Média

 

Préambule

Il est important en préalable d’évoquer la difficulté pour les idées autonomiste et fédéraliste de se faire un chemin et trouver un écho parmi les médias français, et bretons.

On pourrait nous répondre que ces idées ne sont pas pertinentes ou qu’elles n’intéressent pas les Bretons d’une manière générale. Il faut noter que ce n’est pas tout à fait la même chose… Car si les Bretons sont si peu portés à voter pour des mouvements bretons au moment des élections, c’est aussi, au-delà d’une certaine faiblesse intrinsèque du mouvement en lui-même, parce que les idées autonomistes sont très peu envisagées ou analysées (après tout c’est tout ce qu’on demande aux journalistes, analyser et prendre en compte au moins ces idées, pas de les défendre) par les media. Cela vaut à l’échelle régionale, et a fortiori à l’échelle « nationale ». Et si ces idées sont jugées intéressantes par essence, il serait peut-être utile de questionner ce jugement, ou de pouvoir au moins en débattre. Mais c’est impossible. La plupart des grands pays européens (en taille pour le moins), ont beau avoir adopté un système fédéral favorisant l’autonomie des régions, les médias français semblent avoir estimé dès le départ que ce n’était pas un sujet à prendre en compte, et encore moins une aune de comparaison d’un pays à l’autre.

Ainsi, lorsque l’Allemagne est citée souvent en exemple dans le domaine économique par les media français, s’en suivent tout un tas d’analyses journalistiques dont aucune ne prend jamais en compte le fait fédéral dans ce pays voisin de la France. Ou alors si c’est évoqué du bout des lèvres par nos journalistes hexagonaux, ce n’est pas forcément de manière positive. Cela semble vraiment leur poser un problème.

On se souviendra également que lorsque l’Alsace et la Bretagne ont permis au traité de Maastricht d’être voté en septembre 1992, aucun analyste politique hexagonal n’a fait le parallèle entre deux régions « à forte identité » et ouvertes justement sur l’Europe. C’est comme si cette manière de voir les choses, qui reconnaitrait une manière différenciée d’aborder des problèmes internationaux de la part de régions françaises, était totalement impensable pour nos élites journalistiques. Ou plutôt « politiquement incorrect », ou sans intérêt tout simplement. On n’a rien vu non plus dans les médias parisiens, pas plus que dans leurs relais locaux, lorsque la seule région française à avoir voté pour la constitution européenne s’avéra être la Bretagne. Rien à en tirer de cette information pour eux, circulez, il n’y a rien à voir, ni à entendre ici.

Cette convergence de points de vue entre pouvoir politique et médias hexagonaux dans la manière d’aborder les problématiques qui nous concernent est plus qu’étonnante. Cette convergence est pour nous une des causes du peu d’intérêt que les Bretons portent aux idées autonomistes, à l’heure où passer à la télé, être repris dans la presse ou sur les sites web est si important. C’est cette collusion objective entre pouvoir politique et les journalistes que nous allons entre autres choses aborder ici.

Si les nouvelles technologies vont être également évoquées dans ce chapitre c’est parce que leur prolongement le plus visible, le plus porteur, se situe dans le domaine des médias et de la communication au sens large. Notons au passage que sans deux sites d’informations bretons et de nombreux blogs de militants, les idées fédéralistes et autonomistes n’auraient tout simplement pas le droit de citer dans les médias hexagonaux. Internet et ces nouvelles technologies sont donc d’une importance capitale pour la diffusion de nos idées dans les années à venir.

ETAT DES LIEUX

L’absence d’intérêt des journalistes pour les causes autonomistes et fédéralistes

Nos idées ont du mal à se disséminer dans la population bretonne parce que elles ne sont pas reprises, mais surtout pas partagées, par la plupart des journalistes ou des lignes éditoriales des outils médiatiques qui diffusent en Bretagne. Seuls Ar Men et Bretons en tant que mensuels, et les sites 7seizh et ABP en tant que web sites, sont peu ou prou sur la même longueur que nous.

Il y a bien entre la classe politique française, qui agit là par éducation mais aussi par nécessité, et les journalistes de ce pays, un accord, tacite ou non, pour que les causes autonomistes bretonnes, basques, corses, …, soient traitées ou par le mépris, ou par un contre argumentaire prémâché, et qui n’a en général rien à envier au plus centralisateur des discours politiques habituels.

Ainsi les solutions que pourraient apporter une autonomie poussée des régions sont au mieux considérées comme farfelues, au pire émanent de terroristes liés au grand banditisme (autonomistes corses), de nostalgiques du troisième Reich (autonomistes bretons), de poseurs de bombe qui s’ignorent (autonomistes basques), d’égoïstes incurables et tentés eux aussi par l’ultra-droitisation (Alsace). La messe est dite. Et plus vous approchez des médias proches du pouvoir : France Inter, France Culture, France 2, Chaîne parlementaire, plus le discours sur l’idée d’autonomie des régions est lapidaire, creux, et méprisant.

Si on comprend que le pouvoir politique dans l’Hexagone soit d’une manière générale sur cette longueur d’onde, ne serait-ce que pour une question de survie de l’État français lui-même, mais aussi parce que les partis autonomistes (Breizh Europa en tous les cas) militent pour un statut de l’élu bien différent de ce que la République Française permet, on peut s’étonner que les journalistes ne se montrent eux pas plus curieux sur les autres modes de gouvernance possible. Ou encore sur les économies de gestion réalisés dans les pays décentralisés ou de type fédéral. Sur les gains en fonctionnement réellement démocratique qu’ils permettent. On se questionne parce que ces questionnements pourraient faire partie de leur métier.

