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La Révolution En Marche ?

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Juil 052018
 

Dans une auto interview récente sur Facebook live, le premier ministre Edouard Philippe et le ministre Nicolas Hulot énuméraient les menaces écologiques  liées aux pénuries qui pèsent sur notre société humaine mondialisée. Un peu avant son élection, le président Macron s’inquiétait des fractures qui se faisaient jour dans la société française, constatant que, je cite: « nous avons progressivement abîmé cet élitisme ouvert républicain qui permettait à chacune et chacun de progresser. Nous avons arrêté la mobilité ».
Il semblerait donc que dans les hautes sphères de la république on se pose des questions sur l’avenir de nos sociétés, et plus particulièrement celui de la société française. Ils sont là pour ça me direz-vous. Mais ont-ils les bons logiciels pour seulement envisager d’éviter le pire ?

On en doute car dans le domaine de l’écologie par exemple, le bon Monsieur Hulot n’a strictement rien obtenu sur le nucléaire et à la fuite en avant programmée dans le domaine, ni sur le glyphosate et autres gâteries chimiques qu’on retrouve jusque dans nos bières.

Dans le domaine social, le président regrette que l’élitisme républicain soit en berne, ce qu’on pourrait traduire par un constat de panne de l’ascenseur social version française, cette ascension « au mérite » qui se faisait grâce à un système éducatif autrefois plus performant sans doute. Mais il continue par ailleurs de vanter les vertus des « premiers de cordée » qui, puisque l’ascenseur social est en panne, sont pour la grande majorité les enfants des classes dirigeantes.

Pourtant, face à ces dérives et ces dangers réels, le gouvernement ne propose pas grand-chose de novateur. Pas d’électrochoc en tous les cas : des réformes ici ou là, dont l’avenir dira, s’il a le temps, si elles apportent quelque amélioration. Mais on en doute, surtout quand on apprend, entre autres joyeusetés, que l’abandon de la Taxe d’Habitation va être compensé par la dette publique.

Quant à l’industrie, secteur prioritaire selon le Président, on nous avertit que la société américaine General Electric, qui avait racheté la branche énergie d’Alsthom –impliquée dans les centrales nucléaires françaises- après des négociations houleuses, cette société donc non seulement ne tient pas ses promesses en termes d’emploi, mais vient, il y a deux jours, d’être éjectée du Dow Jones. Dans le domaine du nucléaire toujours, il est confirmé que les cuves de l’EPR de Flamanville souffrent de défauts de conception qui mettent en cause l’usine du Creusot appartenant à Framatome. Le ciment ne va pas mieux, puisque le cimentier français Lafarge a été mis en examen jeudi dernier, après deux ans d’enquête, pour « complicité de crimes contre l’humanité » : en cause ses liens avec Daesch. A-t-on vraiment des premiers de cordée à la tête de ces groupes Monsieur le Président ?

Pour compléter le tableau, un rapport sénatorial, paru la semaine dernière, fait un état des lieux alarmant du moral et des conditions de travail dans la gendarmerie et l’armée. Sans parler d’un autre rapport récent, issu de la chambre régionale des comptes de la région Sud, qui fustige la longue dérive financière de l’hôpital de Marseille, mais cela pourrait concerner de nombreux autres établissements hospitaliers sur le territoire… Et on pourrait continuer longtemps la liste des secteurs en déshérence ou menacés dans l’Hexagone.

Voilà, la situation est plus qu’inquiétante. Mais, atteints sans doute du syndrome Marie-Antoinette, voilà que l’État et ses relais (préfets, recteurs d’académie) mettent toute leur énergie à combattre les désirs d’élèves qui voudraient passer leur bac en breton en Bretagne, ou en basque au Pays Basque. Un État qui par ailleurs renvoie les Corses à leur maquis en méprisant leurs demandes pour plus d’autonomie, et ce alors que les urnes ont placé les camps indépendantistes et autonomistes loin devant tous les autres partis traditionnels aux dernières élections.

