Jean-Marc Huitorel, critique d’État

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Août 142018
 

C’est l’été : de nombreux journalistes de Libé étant en vacances, on fait appel à des supplétifs pour remplir les colonnes. Samedi 2 août c’était au tour de Jean Marc Huitorel, critique d’art rennais, de mettre le pied à l’encrier pour nous conter la genèse de la Vallée des Saints. On avait déjà eu le droit aux élucubrations, dans la même veine, de son amie Françoise Morvan au moment de la breizh touch !, et on pensait qu’il s était agi d’une erreur de prescription chez l’auteure ou d’un problème d’appréciation à la rédaction, mais non, il y a une logique !

Car si JMH est critique d’art, il est surtout, comme son acolyte, spécialiste en complots triskellisés : leur dada c’est le triptyque libéralisme-chrétienté-nationalisme qui se trouverait engagé, en lousdé, derrière la plupart des événements et mouvements politico-culturels créés en Bretagne ces dernières années (Festival Interceltique, Ecoles Diwan, Bonnets Rouges, Produit en Bretagne, etc.). À les écouter, il vaudrait mieux d’ailleurs évoquer un trident, car le phénomène les inquiète terriblement, d’autant qu’à la tête de ce néfaste dessein prospère l’institut de Locarn, think tank que Morvan assimile dans son réjouissant grimoire Le monde comme si à une émanation bretonne de l’Opus Dei, liée aux Habsbourg autant qu’à la finance mondiale, sans oublier les éleveurs de porcs. Mais les néo nazis ne sont jamais loin non plus. Ça fait du monde !

Huitorel, sans doute lui aussi diplômé de l’école de Poudlard, joue légèrement plus petit bras que sa consoeur, mais il est néanmoins en pleine forme car il devine derrière cette vallée des saints : « culte des héros, des morts et… des saints, reconstruction d’un passé mythifié, renouveau spirituel, revendication identitaire face aux dangers du multiculturalisme amplifiés par les récents phénomènes migratoires. Vieille antienne. Articulé à l’antique irrédentisme breton, tout cela se plaît à flatter le sentiment d’appartenance, sinon le nationalisme. Et quid de la proposition «artistique» ? » . JMH nous indique également que l’institut de Locarn est une entreprise « dont l’idée fondatrice est que le développement économique revêt intrinsèquement la forme de la guerre ». Ça phrase, ça farte et ça ne rigole pas chez ces instruits des bords de Vilaine ! Ça devrait forcer le respect !

Huitorel Breizh EuropaÀ suivre, JMH nous explique que les statues n’ont aucun intérêt, qu’elles sont toutes moches et ne s’emboîtent dans aucun concept digne de ce nom. Et au-delà, comme le projet découle du funeste complot décrit plus haut, rien ne trouve grâce aux yeux de l’acide critique. Rien de rien. Et JMH de s’acharner sur la vallée avec la fougue désordonnée d’un Zadiste lâché dans les rues de Nantes…
Pourtant, sur le lieu de la discorde, l’approche postmoderne de l’ensemble implique une certaine distanciation ; et si on n’aime pas la vue sur les Saints on bénéficie par ailleurs d’une perspective imprenable sur le Centre Bretagne. Tout cela aurait pu calmer l’auteur. Mais non ! Au contraire ! Et pour ce qui est de l’emplacement justement, JMH, à qui on ne la fait décidément pas, fait remarquer que la Vallée des Saints est en fait une colline : une autre preuve que le projet n’est pas net ! En tant que critique d’art, il devrait pourtant savoir que si une pipe n’est pas toujours une pipe, il peut en être de même avec les vallées.

Au fond, il se pourrait que les instigateurs de ce concept, ainsi que les sculpteurs, soient beaucoup plus futés que JMH ne l’imagine. D’ailleurs, au détour de son texte labyrinthique, dans lequel il cite des intellectuels qui ne sont plus là pour protester (Althusser, Marx, Eco, en vrac), il annonce qu’un autre projet est dans les tuyaux, celui d’« une Cité de la paix, reconstitution d’habitats traditionnels des cinq continents, en lien avec les milieux missionnaires, dans le nord du Morbihan. » Avec derrière, suppute l’auteur, les mêmes puissants maléfiques (les chrétiens ultralibéraux nationalistes bretons), et en tous cas le même maître d’oeuvre: « Philippe Abjean, ancien prof de philosophie, (…), fervent catholique, proche des missions africaines. »
C’est là qu’on commence à décrocher, car de grâce JMH, sachez que trop d’info tue l’info ! Parce que s’il s’agit maintenant de villages des cinq continents et de missionnaires africains installés en Morbihan, quid du supposé repli sur soi qui gangrènerait ces projets ? Quant au nationalisme, serait-il finalement panafricain ?

