Une campagne atypique, un futur chef de l’Etat atypique ?

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Avr 252017
 

Présidentielle 2017 Breizh EuropaCette Présidentielle 2017 aura connu une étrange campagne, par ses affaires et par ses 11 candidats déraisonnables.

Déraisonnables en effet car si en dehors des propositions de réformettes habituelles inhérentes à l’idéologie de chacun des camps, ou les outrances de certains qui voudraient rendre l’Europe responsable de tous les problèmes de ce pays, aucun des candidats n’a eu un mot pour une réforme qui devient incontournable: une véritable décentralisation.

Décentralisation

Celle-ci permettra de relancer une économie française en perte de vitesse et de réconcilier nombre de citoyens non pas avec la politique, mais avec les politiques. Cette décentralisation qui est une façon de gouverner et de gérer avec justice les territoires est à l’œuvre depuis longtemps dans la plupart des pays européens. Ainsi le fédéralisme allemand est l’une des clés de la réussite économique du pays qui résiste bien mieux à la crise que ce que ne permet la gouvernance ankylosée française. Cette décentralisation impliquera de la proximité, beaucoup moins d’opacité. Et par là moins de gaspillages, d’erreurs dans des projets coûteux décidés de Paris, moins d’abstentionnisme, plus d’efficacité économique, plus de lien social et plus de démocratie. Cette nouvelle vision permettra également de réveiller les solidarités naturelles, d’étayer les projets d’une cohésion sociale bien plus solide à l’échelle de certaines régions que dans cet Hexagone indivisible et indistinct à la fois.

Projet décentralisateur

De nombreux candidats ont invoqué quasi religieusement le Président De Gaulle, qui-justement- avait lors d’un référendum en 1969 (référendum raté pour les raisons que l’on connaît) présenté aux Français son projet décentralisateur. Etrangement, aucun des candidats ne s’est emparé de ce projet gaulliste qui remonte à bientôt 50 ans, et réclamé pourtant par nombre d’élus régionaux. C’est à croire, d’une part, que les 11 n’ont jamais voyagé en Europe afin de s’inspirer de ce qui fonctionne bien ailleurs. Et, d’autre part, on peut se demander si ceux qui ont souhaité accéder à la fonction présidentielle ne sont pas intimement persuadés que la centralisation française est un mal nécessaire afin que la République n’implose pas… Nous affirmons ainsi pour notre part qu’il y a dans ce pays un problème fondamental d’identité et que le repli sur soi régulièrement invoqué par les jacobins à l’encontre des régionalistes n’est pas là où l’on croit, car le repli sur soi est bien celui des patriotes et nationalistes français. Ceux-là même qui sont si fiers de ne parler qu’une seule langue, et qui se contentent d’un roman historique national, si cher à François Fillon, mais pourtant truffé d’erreurs, d’anachronismes et de révisionnisme pour les Bretons, Corses, Alsaciens, Ultra Marins et bien d’autres.

Incarnation de la modernité ?

Bien entendu, nous ne pouvons nous satisfaire d’un Front National présent au second tour et il s’agit de combattre ce nationalisme français quand il est poussé à son paroxysme. Et si nous appelons à voter Emmanuel Macron nous resterons vigilants sur la suite des événements. Curieux de savoir si Monsieur Macron s’inscrit dans la continuité de ce que nous vivons depuis des décennies ou s’il incarnera la modernité à laquelle il prétend.
Il reste au leader d’En Marche deux semaines pour nous prouver qu’en plus d’avoir été un candidat atypique (au projet cependant relativement flou) il souhaite devenir un Président atypique, réellement réformateur, c’est-à-dire profondément décentralisateur.
Puisque les journalistes ne semblent pas relever un fait important- car la vie des régions ne les intéresse sans doute pas- nous faisons remarquer à Emmanuel Macron que c’est bien la Bretagne historique, c’est-à-dire à 5 départements, qui est la région qui a le plus voté pour lui. Nous lui saurions gré qu’il s’en souvienne.

Caroline Ollivro

Présidente de Breizh Europa

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Bretagne réussie, Bretagne réunie

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Fév 022017
 

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Bloavezh mat de la part de tous les membres de Breizh Europa, mes meilleurs vœux à toutes et à tous. En ce début 2017, j’ai beaucoup tardé à souhaiter la bonne année car vouloir le meilleur pour les siens est nécessairement lié à la Bretagne. Or, je ne peux envisager le meilleur pour mes proches, pour les Bretons et les amis de notre pays en l’absence d’une Bretagne réunifiée et prospère. Mais si ce n’est de droit en 2017, notre Bretagne peut-elle exister de fait ?

