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Jean-Luc Mélenchon n’a pas de projet européen

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Août 292018
 

Lors de chaque soirée électorale, les politiques, les journalistes et bon nombre d’entre nous regrettent l’excellent score du premier parti politique de France : l’abstentionnisme. On lui trouve moult origines. Parmi elles, le décalage incroyable entre les décisions politiques et les aspirations des citoyens, l’irrespect de certaines promesses de campagne « qui n’engagent -nous répète t-on avec cynisme-que ceux qui les croient », les « affaires » qui entachent la vie politique, le manque de confiance qui en découle entre les citoyens et les élus, etc…

Beaucoup s’érigent ensuite en donneurs de leçons face à un peuple qui deviendrait inconscient, voire fainéant, en tous cas déserteur des bureaux de vote. Pourtant nous nous intéressons tous à la politique si l’on en croit les enquêtes d’opinion mais ce sont les politiques qui n’intéressent plus, qui ne mobilisent plus. Trop de déceptions, parfois même de l’écœurement. Il est urgent de « donner envie d’avoir l’envie ».

Car 2019 est l’année des élections européennes, l’élection la plus boudée dans l’Hexagone et dans de nombreux états européens. Pourtant, l’Europe est à l’origine de la plupart des décisions qui impactent notre quotidien. Peu le savent. La faute sans doute au mode de fonctionnement illisible de l’Union Européenne, à certains élus qui tapent sur l’Europe quand cela les arrange puis s’approprient ses succès, aux médias et au monde de l’Education qui privilégient davantage les enjeux nationaux au détriment des défis européens.

Alors, quand le leader de LFI, monsieur Mélenchon, à Marseille le week-end dernier, veut utiliser ces élections européennes comme un réferendum « anti-Macron » il y a de quoi frémir. Mélanger les genres électoraux est dangereux pour le civisme et la démocratie. Entretenir la confusion détourne des urnes. En voulant transformer l’élection européenne en réferendum « anti-Macron » monsieur Mélenchon montre également par là le peu de cas qu’il fait de l’Europe et de ces sélections. Pourtant, il a pu subvenir à ses besoins en se faisant élire député européen lors de la précédente mandature, tout en siégeant rarement il est vrai. Surtout, il reste de cette période des soupçons d’emplois fictifs pour les assistants parlementaires LFI, soupçons qui vont mener à l’ouverture d’une enquête.

Ainsi, Jean-Luc Mélenchon est à lui seul un formidable repoussoir contre la démocratie : il détourne les objectifs des élections pour sa propre publicité, il a siégé, rarement, dans des institutions qu’il méprise. Au fond, ce qu’il veut, c’est pouvoir haranguer des foules, passer à la télévision, tout en étant continuellement payé par nos impôts. Et il ose parler de « dégagisme » alors qu’il est un ancien apparatchik du Parti Socialiste, alors qu’il sévit dans les hémicycles depuis plus de quarante ans… On croit rêver !

On pourra bien sûr sanctionner la politique désastreuse du Président Macron en ne votant pas pour LREM aux Européennes, mais il est possible également de mettre une « raclée » au bateleur inconstant qu’est monsieur Mélenchon en ne votant pas pour la France Insoumise. Il est important surtout de voter pour ceux qui auront un véritable projet pour l’Europe. Il en va de la démocratie.

Caroline Ollivro,

Porte-parole de Breizh Europa

Jean-Marc Huitorel, critique d’État

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Août 142018
 

C’est l’été : de nombreux journalistes de Libé étant en vacances, on fait appel à des supplétifs pour remplir les colonnes. Samedi 2 août c’était au tour de Jean Marc Huitorel, critique d’art rennais, de mettre le pied à l’encrier pour nous conter la genèse de la Vallée des Saints. On avait déjà eu le droit aux élucubrations, dans la même veine, de son amie Françoise Morvan au moment de la breizh touch !, et on pensait qu’il s était agi d’une erreur de prescription chez l’auteure ou d’un problème d’appréciation à la rédaction, mais non, il y a une logique !