Après une nouvelle salve d’arguments dont la cible paraît toujours incertaine, dans un rare moment de clarté, l’auteur reconnaît cependant que l’événement amène foule de visiteurs et pourrait dynamiser l’économie d’un Centre Bretagne qu’il estime sinistré. Mais il s’inquiète malgré tout car, sur la colline « (les) services archéologiques tirent la sonnette d’alarme quant à la préservation de la zone et se réservent la possibilité d’investigations futures ». C’est un rappel à l’ordre cinglant pour les zazous du granit ! En effet, il se pourrait bien qu’avec leurs statues « pas si solidement si l’on raisonne en termes de sécurité, comme il commence à se dire ici et là » précise JMH dans une approche du genre scientifique cette fois, les agités du burin soient en train de souiller une zone qui recèlerait des trésors archéologiques ! Des trésors authentiques !
Alors, que fait la police ? Semble demander l’auteur au bord du collapsus, et comment a-t-on pu laisser le lieu se transformer en Mandarom breton où « ce n’est pas de l’art qu’on vient chercher ici, comme le montre clairement la teneur des visites guidées, ce sont des histoires à entendre, des légendes comme les enfants les aiment. Et par-dessus tout du spectacle, de l’effet spécial, un décor où le granit, paradoxalement, devient carton-pâte. » ?

Huitorel Breizh EuropaLà, on commence à mieux comprendre où veut en venir le flingueur de pierres : ainsi tous ceux qui rêvent d’une Bretagne autre que celle que l’État français nous garantit authentique (entre autres par des fouilles archéologiques estampillées « sérieuses » ou encore par une interdiction d’utiliser des consonnes déviantes telles le ñ), tous ceux-là sont des enfants, des niais, des attardés.
Et pour JMH, on peut compter sur les penseurs d’État, dont il fait partie, pour mettre fin à la gabegie et aux enfantillages sur la colline et dans les arrière-cuisines de la culture bretonne dite populaire. Il est en tous les cas de la plus haute importance d’écouter les gens de sa bande, qui ont l’insigne honneur parfois de passer sur France Culture, d’être publiés dans Libé, d’être adoubés sur les bords de Seine. Eux savent et nous démontrent à longueur d’interventions : que la langue bretonne n’est pas vraiment une langue, parce qu’elle était diverse mais qu’il ne fallait surtout pas l’unifier (Ah bon, c’est pourtant comme ça qu’on a fait ailleurs non ?), qu’en tous les cas l’accent des enfants de Diwan n’est pas le bon, puisqu’il ne serait pas authentique ; que la Bretagne n’a rien de celtique (ce n’est rien qu’une invention pour vendre des disques et des drapeaux). Et que si l’histoire de Bretagne s’éloigne du roman national français, c’est parce que les universités bretonnes ont été noyautées par des enseignants « nationalistes ». Même l’institution Région Bretagne en prend pour son grade, à soutenir ainsi les déviants dans les vallées.

Et l’antenne des penseurs d’État installée à Rennes n’a pas confiance non plus dans le mécénat, jugé en l’espèce louche, et couteux ! « Mais si on utilise les dispositions de la loi mécénat, c’est deux fois moins cher, ce qui fait que, par ricochet, ce sont tous les contribuables qui payent » se plaint JMH, parce que ce mécénat-là permet non seulement à la finance mondiale bretonne de pervertir l’art, mais surtout met finalement en partie l’État à contribution. Sacrilège !
Au débotté, on découvre dans la biographie de l’auteur, que JMH est également commissaire d’exposition, à Calais puis à Bordeaux ces dernières années. A-t-il eu lui recours au mécénat pour ces expositions, ou sont-ce nos impôts qui en payent l’intégralité ? Quand les journalistes de Libération reviendront, ils pourront toujours lui poser la question. Ici, en Bretagne, la réponse nous intéresse. Rappelons au passage à JMH, fier pourfendeur du libéralisme corrupteur à la mode bretonne, que le journal qui lui a ouvert ses colonnes appartient aujourd’hui à un banquier. Mais celui-ci vit à Paris, alors pour Jean-Marc c’est la classe !

