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57% d’abstention: où va l’Hexagone ?

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Juin 192017
 

abstention législatives 2017Après le grand coup de balai, certainement salutaire, du premier tour des législatives, le deuxième tour a accouché d’une abstention record, 57,3 % ! Quelle va être la légitimité de ce nouveau Parlement avec des députés élus avec une participation aussi faible ? Elle sera évidemment mise en question mais il est surtout temps de se demander où va, et même d’où vient, un pays où la structure démocratique est aussi chancelante, puisque le vote est bien au cœur du processus démocratique.

Le dimanche du second tour, le Président de la République, après avoir été voté, a fait une visite en hélicoptère au Mont Valérien, pour rendre hommage au Général De Gaulle et à la résistance bien sûr, mais aussi pour tenter d’incarner au mieux cette fonction présidentielle dont les Français semblent regretter ceux qui l’ont habitée par le passé.

L’omniprésence de la commémoration

Le passé, encore le passé, mais qu’est-ce donc un pays où l’on vote de moins en moins et où l’on passe de plus en plus de temps à commémorer, ici et là, à longueur d’année, tel ou tel souvenir glorieux, après avoir fait le tri bien sûr avec les souvenirs beaucoup moins glorieux? Manquerait-on de vision pour l’avenir, manquerait-on à nouveau de repères pour relier les citoyens entre eux ? Aurait-on un problème pour faire vivre le principe spirituel si cher au Breton Ernest Renan dans son discours « qu’est-ce qu’une nation » ? Discours qui a servi longtemps à la justification de la nation par contrat social à la base du pacte républicain français. A-t-on perdu, en France, la plupart des ces repères, quand l’école ne remplit plus son rôle pour cause de système éducatif à la traîne des classements de l’OCDE, quand l’indifférence voire l’agressivité entre les différentes communautés ou corporations hexagonales est à son comble ? Quand on ne vote plus ?

Roman National

roman National Breizh EuropaQuant aux commémorations, la France a officialisé depuis la Révolution un « roman national », si cher pendant la campagne des présidentielles à Monsieur Fillon. Ce roman national français n’est pas avare de raccourcis, d’oublis et il est surtout pour d’anciennes nations ou entités comme la Bretagne, la Corse ou encore l’Alsace, totalement révisionniste. Un roman national pourtant entériné sans la moindre précaution par autant de média nationaux qui émettent ou publient, pour 90 % d’entre eux, de l’Île-de-France.

Pourtant, au moment où la France vote de moins en moins, plutôt que de proposer rapidement d’autres modes de scrutin et un nouveau mode de gouvernance dans les territoires afin de rapprocher les citoyens de leurs institutions, c’est vers les commémorations que le pouvoir français se tourne, comme si les habitants de l’Hexagone étaient définitivement oublieux de l’histoire réelle, et surtout qu’on pouvait les endormir avec des défilés, des préfets costumés, des volées de motards et d’hélicoptère, des tirs de canons, ainsi que procédaient les rois, les empereurs et autres tsars dans un passé relativement lointain.

Le pouvoir des régions

Où va donc ce pays ? Si nous pouvons donner un modeste conseil, rappelons que lorsque la dictature a pris fin en Espagne, au milieu des années 1970, c’est en parallèle le centralisme madrilène qui a été battu en brèche, c’est le pouvoir des régions et leurs cultures qui ont été valorisés, c’est la proportionnelle qui a été choisie pour l’élection au Parlement, comme dans 24 pays européens sur 27 à l’heure actuelle… Et le rythme des commémorations en uniforme a drastiquement diminué.

La France continue donc, seule en Europe, à jouer la carte d’un système politique à part, à s’inventer et à fêter un passé revu et corrigé, à proposer une organisation territoriale archaïque quand tous les pays européens de taille comparable à la France ont choisi le fédéralisme plutôt que le centralisme.

Pour conclure rappelons que les dictatures ont toujours été hyper centralisées, que toutes les dictatures ont interdit ou tenté de faire disparaître les langues minoritaires, que toutes les dictatures ont contrôlé et centralisé les média à partir d’une seule ville. Que toutes les dictatures ont instauré un roman national qu’il fallait, avec insistance, commémorer.

En continuant ainsi, il n’y aura bientôt plus besoin de voter en France.

Caroline Ollivro

Présidente de Breizh Europa

Breizh Europa appelle à voter Oui La Bretagne ou 100% Bretagne

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Juin 052017
 

 

Le mouvement autonomiste et fédéraliste Breizh Europa appelle pour les Législatives des 11 et 18 juin 2017 à voter pour les candidats de Oui La Bretagne ou de 100% Bretagne selon les circonscriptions. Seules ces deux formations politiques répondent aux enjeux économiques et sociaux actuels de la Bretagne à cinq départements.

Les candidats concurrents sont dans l’ensemble issus de formations politiques jacobines qui méconnaissent notamment les défis d’un aménagement démocratique des territoires, c’est-à-dire en accord avec la volonté de leurs habitants.