Le contrôle de l’information se fait également, en France, et cela ne date pas de la révolution, mais avait commencé avant, en donnant aux journalistes des statuts particuliers (avantages sur leurs impôts, et accès contrôlé à la carte de presse, histoire d’éliminer dès le départ les francs-tireurs) et en instituant des relations entre politiques et journalistes qui sont d’une nature parfois trouble et en tous les cas souvent plus ambiguës que dans la plupart des démocraties européennes.

Par ailleurs, la manière dont le CSA, ou le gouvernement, gère de manière discrétionnaire l’attribution des fréquences et les droits d’émettre, finit de ranger les médias dans le camp du politiquement correct et géographiquement conforme. Ainsi, les 26 chaînes des la TNT émettant gratuitement sur l’ensemble du territoire, émettent toutes de la Région parisienne. Cherchez l’erreur !

Cet État français éprouve donc un besoin prioritaire de contrôler les média afin que la supercherie puisse durer. Il le fait de plusieurs manières : en concentrant donc les sources de diffusion au plus près de lui, c’est-à-dire à Paris, ce qui lui permet de mieux contrôler contenus et lignes éditoriales. Il le fait également en morcelant le territoire en zones de diffusions peu lisibles (seules la Corse et un peu l’Alsace se tirent de ce barbouillage territorial du fait de leur situation géographique particulière, mais la nouvelle réforme des Régions risque de coûter cher l’Alsace).

Il le fait bien sûr en organisant le financement des organes médiatiques publics (ceci est le cas dans toute l’Europe, et probablement qu’une Bretagne autonome devrait également avoir recours à un service public d’information, cela pourra être aussi un sujet de débat) mais surtout, et c’est là la grande différence avec la plupart des pays européens, l’État français aide les organes de presse privés ! Publiés sur papier, mais aussi en ligne… Dans ce cas, comment voulez vous que cette presse aille contre le jacobinisme qui nous étouffe ????

Ainsi, ce manque d’intérêt des journalistes pour nos idées connaît à notre sens quatre types d’explications. L’une est culturelle et pédagogique, elle est liée à l’enseignement reçu par les jeunes citoyens français, puis plus tard à la manière dont sont gérées les écoles de journalisme. La seconde est plus vénale et tient aux privilèges que cette république octroie aux journalistes et aux liens qui unissent journalistes et politiques. La troisième, liée d’une certaine manière à la seconde tient à la manière dont l’État aide avec des fonds publics, non seulement les organes médiatiques nationaux (ce qui semble naturel mais qui en France ressemble à un puits sans fond), mais les médias privé d’une manière générale. Enfin, une quatrième explication est celle de l’organisation générale des médias en France, d’un point de vue des autorisations à publier ou émettre d’une part, mais aussi du point de vue du morcellement organisé des outils médiatiques dans les régions à forte identité telle la Bretagne. Nous allons dans les jours à venir développer ces quatre points en détail.

A   La culture centralisatrice des journalistes entretenue par l’enseignement et les habitudes

Pour qu’un État nation comme la France puisse entretenir l’illusion qu’il est une nation, au-delà d’être une république une et indivisible, le gouvernement parisien a d’abord pris soin, au même moment qu’il déclarait la guerre aux langues régionales, d’instituer par l’école une histoire officielle fédératrice ; en réalité un véritable tissus de révisions et d’anachronismes pour les Corses, les Bretons, etc.

Rappelons également que dans certaines écoles telles Sciences Po, des futurs journalistes vont fréquenter de futurs responsables politiques. Ce mélange des genres des la sortie de l’adolescence ne se démentira jamais par la suite. Il faut bien remarquer également que la France est le pays d’Europe dans lequel les politiques passent le plus de temps sur les plateaux TV, les antennes radio, à twitter. Il faut dire qu’avec quatre chaînes d’info en continu (toutes basées à Paris), et encore plus de radio à couverture nationale (basées à Pairs et pourtant curieusement appelées pour certaines radios périphériques) les journalistes ont besoin des politiques pour remplir le temps d’antenne. Mais est-ce que le citoyen se retrouve dans ces échanges de bons procédés entre politiques et média ? Est-ce que les politiques ne devraient pas passer plus de temps dans leur bureau ou sur le terrain qu’à l’antenne ? Pourquoi la politique en France est devenue l’art de communiquer plutôt que l’art de faire ?

B   Les subventions d’État vers les médias privés

Les 20 titres les plus aidés

En 2013

  1. Le Progrès 16 179 637 €
  1. Le Figaro 16 150 256 €
  1. Le Monde 11 997 569 €
  1. Aujourd’hui En France 10 443 192 €
  1. Ouest France 10 435 028 €
  1. La Croix 10 105 985 €
  1. Télérama 9 832 531 €
  1. Libération 8 284 007 €
  1. Le Nouvel Observateur 6 947 010 €
  1. Tele 7 Jours 6 898 645 €
  1. L’Humanité 6 349 770 €
  1. L’Express 5 001 215 €
  1. Tele Star 4 965 561 €
  1. Paris Match 4 658 889 €
  1. Le Point 4 594 863 €
  1. La Nouvelle Republique Du Centre Ouest 4 399 649 €
  1. La Dépêche Du Midi 4 389 023 €
  1. Télé Loisirs 4 075 490 €
  1. Sud Ouest 4 039 648 €
  1. Les Echos 3 971 527 €

Mise à jour 2016

http://droit-finances.commentcamarche.net/faq/33224-presse-subventionnee-les-20-journaux-les-plus-aides-par-l-etat#le-monde

Ouest France arrive maintenant en troisième position !un point de vue intéressant sur le niveau de liberté d’expression en France par Emmanuel Todd

http://www.rts.ch/info/monde/6759696-il-y-a-en-france-un-probleme-de-liberte-d-expression.html

classement reporter sans frontières sur la liberté de la presse dans le monde, la France (patrie des droits de l’homme ???) est 38 ème…

https://rsf.org/fr/actualites/classement-mondial-de-la-liberte-de-la-presse-2015-une-deterioration-generale

 

Document de travail :

RAPPORT DU SENAT DE NOVEMBRE 2014 sur les comparaisons des aides A LA PRESSE EN FONCTION DES PAYS. 