Huitorel Breizh EuropaEnfin, après d’autres circonvolutions qui nécessitent parfois que l’on fasse pivoter de 45° le quotidien fondé par Jean-Paul Sartre (qui doit bien se marrer parfois) , JMH, spécialiste en art authentique réellement authentique, livre sa conclusion finale, qu’il imagine apothéotique :
« Certes, n’était ce sentiment diffus d’une subtile escroquerie qui consiste, sous couvert d’un soi-disant art soi-disant populaire, à nous faire prendre les vessies pour des lanternes, l’idéologie pour l’art, l’économie touristique pour la culture, le tout avec la bénédiction admirative des diverses représentations économiques et politiques régionales dont on peut légitimement se demander ce qu’elles soutiennent et défendent vraiment dans ce type d’initiative. »
Ça se précise, ainsi tous ceux qui vivent et imaginent la Bretagne autrement, afin qu’elle ne disparaisse pas, étouffée par les décrets préfectoraux, les diktats de l’Éducation Nationale, l’incompréhension parisienne et les penseurs d’État, sont, en plus d’être des enfants, rien moins que des escrocs, et les institutions qui les soutiennent ont sûrement une idée nauséabonde derrière la tête.
Nous évoluons dans le monde comme si (jugé non authentique par JMH et sa clique), quand eux arpentent le monde comme ça, le seul, le vrai. Comme ça et pas autrement. On devrait circuler, mais non, on insiste, on ne comprend décidément rien… N’en jetez plus Jean-Marc, la vallée est pleine.

Et si tout cela n’était, chez notre critique d’État et ses amis, qu’une histoire de frustration finalement : celle de ne pas être prophète en ce qu’ils considèrent tout de même un peu comme leur pays, tant tout ce qui se passe en Bretagne semble les gratter jusqu’au sang, celle de n’être écoutés que quand Paris leur tend le micro, celle de faire partie des « rares voix discordantes (qui) semblent de peu de poids. »
Alors, comme nous, les Bretons du bout du monde comme si, nous ne sommes pas revanchards, nous proposons que l’on octroie une autre colline à JMH et à son posse estampillé France Culture. Ils pourraient ainsi créer, en Centre Bretagne, une exposition qui soit enfin artistique, validée par l’État et ses services. Et sans mécénat breton surtout ! Vade retro, rien qu’avec de l’argent public ! Cerise sur le Paris-Brest, chaque jour, avant la fermeture, JMH pourrait donner une conférence d’une heure ou deux, pendant que ses amis vendraient leurs livres sur des tables de camping made in France. Ambiance, rires et affluence garantis !

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

Entre guillemets on trouve des extraits de l’article paru dans Libération

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La Révolution En Marche ?

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Juil 052018
 

Dans une auto interview récente sur Facebook live, le premier ministre Edouard Philippe et le ministre Nicolas Hulot énuméraient les menaces écologiques  liées aux pénuries qui pèsent sur notre société humaine mondialisée. Un peu avant son élection, le président Macron s’inquiétait des fractures qui se faisaient jour dans la société française, constatant que, je cite: « nous avons progressivement abîmé cet élitisme ouvert républicain qui permettait à chacune et chacun de progresser. Nous avons arrêté la mobilité ».
Il semblerait donc que dans les hautes sphères de la république on se pose des questions sur l’avenir de nos sociétés, et plus particulièrement celui de la société française. Ils sont là pour ça me direz-vous. Mais ont-ils les bons logiciels pour seulement envisager d’éviter le pire ?

On en doute car dans le domaine de l’écologie par exemple, le bon Monsieur Hulot n’a strictement rien obtenu sur le nucléaire et à la fuite en avant programmée dans le domaine, ni sur le glyphosate et autres gâteries chimiques qu’on retrouve jusque dans nos bières.

Dans le domaine social, le président regrette que l’élitisme républicain soit en berne, ce qu’on pourrait traduire par un constat de panne de l’ascenseur social version française, cette ascension « au mérite » qui se faisait grâce à un système éducatif autrefois plus performant sans doute. Mais il continue par ailleurs de vanter les vertus des « premiers de cordée » qui, puisque l’ascenseur social est en panne, sont pour la grande majorité les enfants des classes dirigeantes.