Que le gouvernement continue ainsi et, dans quelques mois, est-t-il besoin d’extrapoler beaucoup pour imaginer Edouard Philippe et le Président, installés à une fenêtre du Palais de l’Élysée, observant la rue, l’air inquiet ?
Là, le premier ministre, se lance, sur un ton grave :
« Monsieur le Président, les écologistes réclament toujours l’arrêt du nucléaire, et il faut admettre que deux de nos centrales devraient être stoppées depuis longtemps… Par ailleurs, les militaires sont à bout, les hôpitaux sont ruinés et les pauvres, malgré toutes vos mesures, hardies mais plus ou moins bienveillantes, restent pauvres. La situation à Mayotte et Cayenne est de plus en plus préoccupante. Et il y a plus bizarre : des Basques continuent de vouloir passer leurs bac en basque, même chose en Bretagne, quant aux Corses, ils veulent toujours l’autonomie. Mais, plus grave sans doute, presque tous demandent du pain ! Le jeune président, toujours élégant, acquiesce en souriant, puis il éructe soudain, comme il le faisait lors de ces derniers meetings de campagne : « Qu’ils mangent de la brioche ! »

Vincent Fraval

Secrétaire Général de Breizh Europa

Diwan de Carhaix : La République en danger !!!???

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Juil 022018
 

Diwan de Carhaix Breizh EuropaQuinze jeunes Bretons du lycée Diwan de Carhaix menacent visiblement la République Française pour avoir rédigé, lors du baccalauréat (juin 2018), leur copie de mathématiques en Breton. Le « mammouth » tremble ! N ‘oublions pas qu’il y a peu déjà, l’administration française frôlait l’apoplexie lorsque les services de l’état civil ont livré bataille au « n » tildé de « Fanch » ! Le ridicule ne tue pas, il paraît …Heureusement, car une hécatombe menacerait nombre de fonctionnaires et d’élus français.

Plus sérieusement, il est à la fois malheureux et scandaleux que ces futurs bacheliers soient obligés de déposer un recours -pour que leurs copies soient corrigées- auprès de Jacques Toubon, le Défenseur des droits, dans le pays « des droits de l’Homme » justement…

A chaque année scolaire, l’Education nationale martèle à ses enseignants, blessés d’ailleurs par l’absurdité d’une telle remarque, qu’ils doivent faire preuve de souplesse et de bienveillance envers leurs élèves. L’Etat leur demande également de transmettre les valeurs de liberté, de fraternité et d’égalité. Qualités et état d’esprit que visiblement l’administration française ne possède pas : où est donc l’égalité quand depuis 2012 les élèves basques de terminales ont le droit de rédiger les mathématiques en langue basque et que l’on interdit aux jeunes Bretons d’utiliser leur langue régionale pour la même épreuve
Pour déstabiliser et décourager, l’Etat jacobin se complaît dans l’absence de logique et dans l’arbitraire. Il interdit ou autorise ici ou là une ouverture de filières des « 3 Di » (Diwan, Div Yezh, Dihun), il valide la rédaction en breton au bac de l’histoire et de la géographie mais pas celle des maths, il souscrit ou non à la création d’une option en breton dans les établissements. Ou encore, comme l’an dernier, il nomme des enseignants de breton dans l’Académie de Versailles alors même que le Conseil Régional avait financé leurs formations !

Diwan de Carhaix Breizh EuropaAinsi, au travers de l’interdiction de ce bac en Breton, l’objectif de l’Etat est pluriel. D’une part, il s’agit de décourager les jeunes d’apprendre et d’utiliser leur langue régionale dans la vie quotidienne. D’autre part, interdire pour des examens nationaux l’usage de la langue que l’on a apprise durant toute sa scolarité revient à diffuser l’idée que cette langue n’a aucun statut, voire pire, qu’elle n’est qu’un patois. Déprécier une langue, c’est évidemment déprécier un individu et l’amener à se détacher de sa culture. Cet objectif est politique et les moyens employés sont vicieux. Il n’est finalement pas si loin le temps de l’« Interdit de parler Breton et de cracher par terre ». C’était au début du XXe siècle et nous sommes au XXIe siècle…

Alors, « Gourc’hemennoù !» à ces lycéens et aux collégiens bretonnants de classe de troisième qui, pour soutenir leurs aînés, viennent de composer lors du brevet des collèges leur copie de SVT (Science et Vie de la Terre) en Breton, montrant ainsi qu’ils connaissent les valeurs bretonnes de solidarité et de résistance à l’injustice.

