Commerce intérieur & extérieur en Bretagne

 

Le commerce intérieur en Bretagne

En préalable, il est important de garder à l’esprit que l’espace commercial n’est pas seulement un lieu d’échange mercantile, il est aussi un vecteur structurant de l’espace partagé, en ce sens il est également intimement lié à la pratique de l’urbanisme.

Etat des lieux

On distingue trois grandes catégories dans la manière de commercer dans un espace donné ou à partir de ce lieu :

• Le commerce de proximité
• La grande distribution
• Le e-commerce et la vente par correspondance

Pour ce qui est du commerce non virtuel (proximité et grande distribution), il est à noter qu’il peut également se décliner en trois catégories qui se partagent entre commerce de proximité et grande distribution.

  • Le commerce intégré ou succursaliste,

Que l’on retrouve essentiellement dans les grands centres commerciaux, de périphérie, et plus rarement en centre ville. Ce type de commerce désigne un réseau de points de vente monté en propre par un groupe. Les produits et services sont distribués par les magasins appartenant à l’enseigne. L’entreprise est contrôlée par un groupe appartenant à une famille, des investisseurs ou divers actionnaires. Les points de vente sont dirigés par des salariés du groupe, et les enseignes sont le plus souvent présentes en périphérie des villes. :
Voici quelques exemples d’enseignes se développant en réseau intégré : Casino, Monoprix, Marionnaud, Séphora, Bouchara, Grand Optical, Maxi Livres, Darty, Décathlon, Habitat, Ikea, Euromaster, Flunch, etc…
On notera qu’au nombre des grandes enseignes qui sont nées en Bretagne, on trouve bien sûr les Centres Leclerc ou encore Intermarché, mais elles sont gérées sous le statut du commerce associé (voir plus bas).

  • Le commerce indépendant organisé,

Que l’on peut retrouver à la fois dans des grands ensembles commerciaux, mais aussi au cœur des villes, dans des boutiques isolées
Cette forme de commerce mise, d’une part, sur le dynamisme d’entrepreneurs indépendants et, d’autre part, sur la puissance d’une enseigne et d’un groupe. Ce dernier distribue ses produits et services par l’intermédiaire de magasins appartenant à des commerçants indépendants.
Au sein du commerce organisé, il existe plusieurs formes de réseaux qui font appel à des contrats, des relations, à une logique économique et à un état d’esprit différents. Elles sont de différents types, dont les 2 principaux sont :

a) La franchise :

Yves Rocher Breizh EuropaIl s’agit d’un réseau organisé par une entreprise, le franchiseur, qui concède par contrat son concept, sa marque et son savoir-faire à d’autres entreprises indépendantes, appelées franchisées. En échange, le franchisé est redevable d’une compensation financière. Le contrat inclut une enseigne commune, une politique commerciale commune, une assistance, une formation pour la transmission du savoir-faire et le plus souvent un approvisionnement en marchandises de la marque. Pour intégrer le réseau, un droit d’entrée est le plus souvent demandé. L’entrée dans le réseau fait l’objet d’une sélection des candidats à la franchise.
Voici quelques exemples d’enseignes se développant en franchise : Carrefour City, New Look, Léonidas, Fly, Jean-Louis David, Natur House, 5 à Sec, La Forêt, La Vie Claire, Kyriad, Subway, Starbucks Coffee, etc.
Et pour les marques nées en Bretagne : Yves Rocher, Del’ Arte, Brioche Dorée, Tradition Bretagne, etc.

b) Le commerce associé :

Brit hôtel Breizh EuropaLe commerce associé se caractérise par un réseau organisé et contrôlé par des commerçants indépendants, qui sont propriétaires des points de vente. Ces derniers se sont associés au sein d’un groupement de commerçants dans le but de mutualiser leurs moyens et de développer des politiques communes (achat, enseigne, opérations commerciales, formation, … ). La structure centrale ainsi constituée est la propriété du réseau.
Voici quelques exemples d’enseignes se développant en groupement : Leclerc, Intermarché, Système U, Biocoop, Intersport, Atol, Sélectour, Orpi, Point S, Gitem, Majuscule, Best Western, Joué Club.
Au nombre des marques nées en Bretagne, en dehors de Leclerc et Intermarché, on trouve par exemple le groupe hôtelier Brit Hôtel. Il existe par ailleurs d’autres modes de fonctionnement dans le commerce indépendant organisé, comme la chaîne volontaire, ou encore la concession exclusive.