Un niveau d’aide élevé par rapport à nos partenaires européens 

Des aides comparativement importantes en France

Contrairement à une idée reçue, les aides à la presse ne sont pas propres à la France. Le régime français des aides à la presse se caractérise toutefois par le faible poids des subventions accordées à des projets – propres aux aides du fonds d’aide à la modernisation et à la distribution.

Afin d’apprécier concrètement le niveau des aides à la presse en France, votre rapporteur spécial s’est appuyé sur une étude de législation comparée du service des études juridiques, dont les études par pays figurent en annexe au présent rapport d’information.

Les principales conclusions de cette étude très complète présentées ci-dessous montrent le caractère divers des aides à la presse en Europe, « en particulier dans les pays où le recul de la presse écrite face aux autres médias est moindre qu’en France » ainsi que le développe cette étude :

« Les mesures en vigueur dans dix pays européens, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse, ont été étudiées. Seuls, les dispositifs juridiques sont exposés, sans aucune appréciation de leurs effets.

« Pour chacun des pays sous revue, après un bref rappel des principaux indicateurs relatifs à la diffusion de la presse quotidienne payante, les aides directes et les principales aides indirectes sont présentées.

« Cette analyse permet de mettre en évidence :

« – l’absence d’aides directes à la presse en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni et en Suisse ;

« – la similitude des dispositifs d’aides indirectes.

« 1) L’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Suisse sont les seuls pays où la presse ne bénéficie d’aucune aide directe

« a) L’absence d’aides directes à la presse en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni et en Suisse

« L’introduction d’un système d’aides directes à la presse est cependant envisagée en Suisse, où le Conseil national a adopté en septembre 2003 une proposition de modification de la Constitution fédérale tendant à l’insertion d’un nouvel article sur l’encouragement de la Confédération à la diversité et à l’indépendance des médias. Cet article pourrait constituer le fondement constitutionnel d’un nouveau régime d’aides sélectives à la presse, qui devrait alors être défini par voie législative.

« Par ailleurs, en Espagne, où la loi de finances pour 2001 a supprimé les aides directes accordées par l’État, dans certaines communautés autonomes, la presse bénéficie de financements publics au titre de la promotion des langues régionales.

« b) Les autres pays ont introduit des systèmes d’aides directes à la presse plus ou moins sélectifs

« En Autriche, en Belgique, au Danemark, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suède, la presse bénéficie d’aides directes. En Belgique, comme les aides directes relèvent de la compétence des communautés, il existe trois régimes distincts.

« Les dispositifs d’aide à la presse de ces six pays peuvent être regroupés en quatre catégories selon qu’ils prévoient des subventions non affectées et destinées à l’ensemble de la presse, des aides sélectives réservées aux publications les plus fragiles sur le plan économique, le financement de projets spécifiques, ou qu’ils combinent plusieurs caractéristiques.

«  Au Luxembourg et dans la communauté française de Belgique, c’est l’ensemble de la presse qui bénéficie de fonds publics

« Au Luxembourg, les six quotidiens perçoivent chaque année une subvention identique, à laquelle s’ajoute une subvention par page rédactionnelle. Le nombre des pages rédactionnelles subventionnées n’est plus plafonné depuis 1999, de sorte que les petites publications ont perdu l’avantage relatif dont elles bénéficiaient auparavant.

« Dans la communauté française de Belgique, l’ensemble de la presse bénéficie actuellement de fonds publics, d’une part, au titre de la loi de 1979 tendant à maintenir la diversité dans la presse quotidienne d’opinion et, d’autre part, au titre de la compensation des revenus publicitaires de la télévision. Le système est toutefois en cours de réforme : un décret de la communauté française devrait prochainement préciser les conditions d’octroi des aides à la presse, qui devraient devenir sélectives.

«  La Suède a mis en place un dispositif sélectif d’aide à la presse

« Le système suédois repose principalement sur deux dispositions : une subvention de fonctionnement est attribuée aux titres secondaires et une aide est versée aux journaux distribués par abonnement.

« La subvention de fonctionnement, dont quelque 80 titres bénéficient actuellement, est réservée aux journaux dont le taux de diffusion est limité, c’est-à-dire a priori aux titres secondaires, dont les recettes publicitaires sont faibles. Le montant de la subvention dépend du tirage, mais est plafonné, afin de favoriser les petites publications.

« Par ailleurs, une aide spécifique est réservée aux journaux distribués par abonnement. Versée aux messageries, qui la reversent aux éditeurs, elle dépend du nombre d’exemplaires distribués, selon un barème dégressif.

«  Au Danemark, aux Pays-Bas et dans la communauté flamande de Belgique, l’aide à la presse est liée à la réalisation de projets particuliers

« L’Institut danois pour le financement de la presse quotidienne et le Fonds néerlandais pour le fonctionnement de la presse contribuent au financement de projets spécifiques. L’Institut danois pour le financement de la presse quotidienne est une fondation créée en 1970 par les organes de presse et financée à la fois par ces derniers et par l’État, tandis que le Fonds néerlandais pour le fonctionnement de la presse, créé en 1974 sous forme de fondation, a été transformé en 1987 en personne morale de droit public.

« Ces deux organismes soutiennent essentiellement des opérations d’investissement, le premier par des cautions apportées aux emprunteurs et des subventions, le second par des prêts et des subventions.