Caroline Ollivro

Breizh Europa

La lettre au Père Noël des élus bretons

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Juin 222018
 

En attendant la visite du président de la République Française Emmanuel Macron en Bretagne, les élus bretons, à la tête de la Région, des départements, villes et communautés de commune, tous bords confondus, lui avaient écrit une lettre. Une lettre qui parle en introduction de l’aisance qu’éprouve la Bretagne à mixer ses identités : bretonne, républicaine et européenne. Une missive qui se poursuit en évoquant un éventuel pacte girondin qui permettrait à la Bretagne d’avoir plus de prise sur son propre avenir, le texte citant un ensemble de domaines pour lesquels ces prérogatives nouvelles seraient souhaitables : « l’équilibre (du) territoire, la mer, la pêche, l’agriculture, le numérique, l’économie tout entière, l’innovation sociale, la santé, le logement, les solidarités, les langues, les transitions environnementales et climatiques… ». « Les sujets ne manquent pas. Les idées non plus. » était-il même ajouté.

Voilà qui avait de l’allure ! Bien sûr, le souhait de la réunification n’était évoqué qu’en filigrane, peut-être au détour de cette phrase évoquant la desserte ferroviaire Rennes-Nantes, devant « intégrer Redon afin de bénéficier ainsi à tout le sud Bretagne ». Mais c’était sans doute pour ne pas choquer les élus jacobino-socialistes, dont il reste quelques spécimens en poste dans nos contrées.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la réponse du jeune président Macron a été très décevante, voire cinglante, méprisante diront certains. Totalement à côté de la plaque en tous les cas. Dans la forme d’abord : comme en Corse, il n’y a pas eu de drapeau local, mais seulement les drapeaux français (qui a les couleurs du blason parisien, il est bon de le rappeler ici) et européen. C’est bien le leader d’une république centralisatrice qui nous rendait visite et, quand on visionne la scène de la balade républicaine au Cap Fréhel, avec une maigre assistance retenue par des barrières de sécurité, et une file d’élus (au sens quasi biblique du terme) rangés en rang d’oignons pour avoir l’insigne honneur de serrer la main du Président, on ne peut s’empêcher de trouver un parfum très troisième république à cette petite escapade maritime.

Et sur le fond, en dehors de confirmer quelques projets liés au transport, la déception a été encore plus grande : ainsi, quelque soit le numéro de cette république, il faut se demander à quel point elle est capable d’évoluer. Et surtout si c’est vraiment la province qui peut donner l’impulsion, car depuis la victoire des Jacobins lors de la révolution, il est clair que toutes les évolutions de ladite république ont été impulsées par Paris, ou par d’encombrants envahisseurs, mais rarement depuis la province. En effet, ce qui a fait la force de la France, en même temps que sa faiblesse à venir, ce qui vaut ADN pour cette république, c’est ce principe d’unité et d’indivisibilité, cette unification forcée décrété par Paris, en d’autres siècles. Le but des présidents français jusque-là est donc bien de garder les régions sous tutelle, sauf à vouloir se tirer une balle dans le pied, et de leur laisser le moins de marge de manœuvre possible, relayés en cela par les préfets. C’est une question existentielle pour ce pays, la fameuse « grande nation » née sur la base d’un contrat social très corseté à la fin du 18ème siècle.

Et si depuis on regimbe, ici ou là, on nous oppose des « valeurs républicaines », on lance des chiffres en l’air, pas toujours vérifiables, mais surtout on en réfère au « pacte républicain ». Un pacte républicain aux contours parfois flous, mais qui ne se discute pas, pas plus qu’on ne discute du bien fondé de la bible ou du coran sous d’autres latitudes. Mais à qui profite réellement ce pacte républicain ?

 

Essentiellement à une noblesse d’État, disait Bourdieu, c’est-à-dire à à peine quelques centaines de familles dont les rejetons retrouvent souvent les postes au pouvoir laissés vacants par leurs parents ou leurs oncles, ou qui reprennent leurs entreprises. Une noblesse d’État dont beaucoup de membres ont étudié dans les mêmes grandes écoles (presque toutes situées en Île-de-France), cursus où ils ont parfois croisé des journalistes qui les inviteront plus tard sur une des 27 chaînes de la TNT à large diffusion. Canaux qui émettent, pour 26 d’entre eux, d’Île-de-France également. Une noblesse d’État dont chaque famille possède toujours au moins un pied-à-terre à Paris. Une noblesse d’État qui accepte parfois d’introduire en son sein quelques hobereaux serviles, ploucs envieux mais républicains méritants débarqués de « la province ». Une noblesse d’État qui est au-dessus des lois, et dont les membres, en cas de faute, échappent la plupart du temps à la prison, quelque soient les forfaitures commises.