  • Le commerce indépendant isolé,

se situe essentiellement en cœur d’agglomération ou de village.
La boutique est détenue par un commerçant indépendant qui gère de façon autonome son point de vente et n’est affilié à aucun réseau. À partir de 2 points de vente détenus, il est possible de considérer que le commerçant développe un petit réseau succursaliste.

Mesures proposées par Breizh Europa

A Breizh Europa, nous nous sommes penchés dans un premier temps sur l’opposition entre commerces de proximité, dont les plus emblématiques sont les commerces indépendants isolés, et grands centres commerciaux périurbains. C’est en effet dans cette apparente opposition que se jouent pour nous les enjeux les plus importants en termes d’urbanisme, et c’est d’une régulation intelligente entre ces deux pôles que naîtront un meilleur service, une consommation maîtrisée, mais aussi une économie durable.

Des mesures fortes pour sauver l’activité commerciale en centre-ville et centre-bourg

Préambule

Si « les 60 projets bretons pour réinventer les centres des bourgs et des villes » pilotés par la Région Bretagne depuis 2017 semblent être une bonne idée dont nous pourrons juger de la portée d’ici quatre ou cinq ans apparemment, il nous semble qu’il faudrait ajouter des mesures politiques fortes pour enrayer le déclin de certains centres villes.

En effet, si ces projets proposent une approche plus conviviale des centres urbains, soutiennent des démarches concrètes dans le domaine de la création artistique et la transmission des savoirs (comme à Mellionnec par exemple) ou mettent en valeur un patrimoine, gage d’une plus grande visibilité touristique dans la lignée de la formidable épopée des Petites Cités de Caractère, ils ne seront sans doute pas suffisants à grande échelle (c’est-à-dire sur toute la région) pour sauver durablement tous les centres -villes. Car les échanges commerciaux, dans ces périmètres à redynamiser, resteront le passage obligé vers une revitalisation pérenne des quartiers centraux.

Il faut également noter que si cette désaffectation des centres des villes et leur corollaire, c’est-à-dire la disparition des commerces de proximité, ont des explications intimement liées aux nouveaux modes de consommation, il ne faut pas oublier l’extraordinaire exode rural et surtout l’exode vers d’autres régions qu’a subis la Bretagne après la première guerre mondiale. Celui-ci n’a jamais été totalement corrigé, et il a fallu attendre 1968 pour que le flux redevienne positif entre départs de la région et arrivées. Cela signifie que la désindustrialisation de la Bretagne et le recul de l’agriculture, pendant des décennies, ont aussi joué leur rôle dans la désertification de certains bourgs et petites villes.

Néanmoins, c’est l’arrivée des grands centres commerciaux – dont les premiers installés en Bretagne remontent à la fin des années 1960 – qui a profondément modifié les modes de consommation de nos concitoyens et impacté lourdement la vie des bourgs et des centres – villes. Ces grands centres commerciaux copient le modèle des centres commerciaux américains dits « régionaux », qui furent les premiers à allier boutiques et centres de loisirs.

Une taxation sur les parkings des grandes surfaces

Cap Malo Breizh Europa

Centre commercial Cap Malo

Mais ce phénomène de déplacement des enseignes vers des centres commerciaux situés à la périphérie des moyennes et grandes villes bretonnes tient, autant que le vain espoir de payer moins cher tout en consommant plus, beaucoup au mode de déplacement que ces surfaces commerciales favorisent, c’est-à-dire le véhicule individuel.

En effet, ces centres commerciaux ont pu s’étendre et prospérer en grande partie parce qu’ils ont donné un rôle central à la voiture. Le consommateur bénéficie ainsi de places de parkings innombrables et gratuites, avantage décisif par rapport aux centres villes d’où on a essayé en parallèle de « chasser » les véhicules polluants. On notera d’ailleurs que la France est le premier pays d’Europe pour le ravitaillement en carburant dans les stations des GMS (grandes et moyennes surfaces). C’est dire si le lien entre consommation de masse et utilisation de la voiture est devenu fondamental.

Il serait bien sûr illusoire et incohérent de penser à faire revenir en nombre les véhicules utilisant les énergies fossiles dans nos cités bretonnes, mais il faut comprendre que la desserte massive par des voitures particulières des centres commerciaux péri urbains, voire situés en pleine campagne (Cap Malo entre Rennes et Saint-Malo par exemple), n’est pas non plus une solution viable.