D’autre part, tous ces autres candidats -en dehors des deux mouvements que nous soutenons- sont liés à des partis politiques français qui n’ont jamais été capables de ratifier la Charte des langues minoritaires si importante pour le développement culturel et économique de notre région.

Caroline Ollivro

Présidente de Breizh Europa

Insoumis de tous les pays, parlons-nous !

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Mai 282017
 

InsoumisLes Présidentielles sont à peine terminées mais voilà que les Législatives s’annoncent. Et la France des insoumis rêve de se refaire la santé après la défaite de Jean-Luc Mélenchon aux Présidentielles. Une défaite honorable avec un score qui est, notons – le au passage, assez proche de ce que pesait le PC sous l’ère Georges Marchais.

Mais Jean-Luc Mélenchon voit plus loin que Georges à l’époque et il rêve de renverser la table et de « les faire tous dégager », sauf lui.
En tant que Bretonne, je rappellerais au passage qu’en dehors de vouloir instituer une sixième République, Jean-Luc Mélenchon est contre la ratification de la Charte des langues régionales et qu’il a qualifié il n’y a pas si longtemps l’école Diwan de secte ! En fait, il est contre toute différenciation culturelle à l’intérieur de l’Hexagone. Le leader de la France insoumise est un jacobin pur et dur et il ne s’en cache pas.
Il est un grand patriote français également mais aussi un contempteur acharné de l’Union Européenne, bien qu’il ait appelé à voter pour le traité de Maastricht il y a quelques années, mais il n’est pas à un revirement près.

Les insoumis français

Il faut noter par ailleurs que les insoumis français ou plus exactement hexagonaux sont en bien des points tout à fait sur la même longueur d’onde que leur leader.

Je me permettrais cependant de faire remarquer à propos de l’Europe -dépeinte par Jean-Luc Mélenchon comme l’Alfa et l’Oméga du libéralisme anti-démocratique effréné- que dans la plupart des pays qui la composent les autoroutes sont gratuites, et que dans certains, le choix du nucléaire a été sujet à discussion au Parlement voire à moratoire.

Quelle importance me direz-vous ? Eh bien, je crois qu’il est bon de faire remarquer aux insoumis français que les capitalistes hexagonaux n’ont pas eu besoin de l’Europe pour les asservir en profondeur. Et il faut en fait être bien soumis par nature pour accepter de payer le droit de se déplacer à Vinci et consorts, ou encore pour avoir autant de réacteurs nucléaires en activité sans avoir levé le petit doigt à l’époque de leur construction. Et où est-elle la démocratie française quand le peuple n’a pas été consulté, entre autres exceptions hexagonales, sur la rétrocession des autoroutes au secteur privé ou cette course effrénée au tout nucléaire ?

C’est à se demander finalement si la France ne serait pas le pays des gens soumis par nature, car non content d’être une vache à lait pour Vinci autoroute, le citoyen français, même insoumis, est un cobaye bien placide pour Areva.

Les plus gros scandales sanitaires

9782754075848L’insoumis hexagonal est également un absorbeur de médicaments et autres substances tout à fait docile. Ainsi les plus gros scandales sanitaires touchant l’Europe ces dernières années ont-ils particulièrement impacté la France. Sang contaminé, amiante, canicule mal maîtrisée. Aucun autre pays européen n’a payé un aussi lourd tribut que le pays des insoumis autoproclamés. Pire, les laboratoires français se sont distingués dans les affaires du Médiator, de la Dépakine ou encore des tests inopérants en ce qui concerne la maladie de Lyme. Là encore ces laboratoires français n’ont pas eu besoin de l’Europe pour abuser profondément tous les citoyens.

À ce stade, il paraît tout à fait intéressant de noter que Jean-Luc Mélenchon -qui a été sénateur, conseiller général, ministre puis député européen pendant la montée en puissance du nucléaire, la mise en coupé réglée du réseau autoroutier ou encore les différents scandales sanitaires- ne s’est jamais illustré dans aucun combat contre ce capitalisme débridé hexagonal. Que faisait-il donc pour ne pas avoir pensé à lever des armées d’insoumis contre tous ces mortifères lobbys hexagonaux ? On se le demande.

Non, pour lui, le mal est ailleurs, il ne peut pas être abrité dans sa propre patrie. D’ailleurs Jean-Luc Mélenchon s’est toujours assez bien entendu par exemple avec Dassault le vendeur d’armes, acheteur de voix à ses heures. Parce que pour JLM le mal est en Europe.

En tant que Bretonne à nouveau, je ferais remarquer que le traité de Maastricht est passé grâce à la Bretagne et à l’Alsace, le reste de l’Hexagone ayant voté non. J’ajouterais que la Bretagne avait également voté oui à la consultation suivante sur le traité européen, mais là, cela n’avait pas suffi cette fois.