Ainsi, deux siècles après la révolution, la classe politique bretonne, dont certains membres rêvent en secret d’intégrer un jour ou l’autre ladite caste tricolore, croit encore que le président de cette république est venu pour les écouter ?

Si on en revient justement à ce nouveau discours de Quimper, quel en est le bilan : sur les langues de Bretagne en tous les cas, rien n’a été annoncé de concret, toujours pas de ratification de la Charte des langues minoritaires en vue, et l’avenir pour Diwan ne cesse de s’assombrir. Quant à la réunification, dont l’évocation a semble-t-il ému l’assemblée à Quimper, ce serait une question d’un autre temps… C’est là qu’on comprend mieux toute la différence entre le concept de démocratie et celui de république ! A partir de là, quelle teneur pourra bien avoir ce Pacte girondin?

Il risque surtout de ne jamais voir le jour, d’être un pétard aussi mouillé que le fameux Pacte d’avenir pour la Bretagne, fourgué à la va-vite par une autre majorité sous la pression des Bonnets Rouges. Il suffit pour s’en convaincre de se rappeler qu’en 2017, le candidat Macron, ex-banquier et ministre à l’époque, avait évoqué la réunification de manière positive lors d’un précédent discours à Quimper, mais il était en campagne…

Alors, plutôt que de continuer à avaler des couleuvres venant de là-haut, est-ce que ces élus bretons ont bien pris le temps d’évaluer les véritables atouts de la Bretagne ? Ont-ils pris conscience de la force et de la cohésion que cette Bretagne pourrait transformer en une formidable énergie créatrice ? Est-ce qu’en plus de quémander les fameuses dotations qui viennent gratifier régions et villes de l’Hexagone en fonction de leur nombre d’habitants, après que nos impôts soient en très grande partie repassés par Paris, ils ont observé et appris du mode de gouvernance des petits pays européens ? Tels le Danemark, la Hollande, la Belgique ou encore la Suède : pays en bien des points comparables à la Bretagne en termes de nombre d’habitants ou de superficie mais aussi, comme le cite pourtant la lettre évoquée plus haut, par leur « capacité historique de rassemblement » ainsi « qu’une capacité collective à nourrir des ambitions et à bâtir des compromis ».

 

Savent-ils que ces pays ont un PIB par habitant (le chiffre qui compte vraiment en termes macro économiques) souvent bien supérieur à celui de la France ? Savent-ils que ces pays ont de meilleurs résultats que la France dans des domaines aussi variés que l’enseignement ou encore la sécurité des citoyens ? Des énergies renouvelables ? Est-ce que ces élus bretons voyagent en Europe ? Est-ce qu’ils osent comparer ? Est-ce qu’ils ont un intérêt particulier à ce que le nanisme politique

des régions françaises perdure ?

Le doute est permis quant aux réponses à ces questions. En tous les cas, en attendant, nos élus restent obsédés par la distance qui les sépare de Paris, voulant tous être à moins de trois heures du saint des saints sans doute, en oubliant quelque peu notre façade maritime et ses possibilités d’ouvertures multiples. Enfin, pour toutes leurs autres doléances, ils prient, par lettre, le président de vouloir les écouter, s’il veut bien…

Mais il s’agit là du président d’une république endettée à hauteur de 2300 milliards d’euro, une république dont le commerce extérieur est en berne depuis des décennies, et dont la balance corrige à la marge son déficit abyssal essentiellement grâce à des ventes d’armes. Des armes dont un des concepteurs principaux, qui vient de décéder, a frôlé (comme d’habitude dans ces sphères-là) la prison mais a continué, après condamnation, à siéger au conseil départemental de l’Essonne, en Île-de-France.