Des régions fortes et autonomes pour l’apaisement social et une économie dynamique

La réunification est évidemment la condition incontournable d’une bonne dynamique économique retrouvée, comme l’est, aux yeux de Breizh Europa, la nécessaire responsabilisation des citoyens grâce à une autonomie régionale impulsée au quotidien par les Bretons eux-mêmes et non octroyée par Paris. Paris ne donnera rien car l’Etat français est devenu un géant aux pieds d’argile aux aguets, qui craint plus que de raison des régions fortes, pourtant gages d’un apaisement au sein d’une société française fracturée et socles solides d’une économie plus prometteuse. Nous l’affirmons car nous l’avons constaté en Europe, des régions autonomes dans leur gestion -c’est-à-dire avec un Parlement régional aux élus de proximité informés et clairement identifiés par la population, doté de larges prérogatives et destinataire amplement des subsides de l’imposition- sont plus efficaces, réactives aux problèmes ou aux opportunités sur les plans social et économique. Or, ces régions -là ne sont évoquées et défendues que dans un seul des programmes des candidats aux Présidentielles, celui de Christian Troadec. C’est la raison pour laquelle Breizh Europa soutient le candidat des régions et donc de la reprise économique. Le Mouvement espère que le maire de Carhaix va obtenir ses 500 signatures, malgré l’ostracisme répandu chez certains médias nationaux lorsqu’il ne s’agit pas d’un candidat ancré dans un appareil de parti à la française. Malgré aussi, on l’imagine, les pressions éventuelles (liées aux investitures pour les Législatives) auprès des soutiens potentiels du Breton.

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Les expériences démocratiques en Bretagne

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Nov 242016
 

Caroline Ollivro, Présidente de Breizh Europa les expériences démocratiquesCet éditorial sur les expériences démocratiques en Bretagne s’inspire d’une conférence réalisée à Guingamp le 15 octobre dernier au Centre culturel breton, lors d’une journée organisée par l’Institut de Documentation Bretonne et Européenne (IDBE). Les propos qui suivent n’engagent que leur auteur.

Il existe des expériences démocratiques partout dans le monde que nous appellerons aussi stratégies de contournement. Ces expériences sont malheureusement fréquemment noyées dans le sang dans les pays de dictature. Alors qu’elles prennent de l’ampleur depuis le XXe siècle et apparaissent par exemple comme des sas de respiration dans un pays travesti en patrie des droits de l’homme, la France. Ces stratégies de contournement seraient des soupapes qui pourraient éviter au pays de sombrer dans le chaos. Aussi ces expériences démocratiques peuvent être combattues par l’Etat mais la plupart du temps elles sont tolérées. Et parfois même, elles anticipent le droit qui finit par valider un état de fait ; ou alors elles influencent l’action du gouvernement qui doit plier face à une démarche qui rencontre l’adhésion populaire (les Bonnets Rouges contre l’écotaxe par exemple). Ces stratégies de contournement existent par réaction à un Etat jacobin qui ne répond pas aux aspirations démocratiques de la majorité des citoyens. Et elles sont d’autant plus importantes et nécessaires en Bretagne car la région est à la fois le penn-ar-bed de l’Europe- un territoire un peu à part géographiquement- et historiquement c’est une terre d’indépendance, une région à l’inventivité et à la solidarité marquées.
Par souci de simplification, il s’agira ici de classer en deux catégories ces expériences démocratiques nombreuses au risque bien entendu d’en oublier, hélas, beaucoup. D’une part, les expériences démocratiques qui naissent des manquements de l’Etat ou bien qui éclosent face à l’obstination jacobine d’un gouvernement. D’autre part, des expériences démocratiques « épidermiques » -le rejet d’un projet- qui entraînent des manifestations, des actions coup de poing… Ces différentes stratégies de contournement rencontrent parfois le succès, parfois l’échec.

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Les enseignements de la manif du 24 septembre à Nantes

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Oct 072016
 

Caroline Ollivro, Présidente de Breizh EuropaLa manifestation de Nantes du 24 septembre pour la réunification n’a sans doute pas réuni autant de monde qu’espéré. Elle n’ en a pas moins eu le mérite d’ exister et mettre 5000 personnes dans la rue pour cette juste cause reste parfaitement honorable et validerait dans n’importe quel autre pays européen (surtout après des années d’autres manifestations) une consultation démocratique. Mais pas ici.

Surdité du pouvoir et censure des média

Des conclusions doivent alors être tirées puisque ces manifestations sont supposées, au-delà de la surdité du pouvoir central, a minima de faire connaître la revendication bretonne. Or, en termes d’écho dans les média, caisse de résonance incontournable dans ce genre de démarche, nous avons pu remarquer deux aspects très négatifs quant au traitement de cette manifestation.

D’abord les média parisiens ont préféré évoquer la manifestation de Belfort qui n’a pourtant pas réuni plus de monde. Tout simplement parce que ces média ayant leur source à Paris ne s’intéressent pas du tout aux problèmes structurels de la Bretagne. Sans doute aussi parce qu’on les invite dans les rédactions à ne pas en faire l’écho. Mais nous y reviendrons.

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