Pourtant, face à ces dérives et ces dangers réels, le gouvernement ne propose pas grand-chose de novateur. Pas d’électrochoc en tous les cas : des réformes ici ou là, dont l’avenir dira, s’il a le temps, si elles apportent quelque amélioration. Mais on en doute, surtout quand on apprend, entre autres joyeusetés, que l’abandon de la Taxe d’Habitation va être compensé par la dette publique.

Quant à l’industrie, secteur prioritaire selon le Président, on nous avertit que la société américaine General Electric, qui avait racheté la branche énergie d’Alsthom –impliquée dans les centrales nucléaires françaises- après des négociations houleuses, cette société donc non seulement ne tient pas ses promesses en termes d’emploi, mais vient, il y a deux jours, d’être éjectée du Dow Jones. Dans le domaine du nucléaire toujours, il est confirmé que les cuves de l’EPR de Flamanville souffrent de défauts de conception qui mettent en cause l’usine du Creusot appartenant à Framatome. Le ciment ne va pas mieux, puisque le cimentier français Lafarge a été mis en examen jeudi dernier, après deux ans d’enquête, pour « complicité de crimes contre l’humanité » : en cause ses liens avec Daesch. A-t-on vraiment des premiers de cordée à la tête de ces groupes Monsieur le Président ?

Pour compléter le tableau, un rapport sénatorial, paru la semaine dernière, fait un état des lieux alarmant du moral et des conditions de travail dans la gendarmerie et l’armée. Sans parler d’un autre rapport récent, issu de la chambre régionale des comptes de la région Sud, qui fustige la longue dérive financière de l’hôpital de Marseille, mais cela pourrait concerner de nombreux autres établissements hospitaliers sur le territoire… Et on pourrait continuer longtemps la liste des secteurs en déshérence ou menacés dans l’Hexagone.

Voilà, la situation est plus qu’inquiétante. Mais, atteints sans doute du syndrome Marie-Antoinette, voilà que l’État et ses relais (préfets, recteurs d’académie) mettent toute leur énergie à combattre les désirs d’élèves qui voudraient passer leur bac en breton en Bretagne, ou en basque au Pays Basque. Un État qui par ailleurs renvoie les Corses à leur maquis en méprisant leurs demandes pour plus d’autonomie, et ce alors que les urnes ont placé les camps indépendantistes et autonomistes loin devant tous les autres partis traditionnels aux dernières élections.

Que le gouvernement continue ainsi et, dans quelques mois, est-t-il besoin d’extrapoler beaucoup pour imaginer Edouard Philippe et le Président, installés à une fenêtre du Palais de l’Élysée, observant la rue, l’air inquiet ?
Là, le premier ministre, se lance, sur un ton grave :
« Monsieur le Président, les écologistes réclament toujours l’arrêt du nucléaire, et il faut admettre que deux de nos centrales devraient être stoppées depuis longtemps… Par ailleurs, les militaires sont à bout, les hôpitaux sont ruinés et les pauvres, malgré toutes vos mesures, hardies mais plus ou moins bienveillantes, restent pauvres. La situation à Mayotte et Cayenne est de plus en plus préoccupante. Et il y a plus bizarre : des Basques continuent de vouloir passer leurs bac en basque, même chose en Bretagne, quant aux Corses, ils veulent toujours l’autonomie. Mais, plus grave sans doute, presque tous demandent du pain ! Le jeune président, toujours élégant, acquiesce en souriant, puis il éructe soudain, comme il le faisait lors de ces derniers meetings de campagne : « Qu’ils mangent de la brioche ! »

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

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Liberté pour la Nouvelle-Calédonie !

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Mai 102018
 
Peuple Kanak Nouvelle-Calédonie Breizh Europa

Photo AFP Ludovic Marin

Le président Macron est allé en Nouvelle-Calédonie il y a dix jours et on peut dire que, même s’il s’est montré un peu plus prudent qu’en Corse, il n’a pas manqué de faire savoir qu’il préférait que la Nouvelle-Calédonie restât dans « la communauté nationale » après le référendum.

Une communauté nationale dont le Président de la République a redéfini l’Histoire, quelques jours après, s’exprimant en Métropole au sujet de la baisse des APL, par ces mots : « L’histoire de notre pays, c’est une histoire d’absolu, c’est un amour de la liberté au-delà de tout, c’est une volonté de l’égalité réelle ».