Breizh Europa souhaite que le pouvoir politique prenne des mesures afin de maîtriser l’usage de transports individuels vers les centres commerciaux, pour des raisons de santé publique, mais aussi pour rééquilibrer la donne entre commerces périphériques et commerces de proximité.

Une première solution serait d’instituer une taxe à la place de parking pour les grandes surfaces et centres commerciaux. Ces places ont, en effet, le plus souvent été gagnées sur des terres agricoles ou des zones artisanales et plutôt que de taxer les grandes surfaces uniquement sur leur surface de vente (c’est le cas de la Tascom, cet impôt français aussi appelé taxe sur les surfaces commerciales), il conviendrait d’instituer en plus cette taxe sur la surface des parkings des grands centres commerciaux. Ce qui responsabiliserait ces structures quant à leur participation à la pollution ambiante et les inciterait à prendre les mesures qui s’imposent, comme s’installer en priorité sur des zones accessibles par transports en commun, ou à être en pointe sur l’installation des bornes de rechargement électrique, etc…

Si l’irrigation de ces centres commerciaux par les transports en commun progresse, en retour, le transport des marchandises vers les domiciles des consommateurs pourra se faire par le biais d’entreprises utilisant des véhicules électriques, comme nous l’avons déjà évoqué dans un communiqué précédent. La taxe sur les surfaces de parkings étant reversée directement aux villes qui abritent lesdits centres commerciaux, l’argent pouvant être réinvesti au cœur de ces communes.

Instaurer une manière radicalement différente d’envisager la vente des produits psychotropes, dont l’alcool

Mais il y a d’autres manières pour le législateur d’infléchir le pouvoir de la grande distribution et ses effets pernicieux pour l’urbanisme et l’environnement : en changeant par exemple la législation sur la vente de certains produits psychotropes tel l’alcool.

Tous les alcools titrant plus de 8° pourraient en effet être interdits des rayons des grandes surfaces et supérettes, et réservés à des boutiques spécialisées, comme cela se pratique en Suède (pour tous les alcools, dans les magasins d’Etat ou systembolaget), ou aux USA dans les liquor stores. Cela limiterait les possibilités de vente des grandes surfaces à la bière et au cidre, et cela impacterait donc peu les producteurs locaux pour ce qui est de la Bretagne. Les alcools titrant entre 9° et 20 ° pouvant être l’apanage des cavistes situés en centre – ville quand les alcools plus titrés seraient vendus directement par des magasins gérés par l’État. Magasins qui seraient bien sûr interdits d’accès aux mineurs. La mesure aura tout d’abord des avantages en termes de protection des mineurs avec une vente plus raisonnée des alcools forts, responsables de la plupart des comas éthyliques chez les jeunes. Mais surtout, ces boutiques, celles vendant des spiritueux et les cavistes, auraient obligation de s’installer dans un périmètre défini, au cœur des villes et des bourgs. Nul doute que cela aiderait sensiblement à la revivification des centres-villes, tout en permettant un meilleur contrôle de la vente de ces produits, loin d’être aussi anodins que leur présence en masse dans les rayons des grandes surfaces laisse supposer.

D’autres mesures pourraient être prises pour interdire l’ouverture de pharmacies dans les allées commerçantes des grandes surfaces et privilégier les pharmacies de centre-ville. Ce qui serait bon pour l’activité des centres-villes, mais permettrait aussi de retirer aux médicaments l’image de produits de grande consommation qu’ils ne devraient pas être.

Contre un urbanisme dévoreur de surfaces naturelles

Il est clair que les législateurs doivent prendre des décisions de ce type pour atténuer puis éradiquer la sinistrose commerciale et spatiale des cœurs de villes, car il s’agit, pour le bien-être de tous, d’une nécessaire et urgente recomposition des territoires. Car harmoniser les relations entre centres commerciaux et centres villes, leur trouver une complémentarité par certaines mesures évoquées ici doit permettre de contrer une tendance actuelle des plus absurdes, qui consiste à construire des lotissements autour des centres commerciaux périphériques, des sortes de villes hors-sol dédiées à la consommation de masse, gagnées sur les espaces naturels et où la voiture reste reine. Pour ce qui est de communes rurales, c’est autour d’un véritable « pacte rural » (que nous détaillerons à suivre) que doivent s’organiser les activités commerciales de demain et le maintien des services publics dans les bourgs.

Ainsi c’est seulement au prix de mesures drastiques (mais déjà appliquées dans des pays tout à fait démocratiques), que l’on pourra favoriser de meilleures manières de consommer et instituer des rapports de complémentarité entre les différentes zones commerciales, tout en gardant des centres – villes et des bourgs actifs.