Car si JMH est critique d’art, il est surtout, comme son acolyte, spécialiste en complots triskellisés : leur dada c’est le triptyque libéralisme-chrétienté-nationalisme qui se trouverait engagé, en lousdé, derrière la plupart des événements et mouvements politico-culturels créés en Bretagne ces dernières années (Festival Interceltique, Ecoles Diwan, Bonnets Rouges, Produit en Bretagne, etc.). À les écouter, il vaudrait mieux d’ailleurs évoquer un trident, car le phénomène les inquiète terriblement, d’autant qu’à la tête de ce néfaste dessein prospère l’institut de Locarn, think tank que Morvan assimile dans son réjouissant grimoire Le monde comme si à une émanation bretonne de l’Opus Dei, liée aux Habsbourg autant qu’à la finance mondiale, sans oublier les éleveurs de porcs. Mais les néo nazis ne sont jamais loin non plus. Ça fait du monde !

Huitorel, sans doute lui aussi diplômé de l’école de Poudlard, joue légèrement plus petit bras que sa consoeur, mais il est néanmoins en pleine forme car il devine derrière cette vallée des saints : « culte des héros, des morts et… des saints, reconstruction d’un passé mythifié, renouveau spirituel, revendication identitaire face aux dangers du multiculturalisme amplifiés par les récents phénomènes migratoires. Vieille antienne. Articulé à l’antique irrédentisme breton, tout cela se plaît à flatter le sentiment d’appartenance, sinon le nationalisme. Et quid de la proposition «artistique» ? » . JMH nous indique également que l’institut de Locarn est une entreprise « dont l’idée fondatrice est que le développement économique revêt intrinsèquement la forme de la guerre ». Ça phrase, ça farte et ça ne rigole pas chez ces instruits des bords de Vilaine ! Ça devrait forcer le respect !

Huitorel Breizh EuropaÀ suivre, JMH nous explique que les statues n’ont aucun intérêt, qu’elles sont toutes moches et ne s’emboîtent dans aucun concept digne de ce nom. Et au-delà, comme le projet découle du funeste complot décrit plus haut, rien ne trouve grâce aux yeux de l’acide critique. Rien de rien. Et JMH de s’acharner sur la vallée avec la fougue désordonnée d’un Zadiste lâché dans les rues de Nantes…
Pourtant, sur le lieu de la discorde, l’approche postmoderne de l’ensemble implique une certaine distanciation ; et si on n’aime pas la vue sur les Saints on bénéficie par ailleurs d’une perspective imprenable sur le Centre Bretagne. Tout cela aurait pu calmer l’auteur. Mais non ! Au contraire ! Et pour ce qui est de l’emplacement justement, JMH, à qui on ne la fait décidément pas, fait remarquer que la Vallée des Saints est en fait une colline : une autre preuve que le projet n’est pas net ! En tant que critique d’art, il devrait pourtant savoir que si une pipe n’est pas toujours une pipe, il peut en être de même avec les vallées.

Au fond, il se pourrait que les instigateurs de ce concept, ainsi que les sculpteurs, soient beaucoup plus futés que JMH ne l’imagine. D’ailleurs, au détour de son texte labyrinthique, dans lequel il cite des intellectuels qui ne sont plus là pour protester (Althusser, Marx, Eco, en vrac), il annonce qu’un autre projet est dans les tuyaux, celui d’« une Cité de la paix, reconstitution d’habitats traditionnels des cinq continents, en lien avec les milieux missionnaires, dans le nord du Morbihan. » Avec derrière, suppute l’auteur, les mêmes puissants maléfiques (les chrétiens ultralibéraux nationalistes bretons), et en tous cas le même maître d’oeuvre: « Philippe Abjean, ancien prof de philosophie, (…), fervent catholique, proche des missions africaines. »
C’est là qu’on commence à décrocher, car de grâce JMH, sachez que trop d’info tue l’info ! Parce que s’il s’agit maintenant de villages des cinq continents et de missionnaires africains installés en Morbihan, quid du supposé repli sur soi qui gangrènerait ces projets ? Quant au nationalisme, serait-il finalement panafricain ?