L’apprentissage forcé d’un roman national

On peut bien sûr sourire de cette définition, tant il est évident qu’en France, il y a des gens plus libres et plus égaux que d’autres… On peut aussi remarquer que la manière dont la Corse, la Bretagne ou encore l’Alsace par exemple ont été intégrées dans cette communauté nationale, décrite de manière si enflammée par le Président, ne doit rien à une quelconque liberté de choix. Mais, l’apprentissage forcé, pour tous les résidents de l’Hexagone, d’un roman national simplificateur et révisionniste, et l’injonction d’abandonner officiellement les langues et les histoires dites régionales, ont pour l’instant calmé l’ardeur à pratiquer « l’amour de la Liberté au-delà de tout ! » dans la plupart de ces actuelles régions.

Cependant, quand il s’agit des DOM-TOM, intégrés souvent beaucoup plus tard dans cette fameuse communauté nationale (hormis la Corse, la Savoie et le Comté de Nice), la question de leur liberté de choix quant à l’adhésion à cette communauté laisse encore plus perplexe. Surtout quand on sait que ces poussières d’empire colonial ont non seulement été prises par la force pour la plupart, mais ont surtout servi de réservoir ou de plaque tournante pour la traite des esclaves.

Haïti, l’insoumise

Rappelons ici qu’Haïti, qui refusa de se soumettre plus avant à ce système esclavagiste (il faut rappeler que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen n’abolissait pas l’esclavage !!!), en déclenchant une rébellion qui amena à la déclaration d‘indépendance en 1793, fut forcée, sous la restauration, en 1825, de payer une somme de 150 millions de francs-or (soit le budget annuel de la France de l’époque). Cette somme, renégociée par la suite et intégralement payée, servant alors à «indemniser» les anciens colons français, maîtres d’esclaves, pour perte «de propriété», en échange de la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti.

Depuis, la France, y compris récemment par la bouche de Sarkozy ou encore Hollande, refuse toujours de rendre cette somme à Haïti, qui en a pourtant bien besoin. Mais cette terrible injustice est sans doute liée à la « volonté d’égalité réelle » vantée par Macron, et qui serait là aussi inscrite profondément dans les gènes de ce pays. C’est noté !

Les indigènes de la République

Kanaks exposition coloniale 1931 Nouvelle-Calédonie Breizh EuropaSouvenons-nous également que, seulement quelques années avant la deuxième guerre mondiale, la République organisait une exposition coloniale à Paris, en 1931, dans laquelle des Kanaks, entre autres « indigènes de la République », étaient présentés en cage. Une exposition dont le but premier était de célébrer l’esprit colonial mais aussi la supériorité de la race blanche, tout simplement. Au point que les Anglais et les Hollandais, invités à y participer, mais pas en cage…, refusèrent !

Plus récemment, la Polynésie française eut à subir pendant de très longues années les essais nucléaires décidés depuis Paris. Et les indemnisations pour cette terrifiante « délocalisation » tardent toujours…

L’amour de la liberté au-delà de tout

C’est pourtant le président de cette République-là qui évoque un pays dont « l’amour de la liberté au-delà de tout » serait l’ADN fondamental… Ceux qui ne continueront pas de sourire à l’écoute de ces propos, des esprits si éclairés par la flamme de cette République qu’ils sont entrés en surchauffe probablement…, nous expliqueront que tout cela c’est du passé. Et qu’à présent, ces territoires d’Outre-Mer, après avoir payé très cher le ticket d’entrée dans la République des Droits de l’Homme, ne conservent que le meilleur : c’est-à-dire la Sécurité Sociale, la chance de parler « la plus belle langue du monde », et on ne sait quels autres avantages en nature. C’est à considérer, mais avec un peu de recul si possible… Et surtout, quid de leur honneur ?

D’autre part, quand on sait l’importance légitime donnée aux circuits courts ou au combat contre le réchauffement climatique, quel est le sens d’asservir des économies aussi éloignées, dans un modèle souvent hors-sol, à des conglomérats hexagonaux ? Quel est l’intérêt de faire voyager en avion à travers la planète autant de députés et sénateurs ultramarins entre leur lieu d’élection et Paris ? Autant de hauts-fonctionnaires détachés ? Autant de gendarmes ? Autant de fonctionnaires en tous genres, en activité ou à la recherche de retraites bonifiées ?