Un vrai appétit d’Europe en Bretagne

Tout cela pour dire qu’il y a un vrai appétit d’Europe en Bretagne, et qu’il faudra à l’avenir en tenir compte. Même si bien sûr l’Europe doit évoluer.
Mais surtout en Bretagne, nous ne payons pas pour emprunter les routes (quelques kilomètres cependant en Loire-Atlantique, qui n’est plus considérée comme bretonne par l’Etat, mais nous remédierons à ce problème un jour), nous n’avons pas non plus de centrales nucléaires en activité. Et on n’a pas non plus réussi à nous infliger une écotaxe, qui n’est pas un mauvais principe, mais qui consistait surtout en l’espèce à nous faire payer notre éloignement de Rungis et le retard pris par les gouvernements français successifs (dont monsieur Mélenchon a fait partie) sur le ferroutage.

Car voyez-vous, chers insoumis hexagonaux, chez nous, en Bretagne, quand on ne veut pas de quelque chose, on n’attend pas qu’un sauveur, ancien sénateur et apparatchik devenu guevariste avec l’âge, vienne nous expliquer comment voter. Chez nous, on sort les cailloux, les bombardes et les chiens, et parfois on gagne.

BB BRETONSEt parmi tant d’autres exemples de véritables insoumis, sachez que le premier film dénonçant la guerre d’Algérie, « Avoir vingt ans dans les Aurès », a été réalisé par un Breton, René Vautier, que c’est une médecin bretonne, Irène Frachon, qui a mené le combat contre le laboratoire français Servier, que les familles des marins du Bugaled Breizh se battent toujours avec acharnement après tant d’années pour obtenir la vérité, que la justice française leur a refusée … Et la liste des insoumis bretons est bien plus longue encore.

Alors, insoumis hexagonal, continue de voter comme bon te semble, profite de nos routes gratuites et de notre sens de l’hospitalité quand tu voudras, mais surtout ne viens pas nous dire quelle langue on devrait parler en Bretagne, quelle histoire on devrait apprendre. Ne viens pas donner de leçon. Ici nous savons qui a essayé de nous soumettre mais n’a pas encore tout à fait réussi. Et ce n’est pas l’Europe. Entre insoumis, j’espère qu’on se comprendra.

 

Caroline Ollivro

Présidente de Breizh Europa

 

Bretagne, l’histoire confisquée

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Mai 282017
 

Historien, Frédéric Morvan publie Bretagne, l’histoire confisquée, aux éditions du Cherche Midi.

L’occasion pour les bretonnes et les bretons de découvrir leur histoire trop souvent minimisée au profit de l’Histoire Nationale et de se forger ainsi leur propre identité.

Bretagne, l'histoire confisquée Breizh Europa

L’hymne européen le soir de l’élection, bientôt l’Europe des Régions ? Chiche !

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Mai 092017
 

l'Europe des régions Breizh EuropaSi la campagne pour ces Présidentielles 2017 a été plus qu’imprévisible, c’est sans surprise après le premier tour qu’Emmanuel Macron devient le 8éme Président de cette Vème République. Avec 66% des voix dans l’hexagone en sa faveur et plus de 75% dans les cinq départements bretons. Si l’on peut se féliciter en Bretagne d’avoir l’un des scores frontistes les moins élevés (24,7%) on ne peut que regretter à la fois la progression rampante du vote FN, la progression de l’abstentionnisme (20% en Bretagne et 25% en France) et toujours cette non reconnaissance du vote blanc alors que « Voter blanc, c’est s’exprimer ».

Malgré tout, les anti-Européens Marine Le Pen et avant elle Jean-Luc Mélenchon, qui souhaitaient également la disparition des régions, sont battus. Sans parler des anti-Européens « farfelus » Messieurs Asselineau et Cheminade qui ont été balayés dès le premier tour.

Monsieur Macron a marché, accompagné au soir du dimanche 7 mai, esplanade du Louvre, par l’hymne européen, «Ode à la joie». Espérons que le nouveau Président s’inspire de ce qui marche dans les autres pays européens et œuvre pour l’Europe des régions. Qu’il introduise dans le pays une véritable décentralisation en plus de toutes les autres réformes nécessaires. Il faut en effet redonner du pouvoir aux régions à la façon de ce qui se passe ailleurs, comme par exemple dans les länder allemands, car c’est le socle de la réforme nécessaire du système politique et économique français, dont le centralisme est un véritable archaïsme en ce XXIème siècle.

Oui, nous espérons que le nouveau Président mettra la France au diapason des autres démocraties européennes, qu’il fasse signer et vivre la Charte des langues minoritaires par exemple, et qu’il fasse confiance aux régions en respectant leur histoire et leur géographie. Pour plus de démocratie, de proximité, de solidarité et de cohésion sociale.

Nous croyons en effet que si l’Etat français ne s’inspire pas de cette norme démocratique européenne, les années à venir risquent d’être sombres et difficiles pour tous les habitants de l’Hexagone. Pour éviter cela, il faut que ce quinquennat tourne le dos à ce jacobinisme stupide et destructeur du lien social, économique et civique.

Caroline Ollivro

Présidente de Breizh Europa