dans le sens que nous souhaitons. Ce sera également une des lignes qui guidera notre travail car nous pensons ainsi que le combat pour une Bretagne autonome doit être doublé d’actions allant dans le sens de l’adhésion du plus grand nombre à une citoyenneté européenne. Ceci sera évoqué dans ce programme, avec le travail sur l’idée d’un passeport européen par exemple, que des citoyens, ailleurs en Europe, défendent déjà. Cette mesure serait bien plus que symbolique selon nous, et nous nous en expliquerons. 

Les commissions qui vont permettre de structurer nos propositions programmatiques sont au nombre de 15. Deux thèmes sont pour nous transversaux à tous les domaines abordés, l’écologie, appelée encore développement durable ou soutenable, et l’économie. Ces deux aspects n’ont donc pas à proprement parler de commission dédiée puisqu’ils sont parmi les préoccupations qui doivent traverser toutes les thématiques évoquées. Ces derniers sont donc, dans un ordre établi sans volonté hiérarchique :

Gestion de ces domaines par l’Etat français ou compétence directe de l’Europe ?

En premier lieu notre travail est allé vers un approfondissement de la connaissance de l’existant, qui permet de mieux comprendre et appréhender la manière dont l’État français gère précisément ces domaines. Nous avions tous bien sûr déjà des connaissances dans certaines de ces disciplines qui concernent et impactent notre quotidien, mais nous avons bien sûr vérifié les données sur lesquelles nous travaillons afin d’affiner nos analyses, et il nous faut également pouvoir distinguer dans tel ou tel domaine ce qui relève des compétences de l’État français ou de l’Europe. Il nous fait également pouvoir mettre le doigt avec certitude sur les dysfonctionnements ou erreurs stratégiques, qui sont nombreux et c’est d’ailleurs pourquoi nous sommes devenus autonomistes. Mais il nous faut également pouvoir reconnaître quand telle ou telle action fonctionne correctement, même si à l’heure actuelle, les constats de cet ordre s’annoncent rare.

Regarder les exemples de réussite chez nos confrères européens

La suite de notre démarche consistera dans un premier temps à comparer dans tous les domaines ce qui se passe chez nous avec ce qui se passe ailleurs en Europe, et à en tirer les conclusions, c’est-à-dire à proposer pour la Bretagne des solutions meilleures quand nous observons que cela fonctionne mieux dans tel pays ou autre région d’Europe. Mais nous proposerons également des solutions originales, lorsque la spécificité de la Bretagne devra être prise en compte. Cette deuxième phase de réflexion et de proposition constituera, se mettra en place en parallèle des premiers constats que nous allons livrer progressivement dans les semaines à venir.

Cependant, beaucoup de solutions que nous allons proposer ne pourront être réalisables tant que les lois françaises sont en vigueur. Cela doit évidemment être pris en compte au risque sinon de passer pour des utopistes. Ainsi, il conviendra de faire la différence entre les mesures applicables dans l’état actuel des choses, et celles qui nécessitent un bouleversement institutionnel auquel la France n’est, nous le vérifions tous les jours, pas prête pour l’instant. Il s’avérera sans doute que le nombre de propositions irréalisables à l’heure actuelle sera bien supérieur à celles que nous pourrons commencer à impulser en nous appuyant sur la société civile, même si ces dernières existent.

Projet & charte Breizh EuropaC’est pourquoi nous devons expliquer que sans un vote massif pour les partis bretons lors des élections, a fortiori lorsque ces partis se rassemblent, peu de choses pourront évoluer profondément dans notre pays.

Mais nous démontrerons également qu’il est possible de faire bouger d’ores et déjà les choses, même dans le cadre des lois actuelles et sans évolution politique majeure, dans les quelques années à venir pendant lesquelles la France pourra continuer à appliquer la politique de l’autruche.

Mise en place de réelles stratégies de contournement ou d’évitement

Il s’agira ici de repérer les failles du système actuel afin d’inventer des stratégies de contournement ou d’évitement, qui permettront à de nouveaux modes de fonctionnement de voir le jour, affranchis des lourdeurs de l’appareil d’État français. Cette façon d’agir, ou d’ouvrir des brèches aura deux vertus ; non seulement cela apportera un mieux-être dans la société bretonne, mais cela permettra également de mettre la France en porte-à-faux avec les nouvelles aspirations que nos actions feront naître au sein de la société bretonne.

Un exemple comme « Produit en Bretagne », un concept économique qui marche très bien sur les cinq départements en se moquant du découpage abscons que la région subit pour l’instant, nous montre que la société civile bretonne peut trouver des solutions pour faire avancer les choses sans qu’il y ait d’avancée politique majeure. Les écoles Diwan en sont un autre exemple. Mais, même s’il faudra parfois flirter avec la désobéissance civile, d’autres champs sont à investir, d’autres concepts sont à inventer en suivant ce type de stratégies. Il faut qu’au-delà de la pertinence de ses propositions programmatiques, Breizh Europa soit à la pointe de cette nouvelle manière, non seulement de faire de la politique, mais aussi de faire progresser la société civile bretonne en s’affranchissant de manière pacifique des pesanteurs étatiques.

Un projet mûrement réfléchi et dénué de toute utopie

mapregionsfusion41Ainsi, une partie de notre programme s’avérera sans doute moins utopiste qu’il n’y paraîtra au premier abord, d’autant que certaines règles européennes, telles que les pétitions transfrontalières (tout cela pourra être travaillé avec une relation proche qui travaille à la Commission à Bruxelles), peuvent nous permettre également de desserrer le corset de l’emprise administrative française, des diktats préfectoraux, des réglementations tatillonnes et complexes.

En résumé, notre travail programmatique est organisé en trois temps. Premièrement un constat critique mais constructif de l’état des choses dans la Bretagne actuelle. Deuxièmement, des propositions concrètes pour faire évoluer favorablement et sensiblement la situation en nous inspirant des meilleurs exemples européens. Et troisièmement, montrer qu’un chemin est possible en dehors des échéances électorales et d’un système politique qui ne nous est de toutes les manières pas favorable, verrouillé par le bipartisme, l’absence de proportionnelle, et une forte dose de mauvaise foi de la part des médias hexagonaux et locaux dans l’analyse des faits et données qui nous concernent.

Les textes qui vont être mis en ligne dans les différents domaines sont le résultat des travaux de nombreux adhérents et membres du Conseil de Breizh Europa. Ces textes sont bien sûr amendables et vont évoluer en fonction des nouvelles donnes qui se feront jour dans les mois et années à venir. Cependant, en septembre, une première synthèse de tous ces travaux sera proposée. Ce texte organisé autour de mesures concrètes constituera notre programme à proprement parler.

 

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