Un pays prétendant être le champion des droits de l’homme, mais dont les prisons sont par ailleurs considérées comme parmi les plus insalubres d’Europe,et dont le classement mondial au niveau de la corruption (23ème) ou pour la liberté de la presse (33ème) le place derrière de nombreux pays africains.

Un pays qui a imposé une langue sans accents toniques à au moins une dizaine de peuples différents dans la Métropole, mais une langue que peu de ses citoyens sont actuellement capables d’écrire sans faire deux fautes par phrase. Un pays qui dérape de fait dans tous les classements mesurant la qualité de l’enseignement général (34ème nation au classement PIRLS de 2018 jugeant de la compréhension d’un texte en équivalent CM1, et c’est pire encore en mathématiques au classement TIMMS de 2016).

Un pays qui s’est enfoncé dans l’aventure nucléaire (que la Bretagne à cinq départements a su refuser, par la force !) à tel point que ce choix douteux menace cette république non seulement d’une catastrophe écologique, mais aussi d’une faillite accélérée.

Un pays qui a pris de fait a pris un retard considérable sur les énergies renouvelables : ainsi, chers élus bretons, si le parc de la baie de Saint-Brieuc devient productif en 2023, celui de Gwynt y Môr au Pays de Galles fonctionne depuis 2014, et celui de Arklow Bank Wind Park en Irlande (un des six parcs éoliens offshore irlandais) produit de l’électricité depuis 2010.

Un pays, la France, où il faut, selon une étude de l’OCDE de 2018, six générations pour qu’un descendant d’une famille en bas de l’échelle des revenus (les 10% les plus bas) se hisse au niveau moyen des revenus nationaux. Là où il suffit de trois générations pour arriver au même résultat au Danemark en Norvège ou en Suède.

Un pays, et même ce président l’admet, où les divisions sociétales sont de plus en plus profondes et se creuseront encore.

Un pays où le pacte républicain est si abîmé que de moins en moins de citoyens votent (Johanna Rolland, maire de Nantes, a par exemple été élue en avec seulement 34% des voix des inscrits).

Et c’est de ce pays-là, de ce système-là que vous, élus bretons, attendez l’autorisation pour vous émanciper ? Pour faire mieux ?

Et si vous arrêtiez de croire au Père Noël ? Parce qu’il n’a, même s’il le voulait, plus grand chose à vous apporter, sinon des mises au pas, des leçons de morale et un peu de l’argent qui nous appartient. Ainsi, ce pouvoir supplémentaire que vous quémandez pour mieux faire vivre la Bretagne, adapter notre fiscalité à nos besoins véritables, mieux gérer nos écosystèmes, adapter notre système de santé aux problématiques locales, sauver nos langues de Bretagne, personne, là-haut, à la « capitale », ne vous l’octroiera jamais ! Même pas un 25 décembre… Et vous pourrez bien aller écouter des discours de Quimper tous les 50 ans, vous obtiendrez au mieux des routes bien goudronnées, avec notre argent ceci dit, ou des trains qui nous amèneront plus rapidement vers les riches musées parisiens et les centres de décisions dont nous avons été spoliés.

Ce pouvoir, celui que vous mendiez auprès de Paris, mais que tous les länder allemands ont obtenu depuis le retour de la démocratie Outre-Rhin, ce pouvoir dont nous avons besoin si nous voulons voir la Bretagne s’élever et prospérer, c’est à vous de le prendre !

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

Pétition les 100 000

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Juin 192018
 

La loi sur la réforme territoriale de 2014 prévoit la possibilité pour un département de changer de région dans le cadre du droit d’option.
Le changement de région est donc de la compétence d’un département. Ce département peut donc interroger les électeurs sur cette question.
Depuis le 1er janvier 2016, et jusqu’au 1er janvier 2019, le droit d’option est effectif.
Des citoyens lancent une pétition en Loire Atlantique pour obliger le conseil départemental à inscrire à l’ordre du jour d’un session, l’organisation d’une consultation populaire afin que chacun puisse choisir sa région dans le cadre de l’exercice du droit d’option prévu par la loi.

Dans le cadre de la loi, une pétition recueillant 10 % du corps électoral oblige le conseil départemental à porter une question citoyenne à son ordre du jour.

Bulletin de pétition

Augmentation des programmes locaux sur France 3, une bonne nouvelle pour la Bretagne ?