Le droit des DOM-TOM à s’exprimer

Ce système colonial ultra-marin est donc bien une aberration, écologique, économique, mais surtout humaine. Ainsi, s’il est bien sûr souhaitable que l’Europe à terme continue à aider ces territoires, en les soutenant pour qu’ils s’intègrent aux tissus économiques ambiants, ne serait-il pas temps que Réunionnais, Martiniquais, Guyanais et tous les autres habitants des DOM-TOM aient aussi le droit d’exprimer à leur manière, leur amour de la Liberté au-delà de tout ?

La seule manière juste d’y parvenir est que des référendums tels que celui mis en place par Michel Rocard en Nouvelle-Calédonie, soient proposés à tous les DOM-TOM. Ce système néocolonial n’a en effet jamais été validé par des traités internationaux, ni par aucun référendum. Rappelons à ce sujet que la France est condamnée régulièrement à l’ONU pour sa présence et son action en Polynésie. Mais rien n’y fait, pour l’instant…

Il serait en tous les cas vraiment dommage de ne laisser qu’aux Français convaincus le droit de pratiquer « l’amour de la liberté au-delà de tout ». Il faut que tout le monde en profite ! Vive la Nouvelle-Calédonie libre ! Et vivent des référendums dans les DOM-TOM !

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

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Insoumis de tous les pays, parlons-nous !

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Mai 282017
 

InsoumisLes Présidentielles sont à peine terminées mais voilà que les Législatives s’annoncent. Et la France des insoumis rêve de se refaire la santé après la défaite de Jean-Luc Mélenchon aux Présidentielles. Une défaite honorable avec un score qui est, notons – le au passage, assez proche de ce que pesait le PC sous l’ère Georges Marchais.

Mais Jean-Luc Mélenchon voit plus loin que Georges à l’époque et il rêve de renverser la table et de « les faire tous dégager », sauf lui.
En tant que Bretonne, je rappellerais au passage qu’en dehors de vouloir instituer une sixième République, Jean-Luc Mélenchon est contre la ratification de la Charte des langues régionales et qu’il a qualifié il n’y a pas si longtemps l’école Diwan de secte ! En fait, il est contre toute différenciation culturelle à l’intérieur de l’Hexagone. Le leader de la France insoumise est un jacobin pur et dur et il ne s’en cache pas.
Il est un grand patriote français également mais aussi un contempteur acharné de l’Union Européenne, bien qu’il ait appelé à voter pour le traité de Maastricht il y a quelques années, mais il n’est pas à un revirement près.

Les insoumis français

Il faut noter par ailleurs que les insoumis français ou plus exactement hexagonaux sont en bien des points tout à fait sur la même longueur d’onde que leur leader.

Je me permettrais cependant de faire remarquer à propos de l’Europe -dépeinte par Jean-Luc Mélenchon comme l’Alfa et l’Oméga du libéralisme anti-démocratique effréné- que dans la plupart des pays qui la composent les autoroutes sont gratuites, et que dans certains, le choix du nucléaire a été sujet à discussion au Parlement voire à moratoire.

Quelle importance me direz-vous ? Eh bien, je crois qu’il est bon de faire remarquer aux insoumis français que les capitalistes hexagonaux n’ont pas eu besoin de l’Europe pour les asservir en profondeur. Et il faut en fait être bien soumis par nature pour accepter de payer le droit de se déplacer à Vinci et consorts, ou encore pour avoir autant de réacteurs nucléaires en activité sans avoir levé le petit doigt à l’époque de leur construction. Et où est-elle la démocratie française quand le peuple n’a pas été consulté, entre autres exceptions hexagonales, sur la rétrocession des autoroutes au secteur privé ou cette course effrénée au tout nucléaire ?

C’est à se demander finalement si la France ne serait pas le pays des gens soumis par nature, car non content d’être une vache à lait pour Vinci autoroute, le citoyen français, même insoumis, est un cobaye bien placide pour Areva.

Les plus gros scandales sanitaires

9782754075848L’insoumis hexagonal est également un absorbeur de médicaments et autres substances tout à fait docile. Ainsi les plus gros scandales sanitaires touchant l’Europe ces dernières années ont-ils particulièrement impacté la France. Sang contaminé, amiante, canicule mal maîtrisée. Aucun autre pays européen n’a payé un aussi lourd tribut que le pays des insoumis autoproclamés. Pire, les laboratoires français se sont distingués dans les affaires du Médiator, de la Dépakine ou encore des tests inopérants en ce qui concerne la maladie de Lyme. Là encore ces laboratoires français n’ont pas eu besoin de l’Europe pour abuser profondément tous les citoyens.