Après une nouvelle salve d’arguments dont la cible paraît toujours incertaine, dans un rare moment de clarté, l’auteur reconnaît cependant que l’événement amène foule de visiteurs et pourrait dynamiser l’économie d’un Centre Bretagne qu’il estime sinistré. Mais il s’inquiète malgré tout car, sur la colline « (les) services archéologiques tirent la sonnette d’alarme quant à la préservation de la zone et se réservent la possibilité d’investigations futures ». C’est un rappel à l’ordre cinglant pour les zazous du granit ! En effet, il se pourrait bien qu’avec leurs statues « pas si solidement si l’on raisonne en termes de sécurité, comme il commence à se dire ici et là » précise JMH dans une approche du genre scientifique cette fois, les agités du burin soient en train de souiller une zone qui recèlerait des trésors archéologiques ! Des trésors authentiques !
Alors, que fait la police ? Semble demander l’auteur au bord du collapsus, et comment a-t-on pu laisser le lieu se transformer en Mandarom breton où « ce n’est pas de l’art qu’on vient chercher ici, comme le montre clairement la teneur des visites guidées, ce sont des histoires à entendre, des légendes comme les enfants les aiment. Et par-dessus tout du spectacle, de l’effet spécial, un décor où le granit, paradoxalement, devient carton-pâte. » ?

Huitorel Breizh EuropaLà, on commence à mieux comprendre où veut en venir le flingueur de pierres : ainsi tous ceux qui rêvent d’une Bretagne autre que celle que l’État français nous garantit authentique (entre autres par des fouilles archéologiques estampillées « sérieuses » ou encore par une interdiction d’utiliser des consonnes déviantes telles le ñ), tous ceux-là sont des enfants, des niais, des attardés.
Et pour JMH, on peut compter sur les penseurs d’État, dont il fait partie, pour mettre fin à la gabegie et aux enfantillages sur la colline et dans les arrière-cuisines de la culture bretonne dite populaire. Il est en tous les cas de la plus haute importance d’écouter les gens de sa bande, qui ont l’insigne honneur parfois de passer sur France Culture, d’être publiés dans Libé, d’être adoubés sur les bords de Seine. Eux savent et nous démontrent à longueur d’interventions : que la langue bretonne n’est pas vraiment une langue, parce qu’elle était diverse mais qu’il ne fallait surtout pas l’unifier (Ah bon, c’est pourtant comme ça qu’on a fait ailleurs non ?), qu’en tous les cas l’accent des enfants de Diwan n’est pas le bon, puisqu’il ne serait pas authentique ; que la Bretagne n’a rien de celtique (ce n’est rien qu’une invention pour vendre des disques et des drapeaux). Et que si l’histoire de Bretagne s’éloigne du roman national français, c’est parce que les universités bretonnes ont été noyautées par des enseignants « nationalistes ». Même l’institution Région Bretagne en prend pour son grade, à soutenir ainsi les déviants dans les vallées.

Et l’antenne des penseurs d’État installée à Rennes n’a pas confiance non plus dans le mécénat, jugé en l’espèce louche, et couteux ! « Mais si on utilise les dispositions de la loi mécénat, c’est deux fois moins cher, ce qui fait que, par ricochet, ce sont tous les contribuables qui payent » se plaint JMH, parce que ce mécénat-là permet non seulement à la finance mondiale bretonne de pervertir l’art, mais surtout met finalement en partie l’État à contribution. Sacrilège !
Au débotté, on découvre dans la biographie de l’auteur, que JMH est également commissaire d’exposition, à Calais puis à Bordeaux ces dernières années. A-t-il eu lui recours au mécénat pour ces expositions, ou sont-ce nos impôts qui en payent l’intégralité ? Quand les journalistes de Libération reviendront, ils pourront toujours lui poser la question. Ici, en Bretagne, la réponse nous intéresse. Rappelons au passage à JMH, fier pourfendeur du libéralisme corrupteur à la mode bretonne, que le journal qui lui a ouvert ses colonnes appartient aujourd’hui à un banquier. Mais celui-ci vit à Paris, alors pour Jean-Marc c’est la classe !