« De même, dans la communauté flamande de Belgique, où le gouvernement et le secteur de la presse sont liés par un protocole sur lesmodalités d’octroi des aides directes, les fonds publics alloués à la presse permettent le financement de projets particuliers : développement du multimédia dans le cadre du premier protocole, signé en 1998, et amélioration de la qualité rédactionnelle dans le cadre du deuxième, conclu en 2003.

«  Le régime autrichien d’aide à la presse combine les caractéristiques de tous les dispositifs précédents et la communauté française de Belgique envisage l’introduction d’un tel système

« En Autriche, tous les quotidiens d’information générale bénéficient de la même subvention et des aides sélectives complètent cette subvention générale : les publications dont le tirage est inférieur à 100 000 exemplaires perçoivent des aides supplémentaires, qui correspondent à la moitié des crédits budgétaires en faveur de la presse.

« De plus, une troisième ligne budgétaire permet aux organes de presse d’obtenir des subventions pour couvrir diverses dépenses liées à l’amélioration de la qualité de leurs publications (frais de formation des journalistes, recrutement de correspondants étrangers…).

« De la même façon, le texte en cours d’élaboration dans la communauté française de Belgique prévoit d’affecter une partie des aides aux publications disposant de faibles ressources publicitaires et une autre à des projets spécifiques (recrutement de journalistes, adaptation aux nouvelles technologies…).

« 2) Les dispositifs d’aides indirectes sont très comparables d’un pays à l’autre

« Ils reposent principalement sur la TVA et les tarifs postaux.

« Dans tous les pays étudiés  y compris au Royaume-Uni, où la presse est considérée comme une activité économique normale -, la presse bénéficie d’un régime de TVA favorable. Partout, le taux applicable à la vente de journaux est réduit, voire nul.

« Les tarifs postaux préférentiels constituent la seconde des principales formes d’aide indirecte à la presse. Toutefois, cette mesure n’est pas générale. De plus, elle apparaît moins importante que dans le passé, car, dans tous les pays membres de l’Union européenne, la libéralisation des services postaux s’est accompagnée d’une augmentation des tarifs appliqués à la presse.

« Il convient de mettre en évidence le cas de la Suisse, où les tarifs postaux favorables constituent la principale forme de soutien à la presse, même si ce régime n’a été reconduit que de façon transitoire, pour les années 2004 à 2007. »

En conclusion de ces observations générales, l’étude de législation comparée conclut que « L’examen des régimes étrangers fait apparaître le cas très particulier de notre pays, où la presse bénéficie de multiples aides publiques ».

Sur la base de cette étude, votre rapporteur spécial a souhaité apporter son propre éclairage sur la presse quotidienne aux Pays-Bas et en Suède, en se fondant sur les observations recueillies lors de ses déplacements dans ces deux pays.

2. Le cas des aides à la presse en Suède et aux Pays-Bas

a) La presse quotidienne en Suède : aides sectorielles et maintien du pluralisme

Contrairement à la France, la lecture d’un quotidien national est généralisée en Suède : 88 % des Suédois âgés de 15 à 79 ans lisent un quotidien. Le tirage total de la presse quotidienne s’est élevé à 4,06 milliards d’exemplaires en 2003, en progression par rapport à 2002.

Après un important mouvement de concentration des titres, la plupart d’entre eux ont été présentés à votre rapporteur spécial lors de son déplacement à Stockholm comme étant « en bonne santé économique ». Les ventes s’opèrent principalement par abonnement. La concurrence des journaux gratuits (tirage total de Metro en 2003 : 370.000 exemplaires) n’est pas perçue comme mettant en cause la pérennité des titres existants.

S’agissant du régime des aides, la première différence notable entre la France et la Suède tient au mode de régulation du secteur : alors qu’en France le régime d’aides relève de la Direction du développement des médias des services du Premier ministre, la gestion du dispositif en Suède incombe à une agence, la Commission d’aide à la presse écrite. Elle a pour mission de protéger le pluralisme de l’offre sur le marché des journaux quotidiens.

Les aides directes (57 millions d’euros) comportent principalement deux volets, outre des aides temporaires et exceptionnelles aux investissements (2,8 millions d’euros) :

– d’une part, les subventions de fonctionnement (45 millions d’euros par an), versées à 80 titres en position minoritaire sur un secteur géographique donné (situation appréciée par un taux de diffusion inférieur à 30 %) et proportionnelles aux tirages ;

– d’autre part, une aide à la distribution (9,2 millions d’euros par an) pour les journaux distribués par abonnement, proportionnelle aux tirages suivant des tarifs dégressifs afin de privilégier les titres dont le tirage est le plus faible ; les bénéficiaires directs sont les messageries qui procèdent ensuite à un reversement aux éditeurs.

Votre rapporteur spécial a eu connaissance des débats en cours sur l’opportunité de faire évoluer un dispositif peu propice à la modernisation des titres les plus fragiles, dans un contexte d’évolution vers des duopoles de la presse quotidienne dans chacun des secteurs géographiques considérés.

b) La presse quotidienne aux Pays-Bas : accompagner les mutations économiques du secteur

Près des deux tiers des Néerlandais lisent régulièrement un quotidien, soit un tirage de 329 exemplaires pour 1.000 habitants en 2002. Le principal titre, De Telegraaf, a un tirage équivalent (767.000 exemplaires) à celui du premier quotidien français, Ouest France, ce qui le place au troisième rang européen après les quotidiens allemand Bild et britannique The Sun.