À ce stade, il paraît tout à fait intéressant de noter que Jean-Luc Mélenchon -qui a été sénateur, conseiller général, ministre puis député européen pendant la montée en puissance du nucléaire, la mise en coupé réglée du réseau autoroutier ou encore les différents scandales sanitaires- ne s’est jamais illustré dans aucun combat contre ce capitalisme débridé hexagonal. Que faisait-il donc pour ne pas avoir pensé à lever des armées d’insoumis contre tous ces mortifères lobbys hexagonaux ? On se le demande.

Non, pour lui, le mal est ailleurs, il ne peut pas être abrité dans sa propre patrie. D’ailleurs Jean-Luc Mélenchon s’est toujours assez bien entendu par exemple avec Dassault le vendeur d’armes, acheteur de voix à ses heures. Parce que pour JLM le mal est en Europe.

En tant que Bretonne à nouveau, je ferais remarquer que le traité de Maastricht est passé grâce à la Bretagne et à l’Alsace, le reste de l’Hexagone ayant voté non. J’ajouterais que la Bretagne avait également voté oui à la consultation suivante sur le traité européen, mais là, cela n’avait pas suffi cette fois.

Un vrai appétit d’Europe en Bretagne

Tout cela pour dire qu’il y a un vrai appétit d’Europe en Bretagne, et qu’il faudra à l’avenir en tenir compte. Même si bien sûr l’Europe doit évoluer.
Mais surtout en Bretagne, nous ne payons pas pour emprunter les routes (quelques kilomètres cependant en Loire-Atlantique, qui n’est plus considérée comme bretonne par l’Etat, mais nous remédierons à ce problème un jour), nous n’avons pas non plus de centrales nucléaires en activité. Et on n’a pas non plus réussi à nous infliger une écotaxe, qui n’est pas un mauvais principe, mais qui consistait surtout en l’espèce à nous faire payer notre éloignement de Rungis et le retard pris par les gouvernements français successifs (dont monsieur Mélenchon a fait partie) sur le ferroutage.

Car voyez-vous, chers insoumis hexagonaux, chez nous, en Bretagne, quand on ne veut pas de quelque chose, on n’attend pas qu’un sauveur, ancien sénateur et apparatchik devenu guevariste avec l’âge, vienne nous expliquer comment voter. Chez nous, on sort les cailloux, les bombardes et les chiens, et parfois on gagne.

BB BRETONSEt parmi tant d’autres exemples de véritables insoumis, sachez que le premier film dénonçant la guerre d’Algérie, « Avoir vingt ans dans les Aurès », a été réalisé par un Breton, René Vautier, que c’est une médecin bretonne, Irène Frachon, qui a mené le combat contre le laboratoire français Servier, que les familles des marins du Bugaled Breizh se battent toujours avec acharnement après tant d’années pour obtenir la vérité, que la justice française leur a refusée … Et la liste des insoumis bretons est bien plus longue encore.

Alors, insoumis hexagonal, continue de voter comme bon te semble, profite de nos routes gratuites et de notre sens de l’hospitalité quand tu voudras, mais surtout ne viens pas nous dire quelle langue on devrait parler en Bretagne, quelle histoire on devrait apprendre. Ne viens pas donner de leçon. Ici nous savons qui a essayé de nous soumettre mais n’a pas encore tout à fait réussi. Et ce n’est pas l’Europe. Entre insoumis, j’espère qu’on se comprendra.

 

Caroline Ollivro

Présidente de Breizh Europa

 

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Lettre ouverte à Monsieur Bruno Retailleau

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Déc 132016
 

Non Monsieur Retailleau, votre poste de Président de région ne vous autorise pas à détourner la langue française et à induire en erreur des auditeurs en utilisant un mot par un autre ! C’est politiquement et intellectuellement incorrect !

consultation NDDL Retailleau Breizh EuropaA la perche lancée sur une radio périphérique par une journaliste qui ne connait visiblement pas son dossier, vous avez à plusieurs reprises sauté sur cette occasion pour utiliser le terme référendum pour la consultation du 26 juin dernier sur le transfert de l’aéroport de Notre Dame des Landes ! Vous manquez totalement d’honnêteté intellectuelle et politique. Non ce n’était pas un référendum ni dans l’aspect technique ni dans sa forme juridique et vous le savez parfaitement bien, alors pourquoi utiliser un tel terme inapproprié pour appuyer vos propos ?