La mise en place d’un pacte rural

Comment aider les bourgs et petites villes implantés en zone rurale à retrouver des lieux de rencontres sociales, culturelles et d’échanges économiques profitables à tous, comme l’église et la place du marché pouvaient l’être en d’autres temps ? Comment, au-delà du lien social, travailler sur un maillage cohérent des structures publiques en milieu rural. Voici, au cœur de notre « pacte rural » les mesures principales que nous proposons :

a) Instauration de marchés couverts partout où cela est possible

L’achat de murs ou la location d’un bail sont souvent dissuasifs à l’installation d’un commerce en centre des agglomérations, surtout parce que, tant que des mesures globales, telles que nous les évoquons auparavant, ne sont pas prises, ouvrir un commerce en centre-bourg représente un vrai risque. En parallèle, nous observons, ici et là, un regain d’intérêt pour les marchés de plein air.
Ainsi, si ouvrir un commerce de proximité peut faire peur, pourquoi ne pas, pour redynamiser les centres villes et centres-bourgs, penser à pérenniser des halles centrales partout où ce sera possible. Ces lieux, au centre des petites villes et des gros bourgs, sont partout plébiscités pour des raisons de convivialité, d’ambiance, de sociabilité, de la présence de revendeurs spécialisés, de producteurs en circuit court.
Il faut absolument développer ces structures, qui pourraient symboliquement remplacer l’église au milieu du village. La création de ces halles couvertes, qui abriteraient non seulement 2 fois par semaine un marché, permettrait à des artisans locaux de présenter leurs produits, mais aussi de tenir des expositions, le marché de Noël, des animation culturelles etc.. Ces halles deviendraient un lieu de rencontres et de convivialité qui n’existe plus dans les centre villes désertés ou dans les galeries des grandes surfaces.
L’idée étant d’offrir un lieu que chacun pourrait se réapproprier de façon simple et humaine sans avoir à céder à la tentation des temples de la consommation irraisonnée.

b) Mise à profit des regroupements de communes pour re-dynamiser les tissus des services publics

Nous militons à Breizh Europa pour le regroupement des communes plutôt que pour l’empilement des structures telles les intercommunalités ou syndicats mixtes divers. Notons que de nombreuses communes en Bretagne fusionnent depuis ces dernières années. C’est le meilleur moyen pour être plus efficace sans se perdre dans l’écheveau juridique des compétences et les doublons ridicules que provoquent les intercommunalités. Une fois la nouvelle commune agrandie créée, dotée d’un pouvoir et de compétences claires, il sera plus simple de veiller à une cohérence de services publics et de proximité, que l’on espère bien sûr être gérés à terme par des autorités bretonnes, sur tout le territoire de la nouvelle commune.
Ainsi une commune agrandie pourrait veiller à ce que chaque ancien bourg qui la compose abrite une part des structures nécessaires à la vie de la commune. Il suffirait alors de dispatcher intelligemment entre les différents bourgs qui auront fusionné juridiquement, la pharmacie, la poste, la maison médicale, etc. Afin que la commune autrefois la plus importante avant le regroupement ne centralise pas toutes les structures publiques, en dehors du marché couvert évoqué ci-dessus, car cela contribuerait à avoir un effet désastreux en termes d’aménagement rural, et annulerait les effets positifs de la fusion de ces différentes communes.

Si les structures fondamentales sont équitablement partagées entre les différents bourgs, il faut veiller néanmoins à ce que chaque bourg de la nouvelle commune bénéficie au minimum d’un Café/Epicerie/Presse/dépôt de colis (type d’établissements qui essaimait dans toute la Bretagne il y a encore une quarantaine d’années). A cette structure, il sera possible d’ajouter un restaurant et un point de vente de billets de trains lorsque le potentiel le permet.

c) Maillage des bourgs en petites unités dédiées à la culture et à la communication

Il faut également que dans chacun des ces bourgs existe une bibliothèque, qui peut servir à l’occasion de lieu d’exposition ou de conférence. Les halles évoquées auparavant, ne pouvant sans doute équiper que le bourg principal, ces bibliothèques décentralisées pourraient abriter également un ordinateur « public » sur lequel la personne ayant des difficultés à se servir de cet outil chez elle, ou chez qui cet outil n’existe pas, serait guidée afin de pouvoir l’utiliser au mieux. Ces lieux seront ainsi des sources d’emploi d’aide à la personne pertinentes pour ces communes rurales.