L’érosion de la diffusion totale au cours de la période 1998-2002 (- 5,1 %) est comparable à celle de la presse française (- 4,7 %). La presse quotidienne néerlandaise dispose cependant de recettes plus stables, du fait d’un mode de diffusion essentiellement par portage (90,2 %, contre 9,7 % pour la vente au numéro et 0,1 % pour la distribution postale). En outre, à la différence de la France, l’audience de la presse quotidienne est presque homogène selon les tranches d’âge (62 à 67 % entre 25 et 64 ans ; 53 % pour les 15-24 ans et 50 % pour les plus de 65 ans).

Le dispositif d’aides directes à la presse est géré non par le ministère en charge de la communication, mais par le fonds pour le fonctionnement de la presse, créé en 1974 sous forme de fondation et devenu une personne morale de droit public en 1987. Les ressources du fonds proviennent d’un prélèvement sur les recettes publicitaires des chaînes publiques de télévision et de radio, dans la limite d’un plafond de 4 %.

Les aides consistent en des prêts et des subventions aux quotidiens d’information politique et générale qui ne doivent pas être la propriété d’une association ou d’un parti. Les prêts et autres facilités de crédits sont réservés aux organes de presse dont la survie est menacée, qui ne peuvent pas obtenir d’autres financements et dont le projet démontre que l’exploitation redeviendra rentable dans un délai « raisonnable ».

Le fonds contribue aux projets suivants :

– le financement de projets (dans le cadre d’une réorganisation si ces opérations ne peuvent pas être financées par un prêt ainsi que, depuis juillet 2002 et pour une période limitée à 3 ans, pour le développement de la presse sur Internet dans le cadre d’un crédit annuel de 2,26 millions d’euros et de 180.000 euros par bénéficiaire) ;

– l’octroi de compensations aux titres à faibles ressources publicitaires ;

– le soutien d’actions mutualisées ;

– le financement d’études, liées à la restructuration d’une entreprise de presse ou aux objectifs généraux du fond.

Même si le soutien du pluralisme constitue l’un des objectifs du fonds, celui-ci vise prioritairement à accompagner les mutations économiques du secteur.

RESUME DU RAPPORT DU SENAT, NOVEMBRE 2014. COMPARAISONS DES AIDES A LA PRESSE EN FONCTION DES PAYS.

  1. Des aides comparativement importantes en France.

Les aides à la presse ne sont pas propres à la France. Toutefois le faible poids des subventions accordées à des projets propres aux fonds d’aide à la modernisation et à la distribution est souligné.

L’Allemagne, la Suisse, le Royaume-Uni et l’Espagne sont les seuls pays où la presse ne bénéficie pas d’aides directes. C’est cependant actuellement envisagé par la Suisse.

De plus, en Espagne, la presse bénéficie malgré tout de financements publics au titre de la promotion des langues régionales.

En Autriche, Belgique, Danemark, Luxembourg, Pays Bas, Suède : aides directes. Mais en Belgique, elles relèvent de la compétence des communautés. Au Luxembourg, les six quotidiens perçoivent chaque année la même subvention avec une subvention supplémentaire par page rédactionnelle. En Suède, une subvention de fonctionnement est attribuée aux titres secondaires (dont les recettes publicitaires sont faibles) et une aide est versée aux journaux distribués par abonnement. Au Danemark, Pays Bas et dans la communauté flamande de Belgique l’aide à la presse est liée à des projets particuliers (ex : développement du multimédia, amélioration de la qualité rédactionnelle). En Autriche tous les quotidiens d’information générale reçoivent la même subvention et des aides sélectives.

Dans tous les pays étudiés (y compris au Royaume-Uni où la presse est considérée comme une activité économique normale) la presse bénéficie d’un régime de TVA favorable. Le taux applicable à la vente de journaux est réduit voire nul. Aide indirecte à la presse :des tarifs postaux préférentiels( principale forme de soutien à la presse pour la Suisse).

  1. Les aides en Suède et aux Pays Bas.

En Suède. Contrairement à la France, la lecture d’un quotidien national est généralisée. 88% des Suédois entre 15 et 79 ans. Les ventes s’opèrent principalement par abonnement. Alors qu’en France le régime d’aides relève de la Direction du Développement des médias des services du Premier ministre, la gestion du dispositif suédois incombe à une agence, la Commission d’aide à la presse écrite. Pour protéger le pluralisme de l’offre sur le marché des journaux quotidiens. Il existe de plus une aide à la distribution pour les journaux distribués par abonnement proportionnelle aux tirages suivant des tarifs dégressifs afin de privilégier les titres dont le tirage est le plus faible.

Aux Pays Bas. Près des deux tiers des Néerlandais lisent régulièrement un quotidien. Ici aussi le dispositif d’aides directes à la presse n’est pas géré par un ministère mais par le fonds pour le fonctionnement de la presse. Ses ressources proviennent d’un prélèvement sur les recettes publicitaires des chaînes publiques de Tv et de radio (pas plus de 4%).

CONCLUSION : cas très particulier de la France où la presse bénéficie de multiples aides publiques. Comment peut-elle rester objective par rapport à l’État qui vous nourrit en partie ???

C Problème de morcellement géographique dans la couverture médiatique

Mais, au-delà du problème du manque d’objectivité et surtout de compréhension des journalistes à l’égard de nos idées, le morcellement de ces canaux médiatiques d’un point de vue géographique, est un écueil important, et c’est là aussi la résultante d’une volonté étatique. Ainsi, non content de contrôler en grande partie les contenus qui nous sont délivrés, l’État a veillé à ce qu’aucun de ces canaux locaux (radios et tv officielles, quotidiens) ne recoupent le territoire breton réel. Au cas où un de ces organes venait à être un tant soit peu subversif, il n’aurait de ce fait pas la possibilité de contaminer tout le territoire breton, de plus ce morcellement nuit à la visibilité de leur territoire par les Bretons eux-mêmes.