D’ailleurs vous n’avez pas eu le courage de lancer un référendum qui, s’il vous avait été défavorable, aurait définitivement ruiné votre projet de transfert. Vous avez préféré une consultation-qui n’est qu’une demande d’avis- plus facile à détourner en cas de victoire du non et la limiter à la population de Loire Atlantique sans consulter les autres départements limitrophes concernés. Sans parler du flou artistique organisé dans de nombreux bureaux de vote où ne figurait pas l’objet de cette consultation qui aurait certainement conduit à l’annulation des votes … N’y voyez-vous pas une certaine forme de mépris à l’égard des électeurs dont la majorité vous a porté à la Présidence de cette région ? Nous concernant, nous y voyons beaucoup de lâcheté et plus encore un défi à la démocratie. Alors, Monsieur Retailleau, si vous souhaitez être respecté en tant que politique en charge d’une région, n’utilisez plus ce terme de référendum et ayez le courage d’utiliser celui de consultation qui, certes, si elle vous a été favorable, ne vous autorise en rien à légitimer votre action. Continuez votre combat de manière honnête en ne détournant plus la langue française à votre avantage, nous serons en face de vous pour vous combattre avec nos armes démocratiques !

Gaël GIRAUD

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Le bouclier rural : Supercherie électorale !

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Nov 102016
 

Relais poste bouclier rural Breizh EuropaLe « bouclier rural » que les socialistes devaient mettre en place au début du quinquennat de François Hollande n’a jamais vu le jour, comme bien d’autres promesses électorales d’ailleurs.

Pour rappel, ce bouclier comportait les éléments suivants :

• Retour des services publics dans les territoires ruraux
• Proximité et égal accès des citoyens aux services publics et notamment proximité maximale en ce qui concerne les domaines de l’éducation, l’emploi et la Poste
• Création d’une convention de commerce et d’artisanat rural afin d’encourager l’activité économique dans les zones rurales
• Repenser l’organisation hospitalière autour des bassins de vie pour permettre l’accès à un service d’urgence à moins de 30 mn et à une maternité à moins de 45 mn de son domicile
• La mise en place d’un plan d’accueil de jeunes médecins généralistes en territoire rural

L’ille & Vilaine, département test en Bretagne

En Bretagne en 2015, l’’Ille-et- Vilaine devait servir de département test pour la mise en place de ce bouclier en se dotant pour ce projet d’une enveloppe de 2 millions d’euro !
En se promenant sur le site www.ille-et-vilaine.fr, pas de mise en avant de ce bouclier rural, si ce n’est un chapitre sur la vitalité des bourgs qui annonce des projets très vagues de soutien du département à 12 communes principalement axés sur l’habitat. Mais rien de concret en terme de résultats.
Le problème de l’exode rural ne date pas de ces dernières années, mais nous venons de perdre encore 5 ans à la mise en place de ce bouclier rural. Ce qui est parfaitement scandaleux lorsque l’on sait que les communes les plus pauvres de Bretagne auraient besoin en urgence du soutien de leur département et de leur région.

Maison médicale bouclier rural Breizh EuropaComment alors s’étonner que lors des dernières élections toutes confondues, le Front National progresse rapidement et comble petit à petit son retard par rapport au reste de l’hexagone. Aux dernières Européennes, 502 communes sur 1270 que compte la Bretagne ont placé le FN en tête ! Les communes les plus pauvres ainsi que les communes qui ont connu des faillites d’entreprises ont placé ce parti à plus de 20 % des votes ! Face à l’inaction du gouvernement depuis cinq ans on peut craindre pour le printemps 2017 des suffrages frontistes encore plus importants.

Mais il n’y a pas de fatalité, à partir du moment où l’on met en place en urgence des mesures pour la sauvegarde de la ruralité et de l’identité bretonne avec la profonde conviction politique que ce bouclier destiné à combattre l’exode rural est de première nécessité pour bon nombre de nos concitoyens bretons.

Gaël GIRAUD

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