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Juin 062018
 

France 3 Breizh EuropaLa ministre de la  Culture vient d’annoncer une mini-révolution dans l’audiovisuel. On fera remarquer tout d’abord qu’il existe peu de pays où le gouvernement central peut décider, d’un coup de menton, de l’avenir de l’audiovisuel public d’un territoire aussi grand que la France, sans concerter les présidents de régions, ni les maires des grandes agglomérations, et encore moins les citoyens, pourtant concernés pour la plupart par le paiement de la redevance audiovisuelle.
Mais nous sommes en France, le pays où les 27 chaînes de la TNT qui arrosent l’ensemble de l’Hexagone émettent toutes d’Île-de-France, et où personne ou presque ne s’en offusque. Il est vrai, comme le disait Michel Onfray récemment, que les Jacobins ont gagné la Révolution, et cette centralisation outrancière des média est un des effets les plus marquants et les plus pernicieux de leur ancienne victoire.

Cependant, la ministre de la Culture évoque le triplement des programmes régionaux sur France 3 et cela sonne comme une très bonne nouvelle pour France 3 Bretagne par exemple, et pour tous les Bretons sans doute. Rappelons au passage que France 3 Bretagne fournit déjà des équipes techniques aux autres France 3 délocalisées, que cette chaîne dispose donc d’un savoir-faire certain, mis en avant également par la production de nombreuses émissions de qualité tant en français qu’en breton. Cette chaîne coproduit par ailleurs des courts-métrages, accompagnant ainsi les producteurs locaux indépendants dans leur travail. Concernant les journaux télévisés diffusés depuis Rennes, la ligne éditoriale reste bien sûr d’inspiration jacobine, mais il ne faut pas, pour l’instant, être plus royaliste que le roi…

FRance 3 Breizh EuropaMalgré tout, un triplement des temps de programmes et cette proposition de plateaux partagés entre TV et les radio France Bleu Armorique ou Breizh Izel permettent d’entrevoir de belles retombées ! Tout d’abord pour l’emploi en Bretagne, mais aussi pour la création locale, tant en langue française qu’en langue bretonne. Il faut néanmoins rester vigilants quant à cet effet d’annonce qui pourrait n’être qu’un écran de fumée, à défaut d’être cathodique.

Rappelons d’abord que France 3 Bretagne est intégrée dans un pôle France Télévision Nord Ouest : il est important, en premier lieu, de veiller à ce que les nouveaux programmes ne tendent à nous survendre un quelconque Grand Ouest mortifère d’un point de vue culturel, et sans fondement pour l’établissement de synergies réelles avec la société civile. Un Grand Ouest qui n’intéresse personne (le dernier sondage Presse Océan sur le sujet est éloquent) mais qu’on essaye encore de nous fourguer sur les chaînes régionales dans des programmes foutraques tels « vu de l’ouest » ou encore sur des cartes météos absconses. Il faudra donc être vigilant sur ce point, mais surtout, quid de l’argent pour produire ces programmes supplémentaires ?

Il y a quelques temps, Paris jugeait que les stations locales de France 3 coûtaient trop cher en considération du nombre d’heures de programmes fournies. L’hypothèse avait même circulé que ces chaînes pourraient être vendues aux Régions. Régions dont les budgets, rognés chaque année, ne permettraient pour l’instant aucunement de relever le défi de ce triplement des programmes. Il va donc être urgent que la ministre et le gouvernement s’expliquent rapidement quant au financement de ce qui apparaît pour l’instant comme une initiative très positive, mais qui a besoin d’être confirmée et validée, chiffres en main !

France 3 Breizh EuropaSinon, en dernier recours, nous proposons à Loïg Chesnais-Girard, Président de la Région Bretagne, de demander au gouvernement que le produit de la redevance audiovisuelle versée par les Bretons soit réinvesti à hauteur de 80% en Bretagne. La solution pour le financement des nouveaux programmes de France 3 Bretagne et des France Bleu bretonnes, et pourquoi pas d’autres chaînes locales, serait toute trouvée. Notons que cela n’aurait rien d’extravagant dans un autre pays européen. Et si on se prenait en main ?