C’est cette autre anomalie, en comparaison avec le reste de L’Europe, qui fait que la Bretagne n’a pas de medias diffusant spécifiquement dans ses cinq départements (en dehors de deux mensuels), contrairement à la Catalogne sud, à la Galice, au Pays Basque sud, à l’Écosse, au Pays de Galles, à la Flandre, etc.

Car ici tout est morcelé, comme pour mieux entretenir le trouble. Ainsi, il faut trois radios d’État pour couvrir la Bretagne (France Bleue Armorique, France Bleue Loire Océan, France Bleue Breizh Izel), trois quotidiens, Ouest France, Le Télégramme, Presse Océan, appartenant à seulement deux propriétaires, (Presse Ocean appartenant à Ouest-France), deux rédactions de télévision “décentralisées” (France 3 Rennes et Nantes), et les seules radios réellement locales sont si locales qu’elles ne couvrent que de trop petits territoires, bien que Radio Caroline ait essayé petit à petit de couvrir toute la Bretagne, mais le CSA veille ! Tout est fait pour que malgré notre spécificité, démontrée en musique mais aussi dans d’autres domaines, nous soyons de bons “provinciaux”, avides des informations venant de Paris ou redistribuées selon le bon vouloir de la capitale. A contrario, la Corse, du fait de son insularité a pu avec la représentation locale de France 3, Via Stella, développer un outil réellement pertinent, et Corse Matin fait également un excellent travail sur la langue Corse. Comme quoi avoir des  media qui couvrent l’entièreté d’un territoire historique a son importance.

À quand donc, par exemple, une radio émettant sur les cinq départements, le plus souvent en français, mais avec des émissions en breton et en anglais ?

Une radio qui nous parlerait de nos festivals, de nos sportifs, mais surtout des pionniers qui existent toujours en Bretagne dans différentes activités, art, entreprenarial, milieu associatif. Avec une programmation musicale qui ne serait pas faite à Paris ; une radio qui nous parlerait de chez nous, et du vaste monde à notre porte, à notre manière ? Et si après cette radio on pouvait également avoir une télévision de cet ordre, puis un journal quotidien pourquoi pas ?

En attendant, on se félicitera du travail souvent sérieux et moins corseté des nouvelles chaînes locales bretonnes de télévision que sont TVR, TY Télé et Tébéo. Il est regrettable cependant qu’elles n’émettent que sur des territoires restreints, mais leur mise en réseau permet d’imaginer qu’on aura là un outil bientôt pertinent. Armor TV et  surtout Brezhoweb sont des télévision sur le web qui dont également un travail remarquable. La proposition des Web radios bretonnes est également intéressante, notamment Bretagne5 http://www.bretagne5.fr/, qui met en avant la territorialité de la Bretagne historique.

Les radios locales émettant en breton (Arvorig FM, Plum’ FM, Radio Kerne, Radio Kreizh Breizh, Radio Bro Gwened, ainsi que les émissions de Radio Bro sur Radio Pays en Île de France) font un excellent travail depuis de longues années. Et il faut féliciter le travail de Radio Caroline qui a tenté de couvrir petit à petit tout le territoire de B5 en FM, mais le CSA a empêché que ce soit possible. C’est également le CSA qui a empêché TV Breizh d’accéder à la TNT. La route sera donc longue avant que nous ayons des médias, TV ou radio FM, qui couvrent la totalité du territoire breton. Mais le route est tracée !

Les France Bleu sont donc trois sur le territoire breton, et si France Bleu Loire Ocean ne a validé depuis longtemps le découpage excluant le 44 de la Bretagne, France Bleu Breizh Izel fait un véritable travail sur la culture bretonne et locale en pointe Bretagne. France Bleu Armorique, basée à Rennes a bretonnisé son image au cours des dernières années (le gwen ha du est même très visible maintenant sur les murs de la station), mais là aussi il est dommage que ces stations qui font un bon travail d’animation et d’information locale doivent décrocher pour les programmes parisiens à des heures de grande écoute. De même qu’il est regrettable que le plus gros de la programmation musicale sur ces antennes locales vienne également de Paris.

Félicitons nous par ailleurs d’avoir trois mensuels qui couvrent l’intégralité de la Bretagne, Bretons, Ar Men et Bretagne Magazine. Les deux premiers osant aborder sans complexe des thèmes qui nous sont chers, le troisième restant éloigné de la sphère politique et ayant une approche plus « touristique » de notre pays.

Sans oublier bien sûr les site ABP et 7 Seizh, qui sont les seuls à passer intégralement les communiqués des formations autonomistes et à analyser la vie bretonne sous un angle pertinent.

 

Nos propositions en matière de media

 

  • Soutenir ce qui existe et partage nos idées

 

Tout d’abord soutenir les medias qui partagent nos idées. Ceux-là touchent bien peu d’aides directes de l’État français, voire pas du tout. Il faut donc soutenir les deux sites internet qui véhiculent ces idées décentralisatrices, et plus si affinités, qui nous sont chères. A savoir ABP et 7 Seizh. (comment les aider ? financièrement et en diffusant au maximum leurs articles…)

Il est également important de s’abonner à Bretons et Armen, deux revues mensuelles de très bonne qualité, où l’on peut là aussi retrouver et découvrir des analyses de fond qui sont proches de nos idées. C’est également l’occasion de mieux connaître les actions, souvent couronnées de succès, de membres de la diaspora bretonne hors de Bretagne. C’est aussi une manière agréable de suivre l’évolution de notre patrimoine historique, qu’il soit architectural, musical ou autre.