Huitorel Breizh EuropaEnfin, après d’autres circonvolutions qui nécessitent parfois que l’on fasse pivoter de 45° le quotidien fondé par Jean-Paul Sartre (qui doit bien se marrer parfois) , JMH, spécialiste en art authentique réellement authentique, livre sa conclusion finale, qu’il imagine apothéotique :
« Certes, n’était ce sentiment diffus d’une subtile escroquerie qui consiste, sous couvert d’un soi-disant art soi-disant populaire, à nous faire prendre les vessies pour des lanternes, l’idéologie pour l’art, l’économie touristique pour la culture, le tout avec la bénédiction admirative des diverses représentations économiques et politiques régionales dont on peut légitimement se demander ce qu’elles soutiennent et défendent vraiment dans ce type d’initiative. »
Ça se précise, ainsi tous ceux qui vivent et imaginent la Bretagne autrement, afin qu’elle ne disparaisse pas, étouffée par les décrets préfectoraux, les diktats de l’Éducation Nationale, l’incompréhension parisienne et les penseurs d’État, sont, en plus d’être des enfants, rien moins que des escrocs, et les institutions qui les soutiennent ont sûrement une idée nauséabonde derrière la tête.
Nous évoluons dans le monde comme si (jugé non authentique par JMH et sa clique), quand eux arpentent le monde comme ça, le seul, le vrai. Comme ça et pas autrement. On devrait circuler, mais non, on insiste, on ne comprend décidément rien… N’en jetez plus Jean-Marc, la vallée est pleine.

Et si tout cela n’était, chez notre critique d’État et ses amis, qu’une histoire de frustration finalement : celle de ne pas être prophète en ce qu’ils considèrent tout de même un peu comme leur pays, tant tout ce qui se passe en Bretagne semble les gratter jusqu’au sang, celle de n’être écoutés que quand Paris leur tend le micro, celle de faire partie des « rares voix discordantes (qui) semblent de peu de poids. »
Alors, comme nous, les Bretons du bout du monde comme si, nous ne sommes pas revanchards, nous proposons que l’on octroie une autre colline à JMH et à son posse estampillé France Culture. Ils pourraient ainsi créer, en Centre Bretagne, une exposition qui soit enfin artistique, validée par l’État et ses services. Et sans mécénat breton surtout ! Vade retro, rien qu’avec de l’argent public ! Cerise sur le Paris-Brest, chaque jour, avant la fermeture, JMH pourrait donner une conférence d’une heure ou deux, pendant que ses amis vendraient leurs livres sur des tables de camping made in France. Ambiance, rires et affluence garantis !

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

Entre guillemets on trouve des extraits de l’article paru dans Libération

Paris, centre mondial de l’art, de la mode, … et des affaires

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Juil 262018
 

Affaire benalla Breizh EuropaLes citoyens de la République Française ont élu Nicolas Sarkozy en 2007, François Hollande en 2012 et Emmanuel Macron en 2017. A chaque présidence son lot d’avanies et de forfaitures: liaisons dangereuses avec Kadhafi pour l’un, ministre du budget fraudeur pour un autre. On en passe et des meilleures. Et voilà que celui qui devait mettre gauche et droite d’accord, et guider enfin la République vers l’exemplarité, se prend les pieds dans le tapis avec l’affaire Benalla.

Les Français qui ont rejeté, après les avoir essayées, la droite décomplexée puis la gauche molle, risquent bien maintenant d’être dégoutés par le centre « irréprochable »…

En dehors de gonfler le parti des abstentionnistes, ces turpitudes républicaines diverses et variées pousseront-elles les électeurs vers les extrêmes ? C’est une possibilité, mais le discours anti européen des Le Pen et Melenchon est un repoussoir, car ces électeurs savent qu’un pays dont la dette dépasse 2000 milliards d’euro ne s’en sortirait pas seul.

Les Bretons, dont la confiance dans l’Europe reste forte, le savent d’autant plus, eux qui ont voté massivement Macron parce qu’il promettait non seulement d’en finir avec l’improductive dichotomie droite gauche, mais aussi parce qu’il semblait profondément européen. Leur déception n’en sera que plus grande.

Au vu de tous ces errements, stupeurs et tremblements, dont le centre tellurique est toujours Paris et ses ors républicains, n’est-il pas envisageable qu’en Bretagne, en Alsace, en Corse où le pas est déjà franchi, et ailleurs, les électeurs puissent songer dorénavant à privilégier les solutions girondines et locales lors des élections ? A nous tous de proposer des alternatives crédibles, car il y aura une chance à saisir lors des prochaines municipales et dans les combats à suivre.

