Fév 112018
 

 

On y a beaucoup parlé de République, de cette manière incantatoire qui fait se demander si la république en France n’est pas, plutôt qu’un système de gouvernance, une sorte de concept mystique dont on ne comprend plus très bien la portée. On y a mélangé allègrement les notions de nation, d’État et de République encore, dans une sorte de bonneteau auquel les dirigeants hexagonaux nous ont habitués sans nous convaincre désormais.
On a enjoint les Corses à se tourner vers la Méditerranée, comme s’ils n’y avaient sans doute pas pensé, mais on ne leur a pas demandé s’ils voulaient voir plus loin.

On a répété la grandeur de la France, et vanté le bonheur qu’il y avait à faire partie de la cinquième puissance industrielle au monde. On n’a pas évoqué cependant la longue histoire des Corses avant qu’ils ne deviennent Français, ni rappelé qu’ils l’étaient devenus par la force des armes à la bataille de Ponte Nuovo en 1769.

On y a parlé de la grandeur de la langue française, qui aurait fait la France. On a oublié de parler des langues qui avaient été interdites pour que cette France-là puisse éclore. On a évoqué les bienfaits du bilinguisme, mais du bout des lèvres. Un bilinguisme sans statut, qui condamne à terme la langue locale.
Et on n’a pas mis le drapeau corse en fond de scène. Mais à quoi bon ?

A quoi bon puisqu’au fond, pour le président Macron, et pour tous ses clones jacobins, la Corse n’existe pas. Ils précisent qu’elle n’existe pas hors de la République, mais dans leur bouche hors de la République veut dire le néant.
En réponse à ce surréaliste étalage de figures de rhétorique surannées, Jean-Guy Talamoni a dit que les Corses avaient été humiliés.
Et nous le comprenons. Affaire à suivre donc.

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

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