 

  • Conduite à tenir avec les medias « habituels »

 

Pour ce qui est des media existants, qui ne sont pas particulièrement sensibles aux théories autonomistes, et c’est un euphémisme que de le souligner, la conduite à tenir est plus complexe. Nous avons besoin des deux quotidiens que sont Ouest-France et Le Télégramme pour faire écho aux actions locales du mouvement breton dans son ensemble. De ce point de vue, les correspondants locaux de ces deux quotidiens font en général bien leur travail, sans prendre position, ce qui est le propre de ce journalisme de « compte-rendu », peu argumenté, mais nécessaire à la circulation de l’information.

Mais, quand il s’agit d’analyses plus profondes, les lignes éditoriales de ces journaux, que ce soit au niveau de la rédaction centrale, des départements, ou des grandes villes, sont totalement imprégnées de l’idée jacobine. Quand il ne s’agit pas en plus pour Ouest-France de travailler avec les autorités locales pour dé-bretonniser définitivement la Loire-Atlantique.

Ces deux journaux sont donc globalement des adversaires farouches de nos idées, soit par conviction, soit à cause de ces subsides reçus de l’État (voire l’état des lieux de la situation des media en France). Dans le cas de Ouest-France, le nom du journal est de plus en lien avec ce territoire imaginaire du Grand Ouest mou dont les découpeurs parisiens rêvent, et la direction a tout intérêt a ce que cette fusion Bretagne Pays-de-Loire advienne un jour, quitte à faire définitivement disparaître la Bretagne. Il ne faut donc pas se faire d’illusions de ce côté-là.

On pourra remarquer également que ces deux journaux sont toujours assez proches des pouvoirs locaux au niveau des grandes villes, ce qui facilite grandement le fonctionnement des régies publicitaires. Il faut ainsi se souvenir de l’affaire dévoilée par Marianne en 2016 concernant certains marchés publicitaires octroyés par la Mairie de Brest à l’agence publicitaire liée au Télégramme. Quand l’agenda culturel de la Métropole rennaise a été confié sans sourcilier à Ouest-France deux ans auparavant.

L’intérêt de ces deux journaux est donc de ne pas faire de vague et de préserver l’état des choses autant que faire se peut, aux niveaux national et local, par conviction souvent, mais aussi parce que la situation financière de la presse écrite est difficile, et pas seulement dans l’Hexagone. Ainsi ces deux quotidiens sont très souvent distribués gratuitement (dans les cinémas, les Mac Donald, les établissements scolaires, aux élus, etc.), ceci de manière à prétendre conserver un tirage élevé, ce qui permet de conserver les aides de l’État au même niveau, mais aussi de garder la destination d’outil publicitaire au quotidien, quand il ne se vend plus mais reste feuilleté par des consommateurs potentiels au sens large.

Nous pensons que cette presse quotidienne, peu soucieuse de l’avenir de la Bretagne, devra s’adapter à la situation économique et sociétale qui se dessine, et que la solution sera de parler aux gens de ce qui les concerne vraiment, c’est-à-dire le local mais avec des analyses pertinentes, qui mettront en perspective le centralisme français, le gouvernement local par les Préfets face aux avantages d’une vraie décentralisation et du fédéralisme. Ils y viendront, parce que le lectorat a évolué, et les jeunes Bretons ne sont plus près à acheter des quotidiens qui présentent comme naturel un mode de gouvernance complètement dépassé. De ce point de vue là, comme nous n’avons que peu de prise sur cette situation sinon de ne pas acheter ces journaux, il faut faire confiance à l’évolution de la société bretonne, et imaginer que les lignes éditoriales de ces deux forts tirages évolueront pour garder le contact avec le lectorat breton.

On notera que cette « bretonnisation » des media sous la pression des Bretons eux-mêmes n’est pas une vue de l’esprit tant France Bleu Armorique a su trouver un nouveau slogan « ma radio de Bretagne » et a même affiché le Gwen Ha Du à l’entrée des studios rennais en pleine effervescence des Bonnets Rouges. Tout espoir n’est donc pas perdu, car se couper des Bretons pour la plupart de ces médias, c’est à terme se couper de lecteurs et d’auditeurs.

Pour en finir avec la presse écrite, gageons que si Le Télégramme continue sa marche vers l’est, il finira bientôt par être lu dans les cinq départements bretons. Ainsi, ce qui manque totalement à ces deux journaux que nous évoquons, c’est-à-dire une cohérence territoriale, pourrait bien devenir un jour une réalité pour le Télégramme. Imaginez donc ce titre diffusé sur les cinq départements bretons et changeant de nom pour devenir « le Télégramme de Bretagne » ! Ce serait un succès garanti, et influerait forcément sur la future ligne éditoriale.

Nous avons évoqué les radios, et nous rappelons que la Bretagne est, et c’est bien sûr volontaire, soumise au balayage de trois stations France Bleue. France Bleue Loire Océan, France Bleu Breizh Izel et France Bleue Armorique. Il est à noter que sur ces stations, hormis Loire Océan, le ton peut être beaucoup plus libre parfois quant à l’évocation de l’idée bretonne. D’abord parce que ces radios ont mieux compris que la presse papier l’importance de s’inscrire (même si il nous manque bien sûr une radio bretonne émettant en hertzien sur les cinq départements) dans le local, et de l’importance du mot Bretagne pour les Bretons.

 

En effet, l’attachement et parfois l’amour que les Bretons éprouvent pour leur pays, leur région, où quelque soit l’appellation que cette terre ait dans leur cœur, peut être un formidable vecteur d’adhésion pour les medias, ils le savent, et finiront par y souscrire.