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

La Révolution En Marche ?

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Juil 052018
 

Dans une auto interview récente sur Facebook live, le premier ministre Edouard Philippe et le ministre Nicolas Hulot énuméraient les menaces écologiques  liées aux pénuries qui pèsent sur notre société humaine mondialisée. Un peu avant son élection, le président Macron s’inquiétait des fractures qui se faisaient jour dans la société française, constatant que, je cite: « nous avons progressivement abîmé cet élitisme ouvert républicain qui permettait à chacune et chacun de progresser. Nous avons arrêté la mobilité ».
Il semblerait donc que dans les hautes sphères de la république on se pose des questions sur l’avenir de nos sociétés, et plus particulièrement celui de la société française. Ils sont là pour ça me direz-vous. Mais ont-ils les bons logiciels pour seulement envisager d’éviter le pire ?

On en doute car dans le domaine de l’écologie par exemple, le bon Monsieur Hulot n’a strictement rien obtenu sur le nucléaire et à la fuite en avant programmée dans le domaine, ni sur le glyphosate et autres gâteries chimiques qu’on retrouve jusque dans nos bières.

Dans le domaine social, le président regrette que l’élitisme républicain soit en berne, ce qu’on pourrait traduire par un constat de panne de l’ascenseur social version française, cette ascension « au mérite » qui se faisait grâce à un système éducatif autrefois plus performant sans doute. Mais il continue par ailleurs de vanter les vertus des « premiers de cordée » qui, puisque l’ascenseur social est en panne, sont pour la grande majorité les enfants des classes dirigeantes.

Pourtant, face à ces dérives et ces dangers réels, le gouvernement ne propose pas grand-chose de novateur. Pas d’électrochoc en tous les cas : des réformes ici ou là, dont l’avenir dira, s’il a le temps, si elles apportent quelque amélioration. Mais on en doute, surtout quand on apprend, entre autres joyeusetés, que l’abandon de la Taxe d’Habitation va être compensé par la dette publique.

Quant à l’industrie, secteur prioritaire selon le Président, on nous avertit que la société américaine General Electric, qui avait racheté la branche énergie d’Alsthom –impliquée dans les centrales nucléaires françaises- après des négociations houleuses, cette société donc non seulement ne tient pas ses promesses en termes d’emploi, mais vient, il y a deux jours, d’être éjectée du Dow Jones. Dans le domaine du nucléaire toujours, il est confirmé que les cuves de l’EPR de Flamanville souffrent de défauts de conception qui mettent en cause l’usine du Creusot appartenant à Framatome. Le ciment ne va pas mieux, puisque le cimentier français Lafarge a été mis en examen jeudi dernier, après deux ans d’enquête, pour « complicité de crimes contre l’humanité » : en cause ses liens avec Daesch. A-t-on vraiment des premiers de cordée à la tête de ces groupes Monsieur le Président ?

Pour compléter le tableau, un rapport sénatorial, paru la semaine dernière, fait un état des lieux alarmant du moral et des conditions de travail dans la gendarmerie et l’armée. Sans parler d’un autre rapport récent, issu de la chambre régionale des comptes de la région Sud, qui fustige la longue dérive financière de l’hôpital de Marseille, mais cela pourrait concerner de nombreux autres établissements hospitaliers sur le territoire… Et on pourrait continuer longtemps la liste des secteurs en déshérence ou menacés dans l’Hexagone.

Voilà, la situation est plus qu’inquiétante. Mais, atteints sans doute du syndrome Marie-Antoinette, voilà que l’État et ses relais (préfets, recteurs d’académie) mettent toute leur énergie à combattre les désirs d’élèves qui voudraient passer leur bac en breton en Bretagne, ou en basque au Pays Basque. Un État qui par ailleurs renvoie les Corses à leur maquis en méprisant leurs demandes pour plus d’autonomie, et ce alors que les urnes ont placé les camps indépendantistes et autonomistes loin devant tous les autres partis traditionnels aux dernières élections.