d) Rapprochement des crématoriums des lieux de vie

Il faut rappeler tout d’abord qu’en termes sanitaires et écologiques, une crémation a un impact plus faible qu’une inhumation classique. Or les cimetières ont longtemps été situés au cœur des villages bretons, avant de commencer à en être écartés des les années 1930. Mais jamais ils n’ont été construits dans des zones industrielles ou artisanales de moyennes et grandes villes, là où sont construits à l’heure actuelle la plupart des crématoriums et funérariums. La mort, en Bretagne, si elle fait peur et pose bien sûr question, comme partout, n’en était pas moins considérée comme une échappée vers une autre existence (que l’on fut chrétien ou non), et l’enterrement était également un moment de recueillement et de communion au cœur du village, à l’église tout d’abord, ou un autre lieu cultuelle puis au cimetière. Il est donc primordial, à l’heure où le marché des pompes funèbres mais surtout de la crémation est source d’étonnantes prises de bénéfices de la part d’opérateurs privés, de redonner aux pouvoirs publics locaux une plus grande responsabilité dans la gestion de cette problématique de l’incinération.

Crématorium Breizh EuropaAinsi, même si chaque commune agrandie ne pourra sans doute pas prétendre à avoir son propre crématorium, il faut absolument que les zones rurales puissent en bénéficier, à l’exemple de Carhaix, dans le Poher. En effet, aller faire incinérer les défunts dans les zones commerciales ou industrielles de villes voisines est une hérésie. Nous militons donc pour un maillage raisonné des crématoriums et funérariums sur le territoire breton. Ainsi, ces cérémonies pourront à nouveau se faire au plus proche du lieu de vie des défunts, ce qui est important dans l’accomplissement du deuil chez les proches, mais surtout elles constitueront à nouveau un moment de rencontre pour les gens d’une communauté, qui pourront, dans la plupart des cas, s’y rendre en transport doux.

 

e) Importance d’une politique de transports adaptée en milieu rural

Toutes ces mesures devront être associées à des mesures sur les transports fortes également. Nous y reviendrons dans le chapitre transport de notre projet, mais d’ores et déjà, il est crucial d’imaginer des services de transport de personnes âgées ou isolées, par minibus où véhicules dédiés, électriques, gérés par la commune. Ces mesures créatrices d’emplois, sont nécessaires pour une véritable sociabilisassions de tous. Elles vont de paire avec le maintien, et même la réactivation, des petites lignes ferroviaires, qui irriguaient elles aussi la Bretagne il y a encore quelques décennies.
Aucun parti pris passéiste dans ces mesures, mais il faut se souvenir que toutes ces structures décentralisées, tant au niveau des transports que des services, ont disparu avec l’avènement du « tout voiture ». Dans la mesure où la fin de cette ère du transport individuel polluant est annoncée, il est naturel de redéfinir des priorités en termes de transport qui soient plus cohérentes pour tous, et principalement pour une bonne irrigation du tissu rural. On pourrait d’ailleurs imaginer que dans chaque point café – épicerie – presse, au cœur des villages, il y ait également un point de vente de billets de chemin de fer.

Ce pacte rural, associé aux mesures évoquées pour sauver le commerce de proximité, permettra de rendre la vie dans les campagnes et dans les petites villes beaucoup plus cohérente en même temps qu’épanouissante.

En conclusion :

Création  d’une charte des Maires de Bretagne

Nous défendrons avec Breizh Europa toutes les mesures évoquées ici, au moment des élections municipales, mais aussi tout au long des années à venir.

Mais nous savons que toutes ces pistes proposées ne peuvent se matérialiser que s’il existe en parallèle de la part des maires la volonté d’une politique raisonnée quant à l’attribution de terrains commerciaux à l’extérieur des ville par exemple, ou encore chez ces mêmes édiles, qu’il y ait une vision réellement décentralisatrice du maillage en équipements de tout le territoire qu’il a à gérer. Sans parler d’une vision des transports allant contre toutes les formes d’isolement de telle ou telle catégorie de la population.

Une Charte des Maires de Bretagne devra être mise en œuvre. Elle rappellerait à chacun qu’en dehors de défendre les intérêts de sa propre ville ou commune, ce qui est naturel, il doit aussi tenir compte de la vie de territoires plus vaste, et du bien-être de tous les habitants d’un pays encore plus grand : la Bretagne.

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