 

Il existe par ailleurs sur ces ondes des journalistes souvent plus ouverts à l’idée bretonne que dans la presse écrite, et le ton-mais c’est dû au principe d’oralité du media en lui-même- est souvent beaucoup plus libre que dans notre presse écrite locale. Et pas seulement sur les sujets bretons. Mais il est tellement dommage, comme on l’évoquait dans l’état des lieux, que ces radios doivent décrocher pour « le national » pendant plusieurs heures chaque jour. Et on a alors le droit à des émissions d’une « beaufitude » avérée, puisque France Bleue dans son ensemble est devenue la radio entre autres des « Chevaliers du Fiel ». C’est alors qu’on remarque à nouveau avec stupéfaction que Paris prend vraiment les provinces pour une sorte de super garde manger, peuplé de ploucs attardés. Ainsi, quand on n’ose pas parler des langues régionales ou des histoires distinctes du « roman national » français officiel, les provinciaux sont invités à parler de recettes culinaires, parce que c’est un sujet qui ne fait pas peur… Et que cette identité française totalement abstraite, se fait finalement plus dans les casseroles que dans les têtes.

 

Pour ce qui est de la télévision, il n’y a pas plus à dire sur France 3 Bretagne (qui n’émet pas pour l’instant en Loire-Atlantique) que sur les radios du réseau France Bleue. Certains journalistes ont le ton un peu plus libre quant à l’idée d’autonomie de temps à autres, mais la situation en Écosse ou en Catalogne sud les a amenés à réfléchir. La plupart ne voit toujours pas le rapport à la Bretagne, parce que cela ne fait pas partie de l’ADN de la station.
Félicitons cependant les militants bretons qui ont permis, après des luttes qui se sont étalées sur des décennies, qu’il y ait des émissions en langue bretonne sur France 3. Souhaitons à ces programmes une longue vie, et gageons qu’un jour il y en aura davantage.

Espérons également qu’un jour une télé faisant partie du bouquet TNT pourra émettre sur toute la Bretagne, et non plus pendant quelques heures comme c’est le cas maintenant. Il est d’ailleurs anormal que l’effectif pléthorique de France 3 Bretagne ne permette pas d’émettre tout au long de la journée. C’est une situation anormale en comparaison de tous les autre pays européens.

 

Les trois télé locales ayant accès à la TNT font au moins un réel travail à l’échelle locale. Elles arrivent à travailler en réseau, ce qui pourrait annoncer un jour cette télévision bretonne attendue de tous. Mais on en est encore loin, et on voit sur ces antennes peu de relais de l’idée bretonne. On a même le droit à des reportages caricaturaux et insultants sur le mouvement breton, comme celui diffusé sur Rennes TVR au moment des régionales 2016.

 

En résumé, que ce soit à Ouest France, au Télégramme, sur les radio d’état ou la télé d’état émettant en Bretagne, peu de journalistes ont une quelconque sympathie pour les idées autonomistes, ou même le fédéralisme. Très peu également ont une quelconque culture en Histoire de la Bretagne. Gageons qu’un jour, ce métier normalement fait pour les curieux, amènera les nouveaux venus à s’intéresser à des événements qui ont concerné ce territoire pendant plus de dix siècles et dont leurs aînés n’ont pas la moindre notion. C’est dommage parce que cela les aiderait à comprendre la spécificité bretonne dans bien des domaines, et leur permettrait de comprendre également ce qui est à venir.

 

  • Les pistes d’avenir

Il nous faudra à terme mener à bien, avec de nombreux partenaires, ce projet de radio FM privée émettant sur toute la Bretagne. Certains ont déjà essayé, d’autres passent par le net. Mais ce projet de radio hertzienne est vital pour nous pour le futur, et il sera l’occasion d’un dossier spécial dès que nos travaux et discussions sur la question auront avancé.

En attendant, en dehors de soutenir certains media comme nous le proposons dans le premier attendu, n’hésitons pas à nous montrer, couleurs au vent, lors des manifestations que les media habituels ne peuvent pas ne pas couvrir. Ainsi le Gwen ha Du ne peut être effacé des photos de presse, pas plus que le Kroaz Du (que des journalistes mal informés considèrent comme réservé à l’extrême droite, et pourquoi donc ?). Et quand Armel Le Cléac’h gagne le Vendée Globe par exemple, pourquoi un bateau de chez nous n’est pas venu faire flotter un drapeau noir et blanc dans le champ des caméras ? Il y a des occasions pour lesquelles il va falloir s’organiser un minimum ! Car si les media dirigés de Paris, ou par des gens qui pensent comme eux font peu de cas de la cause bretonne, rien n’empêche cette cause bretonne de s’inscrire dans le paysage breton que ces gens filment, photographient et scannent. C’est notre pays après tout !

N’hésitons pas non plus, comme de nombreux militants le font  déjà, à intervenir sur les media officiels dès qu’il est question de Bretagne, sur les forums, referendum, etc. et relayons chaque fois l’information.

N’oublions pas non plus que de nombreuses video ayant trait au mouvement breton font de très bons scores sur Youtube. En attendant nos propres media, nous devons utiliser au mieux ce que les réseaux sociaux nous procure. Il est important de noter que de nombreux jeunes Bretons ont pris acquis une conscience bretonne qui ne cesse de croître chez les jeunes, c’est en grande partie grâce à ces réseaux sociaux, que l’État peu difficilement contrôler.

Soyons inventifs, nous pouvons gagner la bataille des media par une forme de guérilla, sur des media en ligne qui sont beaucoup plus souples et réactifs que les mastodontes qui nous ignorent. Et il y a fort à parier par ailleurs que le projet de radio privée hertzienne (un projet que nous allons détailler dans les semaines à venir) n’obtienne pas l’autorisation du CSA dans un premier temps. Là aussi ce s’est une joyeuse guérilla qui se prépare… Hasta la victoria !

 

 

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