Frank Darcel

Président de Breizh Europa

LREM fait, « en même temps », des conneries de gauche et des conneries de droite

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Juin 022018
 

La République en Marche Breizh EuropaLa République En Marche a répondu, en réussissant un raz-de-marée électoral lors des dernières législatives, à un besoin de dégagisme légitime chez tous les citoyens de l’Hexagone. La stérile et franchouillarde opposition gauche droite ayant démontré, depuis la sortie des trente glorieuses, son incapacité à réformer un pays qui a décroché ces dernières années dans de nombreux domaines, comme l’indiquent les classements de l’OCDE entre autres. Un pays qui traite moins bien ses anciens, ses personnes autistes, ses prisonniers et donne moins d’accès aux personnes handicapées que la plupart des pays européens voisins, tout en voyant la qualité de ses systèmes d’enseignement et de santé s’effriter et sa dette s’alourdir.

Emmanuel Macron prétendait avec raison qu’il fallait changer de paradigme et on allait voir ce qu’on allait voir ! Dans la foulée de son élection, certains ont donc cru, avec l’arrivée de nombreux novices à l’assemblée, à l’avènement d’une nouvelle manière de faire de la politique. D’autres ont deviné des signes encourageants lors de la formation du gouvernement, il y a maintenant plus d’un an : plus de femmes, moins d’apparatchiks, des techniciens qu’on imaginait moins dogmatiques. Et surtout l’arrivée du représentant respecté d’une écologie supposée moderne, Nicolas Hulot, qui s’annonçait intransigeant sur le sujet.

Après plus d’un an de gouvernance, force est de constater que le bilan est plus que mitigé, un étrange glissement semblant s’être produit. En effet, les troupes du Président Macron, cornaquées avec poigne par seulement quelques affidés, réalisent un mixage qui fait tache, cumulant les outrances d’un libéralisme décomplexé avec les pratiques d’un étatisme rétrograde. Et dans ce méli-mélo douteux et brouillon, personne ne peut y trouver son compte.
Ainsi nous avons le pire de ce que la droite française rêvait de faire, sans jamais avoir osé franchir le pas : une baisse des APL accompagnée d’une quasi suppression de l’ISF. L’institution d’un système de sélection à l’entrée des études supérieures qui laisse peu de chances à l’ascenseur social de se remettre à fonctionner, couplée à un piétinement d’un plan Borloo pour les banlieues qui semblait pourtant cibler les véritables problématiques des quartiers. On en passe et des meilleures, comme la circulaire Collomb sur l’immigration, qui rend Hortefeux furieux de ne pas y avoir pensé autrefois.

D’un autre côté, nous avons un retour à l’État ancestral, dans la lignée de ce que ferait une vieille garde socialiste sortie des placards : refus d’ouverture institutionnelle en Corse, où le président s’est rendu, excusez du peu, avec un Jean-Pierre Chevènement au taquet, validation de l’ubuesque découpage régional des recalés Hollande et Valls, retour à une forme de conscription, dont même Jacques Chirac ne voulait plus. Sans oublier des départements qui, pour faire plaisir à une poignée de radicaux de gauche et de préfets, ont vu leur date de péremption repoussée. N’oublions pas non plus les nouveaux impôts et la pression fiscale qui augmente comme rarement auparavant sur les classes moyennes.

Ce gouvernement et ces députés LREM, pourtant verts en termes de pratique, auraient pu se rattraper dans le domaine de l’écologie, qu’on imaginait, pourquoi pas, ni de droite ni de gauche. Mais là c’est un terrifiant fiasco qui est proposé : le glyphosate a encore de belles années devant lui, les centrales nucléaires vieillissantes peuvent continuer de vrombir en douce et les pesticides tueurs d’abeilles repartent pour un round. On dit même que la loi littoral aurait du plomb dans l’aile. Monsieur Hulot serait-il définitivement en vacances ?

La République en Marche Breizh Europa

N’en jetez plus ! Tout cela pourrait ressembler à une vaste plaisanterie, mais non, nous sommes bien dans le monde du jeune et fougueux président Macron. Là où on fait des conneries de droite, et en même temps des conneries de gauche. Tout en donnant l’absolution aux pollueurs en tous genres.
Combien de temps cela peut-il durer ?

Frank Darcel

Président de Breizh Europa