Que le gouvernement continue ainsi et, dans quelques mois, est-t-il besoin d’extrapoler beaucoup pour imaginer Edouard Philippe et le Président, installés à une fenêtre du Palais de l’Élysée, observant la rue, l’air inquiet ?
Là, le premier ministre, se lance, sur un ton grave :
« Monsieur le Président, les écologistes réclament toujours l’arrêt du nucléaire, et il faut admettre que deux de nos centrales devraient être stoppées depuis longtemps… Par ailleurs, les militaires sont à bout, les hôpitaux sont ruinés et les pauvres, malgré toutes vos mesures, hardies mais plus ou moins bienveillantes, restent pauvres. La situation à Mayotte et Cayenne est de plus en plus préoccupante. Et il y a plus bizarre : des Basques continuent de vouloir passer leurs bac en basque, même chose en Bretagne, quant aux Corses, ils veulent toujours l’autonomie. Mais, plus grave sans doute, presque tous demandent du pain ! Le jeune président, toujours élégant, acquiesce en souriant, puis il éructe soudain, comme il le faisait lors de ces derniers meetings de campagne : « Qu’ils mangent de la brioche ! »

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

Diwan de Carhaix : La République en danger !!!???

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Juil 022018
 

Diwan de Carhaix Breizh EuropaQuinze jeunes Bretons du lycée Diwan de Carhaix menacent visiblement la République Française pour avoir rédigé, lors du baccalauréat (juin 2018), leur copie de mathématiques en Breton. Le « mammouth » tremble ! N ‘oublions pas qu’il y a peu déjà, l’administration française frôlait l’apoplexie lorsque les services de l’état civil ont livré bataille au « n » tildé de « Fanch » ! Le ridicule ne tue pas, il paraît …Heureusement, car une hécatombe menacerait nombre de fonctionnaires et d’élus français.

Plus sérieusement, il est à la fois malheureux et scandaleux que ces futurs bacheliers soient obligés de déposer un recours -pour que leurs copies soient corrigées- auprès de Jacques Toubon, le Défenseur des droits, dans le pays « des droits de l’Homme » justement…

A chaque année scolaire, l’Education nationale martèle à ses enseignants, blessés d’ailleurs par l’absurdité d’une telle remarque, qu’ils doivent faire preuve de souplesse et de bienveillance envers leurs élèves. L’Etat leur demande également de transmettre les valeurs de liberté, de fraternité et d’égalité. Qualités et état d’esprit que visiblement l’administration française ne possède pas : où est donc l’égalité quand depuis 2012 les élèves basques de terminales ont le droit de rédiger les mathématiques en langue basque et que l’on interdit aux jeunes Bretons d’utiliser leur langue régionale pour la même épreuve
Pour déstabiliser et décourager, l’Etat jacobin se complaît dans l’absence de logique et dans l’arbitraire. Il interdit ou autorise ici ou là une ouverture de filières des « 3 Di » (Diwan, Div Yezh, Dihun), il valide la rédaction en breton au bac de l’histoire et de la géographie mais pas celle des maths, il souscrit ou non à la création d’une option en breton dans les établissements. Ou encore, comme l’an dernier, il nomme des enseignants de breton dans l’Académie de Versailles alors même que le Conseil Régional avait financé leurs formations !

Diwan de Carhaix Breizh EuropaAinsi, au travers de l’interdiction de ce bac en Breton, l’objectif de l’Etat est pluriel. D’une part, il s’agit de décourager les jeunes d’apprendre et d’utiliser leur langue régionale dans la vie quotidienne. D’autre part, interdire pour des examens nationaux l’usage de la langue que l’on a apprise durant toute sa scolarité revient à diffuser l’idée que cette langue n’a aucun statut, voire pire, qu’elle n’est qu’un patois. Déprécier une langue, c’est évidemment déprécier un individu et l’amener à se détacher de sa culture. Cet objectif est politique et les moyens employés sont vicieux. Il n’est finalement pas si loin le temps de l’« Interdit de parler Breton et de cracher par terre ». C’était au début du XXe siècle et nous sommes au XXIe siècle…

Alors, « Gourc’hemennoù !» à ces lycéens et aux collégiens bretonnants de classe de troisième qui, pour soutenir leurs aînés, viennent de composer lors du brevet des collèges leur copie de SVT (Science et Vie de la Terre) en Breton, montrant ainsi qu’ils connaissent les valeurs bretonnes de solidarité et de résistance à l’injustice.

Caroline Ollivro

Breizh Europa